‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 139 sur 202 · LE VISITEUR · texte numérisé non relu

LE VISITEUR

La maison calme avec la clef à la serrure,

La table où les fruits doux et la coupe d*eau pure

Se miraient, côte à côte, en Tébène profond ;

Les deux chemins qui vont tous deux vers Thorizoa

Des collines derrière qui l'on sait la Mer,

HENRI DE RÉGNlEn 2C5

Et tout ce qui m'a fait le rire simple et clair

De ceux qui n'ont jamais désiré d'autres choses

Qu'une fontaine bleue entre de hautes roses,

Qu'une grappe à leur vigne et qu'un soir à leur vie

Avec un peu de joie et de mélancolie

Et des jours ressemblant, heure à heure, à leurs jours ^

J'ai compris tout cela quand je t'ai vu, Amour,

Entrer dans ma maison où l'attendait mon âme,

Et mordre les fruits mûrs de ta bouche de femme,

Et boire l'eau limpide, et t'asseoir, et ployer

Ta grande aile divine aux pierres du foyer.

{Les Jeux rustiques et divins.)

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