‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 166 sur 202 · KEEPSAKE · texte numérisé non relu

KEEPSAKE

Sa robe était de tulle avec des roses pâles.

Et rose pâle était sa lèvre, et ses jeux froids,

Froids et bleus comme Feau qui rêve au fond des bois.

La mer Tjrrhènienne aux langueurs amicales

Berçait sa vie éparse en suaves pétales.

Très douce elle mourait, ses petits pieds en croix ; Et, quand elle chantait, le cristal de sa voix Faisait saigner au cœur ses blessures natales.

Toujours à son poing maigre un bracelet de fer, Où son nom de blancheur était gravé « Stéphane », Semblait Tanneau rivé de l'exil très amer.

Dans un parfum d'héliotrope diaphane Elle mourait, fixant les voiles sur la mer.

Elle mourait parmi l'automne. .. vers l'hiver. . .

Et c'était comme une musique qui se fane. . .

{Au Jardin de V Infante.)

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