SŒUR DE PHÉBUS CHARMANTE
Sœur de Phébus charmante, Qui veilles sur les flots, je pleure et je lamente, Et je me suis meurtri avec mes propres traits. Qu'avais-je à m'enquérir d'Eros, fils de la terre ! Eros, fils de Vénus, me possède à jamais.
Guidant ta course solitaire.
Lune, tu compatis à mon triste souci.
Lune, je le sais, non, tu n'as pas, vénale, A Pan barbu livré ta couche virginale,
23o POÈTES d'aujourd'hui
Mais les feux doux-amers te renflammant aussi Par les yeux d'un berger dans sa jeunesse tendre. Sur le mont carien tu as voulu descendre.
De ta douce lueur, ô Phébé, favorise Ma plaintive chanson qu'emporte au loin la brise. Et fais que mes soupirs, de l'écho répétés.
Etonnent la frayeur des antres redoutés.
[Poèmes, 1886- j8g6: Enone an clair visacfe.)