‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 148 sur 202 · ANADYOMÈNE · texte numérisé non relu

ANADYOMÈNE

Mes goélands altiers envolés sur la mer Trempaient leur aile pâle en l'écume des vagues, Et vers toi mon rêve, à travers le vent amer. Sanglotait pour avoir adoré tes yeux vagues .

L'aurore en fleurs et les printemps de la Floride Ont parfumé les flots qui te sacrent divine, Anadyomène, radieuse Océanîde Dont les yeux dorment, lourds d'une ivresse divine.

Viens, je sais le val des fraises.

Je te tresse Un lien de marjolaines...

Tu te détournes, tu muses Aux bouquets blancs des sureaux?

Je détache ta eeînture Et je cueille ton sanglot. —

L*eau lascive an loin s'ar^^ente.

L'eau qui rêve, Teau qui chante, L'eau qui fuit sous les roseaux.

{La Forêt bruissante.)

Page 1