‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 156 sur 202 · V VOYELLES · texte numérisé non relu

V VOYELLES

A noir, E blanc, I rouge, U vert, bleu, voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes . A, noir corset velu des mouches éclatantes Qui bombillent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes, Lance des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles; I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides. Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

0, suprême Clairon plein de strideurs étranges. Silences traversés des Mondes et des Anges :

— O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

(Œuvres de Jean-Arthur Rimbaud, édition de 1898.)

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I vieil hôtel familial qui subsiste encore^ non loin de étroits et songeurs, et parmi le paysage humide et int il devait plus tard exprimer la sommeillante et va- I mélancolie. Ses parents étant venus se fixer à Gand, 64> il y vécut quelques années, puis fut envoyé à Pacollège Sainte-Barbe, où il fit ses études. Sorti de 3arbe en 1876, il retourna en Belgique, entra à TUnide Gand, conquit ses diplômes, et.proclamé docteur en evint à Paris, vers 1876, pour écouter les professeurs vocats célèbres. C'est alors qu'il fit partie du Cercle dropaiheSy fondé par Emile Goudeau, et qu'il publia '/ers et les champs, puis Les Tristesses, où déjà s'anson talent et qui commencèrent sa réputation. Vers l retourna encore une fois en Belgique, s'établit à es, se fit inscrire au barreau de cette ville, et, avocat ts journaux prédisaient une clientèle certaine, plaida ccès plusieurs causes dont une ou deux ont laissé ) souvenir. Délaissant ensuite le barreau pour s'aexclusivement à la littérature, il collabora pendant I temps à La Jeune Belgique et se fit remarquer par îmiques avec Gustave Frédérix, le critique de L'Indece belge. Enfin, en 1887» ^^ quitta définitivement la e et vint se fixer à Paris, où il mourut le 25 décembre lissant une veuve et un jeune fils. Achetée depuis si temps, la vie de Georges Rodenbach n'a pas besoin appelée longuement. On sait le rang qu'il s'était conr son talent et Testime que lui avait méritée sa belle ittéraire. Après avoir vu ses débuts encouragés et LS, il nous semble bien, par M. François Coppée, touavorable aux jeunes poètes, il était devenu le familier id écrivain Edmond de Concourt. Mais ce n'est pas 3Qt parmi les maîtres que Georges Rodenbach compsympathies, et sa collaboration fréquente aux jeunes montre combien les nouveaux venus goûtaient son On lira plus loip la liste de ses ouvrages. Déjà nom-

GEORGES RODENBACR

breux et très variés, ils avaient fondé solidemc putation. Ce n'est pourtant pas là toute son œuvre, breux articles, en effet, et des contes, qu'il écrivit etp des journauxet dans des revues,demeurent épars.El qu'un comité de littérateurs s'occupe d'élever à I monument au poète de qui le nom est pour jamais de cette ville, il faut souhaiter que soient rassemble éléments complémentaires de Tœuvre de Georges B Georges Rodenbach a collaboré à La Noavei à La Revue des Reoaes, au Mercure de France, à de Paris, à La Revue Blanche, à La Revue encya à La Revue Bleae^ à VImage,k LA Imanach desPo à U Aube y au Livre des Légendes^ au Figaro et S du Figaro ( i S89- 1 898), au Gaulois ( 1 888- 1 892), c 110/1(1897-1898), etc., etc. — P. L.

Bibliographie:

Les œuvres. — Le Foyer et les champs, poésies. Pi et Bruxelles, Lebrocque 1877. — Ode à la Belgique, Office de Pablicité, 1880. — Les Tristesses, poésies, merre, 1881. — La Mer élégante, poésies, Paris, Len

— L'Hiver mondain, poésies, illust. de Van Beers, Bfï temaeckers, 1884. (Georges Rodenbach avait supprio Tolumes de la liste de ses ouvrages, qui commence pa nesse Blanche y poésies, Paris, Lemerre, 1886. — Du Silei plaquette, Paris, Lemerre, 1888. — L*Art en exil, roi Qaantin, 1889. — Le Règne du Silence, poésies, Paris, ( 1891 (la plaquette : Du Silence a été réimprimée dans

— Bruges-la-Morte, roman, frontispice de Fernand K hnc Gh. Petit, Paris, Flammarion, 1892. — Le Voyage dan poésies, plaquette, Paris, OllendorfiF, 1898. — Brugt nouvelle édition, avec portrait sur la couverture, Parii non, 1894. — Le Voile, un acte en vers, représenté p mière fois sur la scène du Théâtre Françms le a4 oiai Ollendorff, 1894. — Musées de béguines, poésies et nou\ Charpentier, 1894. — La Vocation, roman illust. d Paris, Ollendorff, 1895. — Les Vierges, illust. de J. I Paris, Chamerot et Renouard, 1896. — Les Tombeau, J. Pitcairn Knowles, Paris, Chamerot et Eenouard, i

PORTES d'aujourd'hui

Vies encloses, poésies, Paris, Charpentier, 1896 (la plaquette le Voyage dans les yeux a été réimprimée dans ce rolumej. — Le Carillonneur, roman, Paris, Charpentier, 1897. — L* Arbre, roman illust. de Pinchon, Paris, OUendorflF, 1898. — Le Miroir du ciel natal, poésies, Paris, Charpentier, 1898. — L'Elite, études littéraires. Pans, Charpentier, 1899 (publié posthumément), — Brugesla^Morte^ nouv. édition, ayec 43 compositions originales d'après nature, dessinées et gavées sur bois par H. Paillard, Paris, L. Carteret et Cie,i900.

A PARAITRE. — Un volume de contes publiés posthumément au Journal en 1899. — Le Mirage, pièce en 3 actes, tirée par Georges Rodenbach de son roman Bruges-la-Morte, publiée dans la Revue de Paris, i*' avril 1900 et qui n*a pas encore été représentée.

A CONSULTER. — Ad. Brissou : La Comédie littéraire^ Paris, A. Colin, 1895. — J. Casier: L'œuvre poétique de Georges Rodenbach, Gand, Lehart et Siffer, 1888. — A. Daxhelet : GeorgeslRodenbachy Bruxelles, O. ScheflFens, 1899. — G.Deschamps, La Vie et les livres, a* série, A.Colin, 1896. — R. Doumic : Z>s Jeunes, Paris, Perrin, ,8g6. — Ch. Guérin : Georges Rodenbach, Nancy, 'Crépin-Leblond, 1894. — Van Hamel : Georges Rodenbach, La Haye, 1899. — P- Jourdain : Les Décorés, Ceux qui ne le sont pas, Paris, Simonis- Empis, 1895. — B. Lazare : Figures contemporaines, Paris, Pcrrin, 1895. — S. Mallarmé r Divagations, Paris, Fasquelle, 1897.

— P. Muiche : Georges Rodenbach, Bruxelles, O, ScheflFens, 1899.

— A. Segard : Georges Rodenbach, Lille, Ducoulombier, 1898. — A. Segard : Itinéraire fantaisiste, Paris, Ollendorff, 1899. — J. Tellier : Nos poètes, Paris, Despret. 1888.— V. Thompson :J?>eiic^ Portraits (Being appréciations of the writers of Young France),Boston, Richard G. Badger et G» 1900.

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OlOROES RODBNBACH

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Iconographie :

Van den Eeden. — Peinture, 1881 ; se trouve en Belgique. — A Stevens : Peinture, 189a, sur un exemplaire de Bruges-la-Mo appartenant à Edmond de Goncourt et acheté depuis par M. de Me tesquiou-Fezensac. — RafTafilK ; Dessin, 189a ; appartient M"» Georges Rodenbach. — Baronne Alex. d'Anethan ; Past 189a; appartient à M"»» Georges Rodenbach. — Lévy Dhurme Pastel, 1894 î se trouve à Paris, au Musée du Luxembourg. — A Besnard : Dessin, 1898; appartient à M">* Georges Rodenbach.

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Mad. Alb. Besnard : Bronze, 1898; pour le monument de Georges Rodenbach au Père-La-Chaise. — Et des reproductions de portraits et de photographies dans des journaux et périodiques, entre autres : le Nouvel Echo, i«' mai 189a. -- L* Echo de la Semaine^ août 189a, la Revue des Revues, la Revue Encyclopédique et Vlllustration janvier-févricp 1899.

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