‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 185 sur 202 · L'ABREUVOIR · texte numérisé non relu

L'ABREUVOIR

En un creux de terrain aussi profond qu*un antre> Les étangs s'étalaient dans leur sommeil moiré, Et servaient d'abreuvoir au bétail bigarré, Qui s'y baignait, le corps dans l'eau jusqu'à mi-ventre.

Les troupeaux descendaient, par des chemins penchants : Vaches à pas très lents, chevaux menés à l'amble. Et les bœufs noirs et roux qui souvent, tous ensemble, Beuglaient, le cou tendu, vers les soleils couchants.

358 PORTES d'aujourd'hui

Au reste, leur esprit, balourd en toute chose, Marcherait eu sabots à travers droit, devoir, Justice et liberté — Tinstinct les ankylose ; Un almanach crasseux, voilà tout leur savoir ; Et s'ils ont entendu rugir, au loin, les villes, I es révolutions les ont tant effrayés.

Que, dans la lutte humaine, ik restent les serviles. De peur, s'ils se cabraient, d'ôtre un jour les brojés.

(Poèmes : Les Flamandes,)

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