JULES LAFORGUE
Issu d'une famille bretouDe, Jules Laforgue naquît à Montevideo le 22 août 1860. Après avoir passé son enfance à Tarbes et son adolescence à Paris, il fut, à Berlin, pendant quel- (]ues années, le lecteur de S. M. Tlmpératrice Augusta. Il quitta ces fonctions à la un de 1886 et se maria en 1887 à Paris où il mourut le 20 août de la même année. Ces renseignements donnés sur celui qui fut, tout de suite, un grand écrivain, sans jamais avoir été « un homme de lettres », et mourut à vingt-sept ans nous laissant seulemenjt quelques traits de son génie, nous nous tairons : car d'un tel mort on ne peut parler qu'après une méditation très pure, si toutefois le silence, qui permet seul les paroles véritables, n'est pas Tunique attitude pour l'honorer. A ceux qui voudront connaître ce que fut, littérairement, ce jeime homme, nous indiquerons simplement le livre parfait qu*a écrit sur lui M. Camille Mauclair. Et cette méditation dont nous parlons, déjà nous la commencerons pour eux par ces mots de M. Maurice Maeterlinck, au sujet de Jules Laforgue : « Il a vu bien des choses autrement que les autres ; et voir autrement que les autres, c'est presque toujours voir un peu mieux que les autres . Et puisqu'il les a vus, il a su nous faire voir des paysages, des images et des sentiments assez différents de ceux qui nous étaient habituels. Mais ce qu'il a, je crois, le plus clairement
aperçu dans une beauté et une vérité inattendues^ c'est une sorte de sourire puéril et divin qui est peut-être au fond de toutes nos actions, et qu^on pourrait nommer a le sourire de Tâme... » (Introduction à Jales Laforgue^ Essai, par M. Camille Mauclairl.
Jules Laforjçue a collaboré à La Chronique des Arts ci de la Curiosité, 1881-1886 ; — k La Gazette des Beaux- Arts y 1882-1886; — è La Revue Indépendante, 3e série, 1886- 1887; — au Décadent, 1886; — à La Vogue, i""' série, 1886; — au Symboliste^ 1886; — à La Vie Moderne, 1887 ; — et aa Figaro, sous le pseudonyme de Jean Vieu. — P. L.
fiibliographie :
Lbsœovres. — Les Comp/ain/«t, poésies, Parîs^ Vanier^ i885. — L'Imitation de Notre-Dame la Zan«, poésies, Paris, Vanîer, 1886. — Paul Bourget, notice bio^aphique, Les Hommes d'aujourd'hui, n* ag5, 6» vol. Paris, Vanier. — Le Concile fêeriqae, poème dialogue (publication delà Vogue, de M. Gustave Kaha, 1886). — Des fleurs de bonne volonté, poésies publiées posthumcment par les soins de MM. Téodor de Wyzewa et Edouard Dujardin, 1890; — Les Moralités légendaires, six contes en prose, Paris, Ed. delà Revue Indépendante, direction Edouard Dujardin, 1887. — Poésies complètes {Les Complaintes, L'Imitât ion de Notre-Dame la Lune. Le Concile féerique. Derniers vers) , Paris, Vanier, 1894. — Les Moralités légendaires, Paris, Vanier, i^^t^,^ Les Moralités légendaires ^ édition ornée par Lucien Pissarro, Londres, i»' vol. 1897, a» vol. 1898, en dépôt, à Paris : à la librairie du Mercure de France, — et à Londres : chez MM. Hacon et Hicketts, — et des inédits (notes, lettres, ébauches de poèmes et de critiques, articles, etc.) qu'on trouve dans La Revue Indépendante, %• 8érie,avril iSSS,— L'Art Moderne (Bruxelles), 4 décembre 1887 au 3o décembre 1888.— Za Revue Libre, mai à juin 1888, — La Cravache^ 26 mai et 8 septembre 1888, — La Lecture rétrospective, 20 décembre 1890, — Les Entretiens politiques et littéraires, janvier 189 1 à octobre 189a, — La Revue anarchiste, i5 novembre 1898, — La Revue Blanche, octobre 1894 à mai 1897 — et qui continueront à paraître au fur et à mesure du classement entrepris par ses amis dans les papiers qu'il laissa.
En préparation. — Jules Laforgue : Œuvres complètes comprenant les œuvres publiées à ce jour, un cahier de poèmes de jeunesse, des pages sur Berlin et les mœurs de l'Allemagne et Correspondance, Paris, Soc. du Mercure de France.
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A CONSULTER. — R. dc Gourmofit : Le ÎAvre des Masques, Paris, Soc. du Mercure de France, 1896.— G. Mauclair : Jules Laforgue^ Essa:, avec une Introduction de Maurice Maeterlinck, Paris, Soc. du Mercure de France, 1896. — George Moore: Impressions and opinions. Two unknown Poets {Rimbaud and Laforgue), London, 1891. — A. Symons : The Symbolist movement in Literature, London, W. Hcinemann, 1^99. — T. de Wyzewa : Nos Maîtres, Paris, Perrin, 1895. — G. Kahn : Jules Laforgue, Les Hommes d'aujourd'hui, no 298, 6» vol. Paris, Vanier— F. Fénéon : Jules Laforgue, Bruxelles, Art Moderne, n«» 4i et ^2, 1887. — J. Laforgue : Réponse à M, Trézenik,Lxiibc^, 4 octobre i885. ^- Edm. Pilon : Jules Laforgue, Ermitage, octobre 1896.
Iconographie :
Emile Laforgue : Poriraîi-charge, dans Les Hommes d'aujour» ttkui, n» 298, 6« vol. Paris, Vanier. — Emile Laforgue : Portrait à Veau-forte, dans Les Moralités légendaires, Paris, 1 887. — Scarbina : Dessin, reproduit dans un programme du Théâtre d'Art, Paris, 1891. — F. Vallotton : Manque, dansZé Livre des Masques, de R. de Gourmont, Paris, Soc. du Mercure de France, 1896.