‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 172 sur 202 · ÉPOUSAILLES · texte numérisé non relu

ÉPOUSAILLES

Monseigneur le Printemps en robe épiscopale D'un violet vivant comme les fleurs d'iris, Ouvrant à deux battants les hauts portails fleuris Au son des clairons d'aube entre en sa cathédrale.

Une tulipe fait sa crosse; en frais camail Monseigneur le Printemps sous le dôme bleu marche Au loin plongent les nefs, et sous leur dernière arch Le soleil arrondit son aveuglant vitrail I

FiCS orangers tout blancs, fiévreux et nuptiaux, Ont des frémissements d'orgue; en la campanule Frêle encensoir, l'encens doré du pollen brûle... Sur les nids psalmodie un chœur sacré d'oiseaux.

Blonde, tu me souris vaguement, tu tressailles ! Nos cœurs royaux l'un pour l'autre ont battu longten A g-enoux ! Pour bénir nos blanches épousailles Entre en son temple ému Monseigneur le Printemps 1 Janvier iSgs. (Vers <lorés .)

324 POÈTES O*AUJ0UaD*B0I

RITB D'AMOUR

Notre*Dame-des-Fleurs se bâtit des chapelles

Aux dômes onduleux de lierres feuillescents,

La voix des cloches d or des muguets nous appelle^

Sur les champs, TEsprit saint des vieux printemps descend.

Un vol de papillons aux ailes empourprées Hièratiquement, palpite sur les fleurs :

Des messes de l'aurore au Salut des vesprées Ce sont les délicats et purs enfants de chœar.

Quelque prêtre invisible et divin du Mystère Lèvele saint Soleil ainsi qu'un ostensoir :

Sa chasuble d'azur flotte seule sur terre Et se fleurit de croix d*or et d'astres, le soir.

Ton sang a le parfum angélique des sèves :

Oh ! quitte le foyer où frissonne Taïeul, Vierge, il ne fait pas froid dans l'église du Rêve, Où — cierges éperdus — s'allument les glaïeuls I 5 avril i893, (Vers dorés.)

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