JULES LAFORGUE
De s'en servir à deux,
Si tu voulais seulement m'approfondir ensuite un peu î
Non, non! C'est sucer la chair d'un cœur élu, Adorer d'incurables organes S'entrevoir avant que les tissus se fanent En monomanes, en reclus 1
Et ce n'est pas sa chair qui me serait tout.
Et je ne serais pas qu'un grand cœur pour elle,
Mais quoi s'en aller faire les fous
Dans des histoires fraternelles!
L'âme et la chair, la chair et l'âme,
C'est l'esprit édenique et fier
D'être un peu l'Homme avec la Femme.
En attendant, oh! garde-toi des coups de tête, Oh ! file ton rouet et prie et reste honnête.
— Allons, dernier des poètes.
Toujours enfermé tu te rendras malade!
Vois, il fait beau temps, tout le monde est dehors,
Va donc acheter deux sous d'ellébore,
Ça te fera une petite promenade .
{Poésies complètes.)