ÉPOUSAILLES
Monseigneur le Printemps en robe épiscopale D'un violet vivant comme les fleurs d'iris, Ouvrant à deux battants les hauts portails fleuris Au son des clairons d'aube entre en sa cathédrale.
Une tulipe fait sa crosse; en frais camail Monseigneur le Printemps sous le dôme bleu marche Au loin plongent les nefs, et sous leur dernière arch Le soleil arrondit son aveuglant vitrail I
FiCS orangers tout blancs, fiévreux et nuptiaux, Ont des frémissements d'orgue; en la campanule Frêle encensoir, l'encens doré du pollen brûle... Sur les nids psalmodie un chœur sacré d'oiseaux.
Blonde, tu me souris vaguement, tu tressailles ! Nos cœurs royaux l'un pour l'autre ont battu longten A g-enoux ! Pour bénir nos blanches épousailles Entre en son temple ému Monseigneur le Printemps 1 Janvier iSgs. (Vers <lorés .)
324 POÈTES O*AUJ0UaD*B0I
RITB D'AMOUR
Notre*Dame-des-Fleurs se bâtit des chapelles
Aux dômes onduleux de lierres feuillescents,
La voix des cloches d or des muguets nous appelle^
Sur les champs, TEsprit saint des vieux printemps descend.
Un vol de papillons aux ailes empourprées Hièratiquement, palpite sur les fleurs :
Des messes de l'aurore au Salut des vesprées Ce sont les délicats et purs enfants de chœar.
Quelque prêtre invisible et divin du Mystère Lèvele saint Soleil ainsi qu'un ostensoir :
Sa chasuble d'azur flotte seule sur terre Et se fleurit de croix d*or et d'astres, le soir.
Ton sang a le parfum angélique des sèves :
Oh ! quitte le foyer où frissonne Taïeul, Vierge, il ne fait pas froid dans l'église du Rêve, Où — cierges éperdus — s'allument les glaïeuls I 5 avril i893, (Vers dorés.)