‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 189 sur 202 · LES BRUMES · texte numérisé non relu

LES BRUMES

Brumes mornes d'hiver, mélancoliquement.

Et douloureusement, roulez sur mes pensées Et sur mon cœur vos longs linceuls d'enterrement Et de rameaux défunts et de feuilles froissées

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Et livides?, tandis qu'au loin, vers Thorizon, Sous rouatement mouillé de la plaine dormante, Parmi les échos sourds et souffreteux, le sou D'un ang'elus lassé se perd et se lamente Encore et va mourir dans le vide du soir.

Si seul, si pauvre et si craintif, qu'une corneille, Blottie au creux humide et noir d'un vieux voussoir, A l'entendre ^émir et sangloter, s'éveille Et doucement répond et se plaint à son tour A travers le silence entier que l'heure apporte, Et tout à coup se tait, croyant que dans la tour L'agonie est éteinte et que la cloche est morte.

(Poèmes : Les Bords de la route.)

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