‹ Poètes d'aujourd-hui, 1880-1900Chapitre 79 sur 202 · HEURES TERNES · texte numérisé non relu

HEURES TERNES

Voîci d'anciens désirs qui passent, Encor des songes de lassés, Encor des rêves qui se lassent; Voilà les jours d'espoir passés !

En qui faut-il fuir aujourd'hui I Il n'y a plus d'étoile aucune ; Mais de la glace sur l'ennui Et des linges bleus sous la lune.

Encor des sanglots pris au piège!

Voyez les malades sans feu, Et les agneaux brouter la neige ; Ayez pitié de tout, mon Dieu I

Moi, j'attends un peu de réveil, Moi, j'attends que le sommeil passe,

MAURICE MAETERLINCK l45

Moi, j'attends un peu de soleil Sur mes mains que la lune glace.

(Serret chaudes.)

Page 1