NARCISSE PARLE
Narcisse placanihs Mâiobus.
frères, tristes lys, je languis de beauté
Pour m'être désiré dans votre nudité
Et vers vous, Njmphes ! nymphes, nymphes des font«iines
Je viens au pur silence offrir mes larmes vaines
Car les hymnes du soleil s'en vont I...
C'est le soir.
J'entends les herbes d'or grandir dans l'ombre sainte
Et la lune perfide élève son miroir
Si la fontaine nue est par la nuit, éteinte.
Ainsi, dans ceç roseaux harmonieux, jeté
Je languis, ô saphir, par ma triste beauté,
Saphir antique et fontaine magicienne
Où j'oubliai le rire de l'heure ancienne.
Que je déplore ton éclat fatal et pur
Source funeste à mes larmes prédestinée
Où puisèrent mes yeux dans un mortel azur
Mon image de fleurs humides couronnée.
Hélas ! l'image est douce et les pleurs éternels I
A travers ces bois bleus et ces lys fraternels
Une lumière ondule encor, seule améthyste
Assez pour deviner ici le fiiancé
Dans ton miroir dont m'attire la lueur triste
Pâle améthyste, ô miroir d'un songe insensé!
Voici dans l'eau ma chair de lune et de rosée
Qu'élève la fontaine ironique et rusée ;
Voici mes bras d'argent dont les gestes sont purs.
348 PoiTBS d'aujouiid*bui
BAIGNEE
Un fruit de chair se baigne en quelque jeune vasque (Azur dans les jardins tremblants), mais, hors de l'eau, Isolant la torsade où se figure un casque La tête d*or scintille au calme du tombeau.
Eclose sa beauté par la rose et Tépingle !
Du miroir même issue où trempent ses bijoux Pendeloques et lys dont le bouquet dur cingle L'oreille abandonnée aux mots nus du flot doux.
Un bras vague inondé dans le néant limpide Pour une ombre de fleur à cueillir doucement S'effile, ondule, ou dort par le délice vide
Si l'autre, courbé pur sous le beau firmament Parmi la chevelure immense qu'il humecte Capture dans l'or simple un vol ivre d'insecte.