‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 63 sur 202 · DIMANCHES · texte numérisé non relu

DIMANCHES

Bref, j'allais me donner d'un « Je vous aime »

Quand je m'en avisai non sans peine

Que d'abord je ne me possédais pas bien moi-mér

(Mon Moi, c'est Galathée aveug-lant Pjgmalion ! Impossible de modifier cette situation.)

Ainsi donc, pauvre, pâle et piètre individu

Qui ne croit à son Moi qu'à ses moments perdus,

Je vis s'effacer ma fiancée

Emportée par le cours des choses,

Telle l'épine voit s'effeuiller,

Sous prétexte de soir sa meilleure rose.

Or, cette nuit anniversaire, toutes les Walkjrîes c

Sont revenues beugler par les fentes de ma porte

\œ soin

Mais, ah! qu'importe?

11 fallait m'en étourdir avant)

120 PORTES D* aujourd'hui

Trap tard I ma petite folie est morte

Qu'importe Vœ soli!

Je ne retrouverai plus ma petite folie.

Lé g^and vent bâillonné,

S'endimanche enfin le ciel du matin.

Et alors, eh! allez donc, carillonnez,

Toutes cloches des bons dimanches I

Et passez layettes et collerettes et robes blanches

Dans un frou-frou de lavandes et de thym

Vers l'encens et les brioches I

Tout pour la famille, quoi! Vœ soli/ c'est certain.

La jeune demoiselle à l'ivoirin paroissien

Modestement rentre au lo^is.

On le voit, son petit corps bien reblanchi

Sait qu'il appartient

A un tout autre passé que le mien !

Mon corps, ô ma sœur, a bien mal à sa belle dmc . .

Oh I voilà que ton piano

Me recommence, si natal maintenant!

Et ton cœur qui s'i;;^nore s'y ânonne

En ritournelles de bastringues à tout venant,

Et ta pauvre chair s'y fait mal!..

A moi, Walkyriesl

Walkyries des hypocondries et des tueries !

Ah, que je te les tordrais avec plaisir, Ce corps bijou, ce cœur h ténor, Et te dirais leur fait, et puis cncor La manière de s'en servir

Page 1