‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 182 sur 202 · NARCISSE PARLE · texte numérisé non relu

NARCISSE PARLE

Narcisse placanihs Mâiobus.

frères, tristes lys, je languis de beauté

Pour m'être désiré dans votre nudité

Et vers vous, Njmphes ! nymphes, nymphes des font«iines

Je viens au pur silence offrir mes larmes vaines

Car les hymnes du soleil s'en vont I...

C'est le soir.

J'entends les herbes d'or grandir dans l'ombre sainte

Et la lune perfide élève son miroir

Si la fontaine nue est par la nuit, éteinte.

Ainsi, dans ceç roseaux harmonieux, jeté

Je languis, ô saphir, par ma triste beauté,

Saphir antique et fontaine magicienne

Où j'oubliai le rire de l'heure ancienne.

Que je déplore ton éclat fatal et pur

Source funeste à mes larmes prédestinée

Où puisèrent mes yeux dans un mortel azur

Mon image de fleurs humides couronnée.

Hélas ! l'image est douce et les pleurs éternels I

A travers ces bois bleus et ces lys fraternels

Une lumière ondule encor, seule améthyste

Assez pour deviner ici le fiiancé

Dans ton miroir dont m'attire la lueur triste

Pâle améthyste, ô miroir d'un songe insensé!

Voici dans l'eau ma chair de lune et de rosée

Qu'élève la fontaine ironique et rusée ;

Voici mes bras d'argent dont les gestes sont purs.

348 PoiTBS d'aujouiid*bui

BAIGNEE

Un fruit de chair se baigne en quelque jeune vasque (Azur dans les jardins tremblants), mais, hors de l'eau, Isolant la torsade où se figure un casque La tête d*or scintille au calme du tombeau.

Eclose sa beauté par la rose et Tépingle !

Du miroir même issue où trempent ses bijoux Pendeloques et lys dont le bouquet dur cingle L'oreille abandonnée aux mots nus du flot doux.

Un bras vague inondé dans le néant limpide Pour une ombre de fleur à cueillir doucement S'effile, ondule, ou dort par le délice vide

Si l'autre, courbé pur sous le beau firmament Parmi la chevelure immense qu'il humecte Capture dans l'or simple un vol ivre d'insecte.

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