‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 190 sur 202 · LES HORLOGES · texte numérisé non relu

LES HORLOGES

' La nuit, dans le silence en noir de nos demeures, Béquilles et bâtons qui se cognent, là-bas ; Montant et dévalant les escaliers des heures, Les horloges, avec leurs pas ;

Emaux naïfs derrière un verre, emblèmes Et fleurs d'antan, chiffres maigres et vieux; Lunes des corridors vides et blêmes Les horloges, avec leurs yeux ;

Sons morts, notes de plomb, marteaux et limes, Boutique en bois de mots sournois Et le babil des secondes minimes, Les horloges, avec leurs voix ;

Gaines de chCnes et bornes' d'ombre, Cercueils scellés dans le mur froid,

Vieux os du temps que grignote le nombre, Les horloges et leur effroi ;

Les horloges

Volontaires et vigilantes,

Pareilles aux vieilles servantes

Boitant de leurs sabots ou glissant sur leurs bas,

Les horloges que j'interroge

Serrent ma peur en leur compas.

{Poèmes, Nouvelle série : Les Bords de la route,)

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