LE TOMBEAU D'EDGAR POE
Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change,
Le Poète suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n'avoir pas connu
Que la mort triomphait dans cette voix étrange I
STÉl'IIANE MALLARMÉ v 175
âka^ comme un vil sursaut d'hydre oyant jadis Tang-c Donner um sens plus pur aux mots de la tribu Proclamèrent très haut le sortilège bu Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.
Ou sol et de la nue hostiles, ô grîef !
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s'orne [
Calme bloc ici-bas chu d'un désastre obscur Que ce granit du moins montre à jamais sa borne A.UX noirs vols du Blasphème épars dans le futur,
SONNET
Une dentelle s'abolit
Dans le doute du Jeu suprême
A n'entr'ouvrir comme un blasphème
Qu'absence éternelle de lit.
Cet unanime blanc conflit D'une guirlande avec la même Enfui contre la vitre blême Flotte plus qu'il n'ensevelit.
Mais chez qui du rêve se dore Tristement dort une mandore Au creux néant musicien
Telle que vers quelque fenêtre Selon nul ventre que le sien Filial on aurait pu naître.
l-yO POÈTES d'aujourd'hui
SONNET
Quelle soie aux baumes de temps Où la Chimère s*exténue Vaut la torse et native nue Que, hors de ton miroir, tu tends !
Les trous de drapeaux méditants S'exaltent dans notre avenue :
Moi, j'ai ta chevelure nue Pour enfouir mes yeux contents.
Non ! La bouche ne sera sûre De rien goûter à sa morsure, S'il ne fait, ton princier amant,
Dans la considérable touflfe Expirer, comme un diamant, L© cri ies Gloires qu'il étouflfe.
« Les Poésies de S, Mallarmé ».
BrufReJles. Edm, Deman^ i$99.
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