‹ Poètes de l'Amerique françaiseChapitre 1 sur 16 · POÈTES · texte numérisé non relu

POÈTES

ANTHOLOGIE DES POÈTES CANADIENS

de MM. Jules FOURNIER et Olivar ASSELIN

L’ Anthologie nouvelle et longtemps attendue a été conçue comme un document historique destiné à éclairer l’histoire de notre poésie durant ces cent dernières années. L’auteur, M. Fournier, avait cru qu’un recueil énumérant les écrivains qui, dans cette période, ont cultivé la poésie, avec ou sans succès notable, fournirait des données utiles à l’inventaire de notre production littéraire, qui attend encore son Godefroy ou son Lanson pour l’élaborer. Il s’était dit que de courtes notices sur ces auteurs, morts ou vivants, les fixant à leur date précise, notant les traits principaux de leur vie, dressant la liste de leurs œuvres avec une brève critique de leur talent, ou de leur manque de talent, formeraient des jalons précieux pour nos futurs érudits; çt que

des extraits de leurs vers, caractéristiques de leur style, intéresseraient à la fois nos curieux et nos artistes. Au prix d’un très sérieux travail et avec un soin scrupuleux d’exactitude, il avait réuni et classé ces matériaux; son ami, M. Olivar Asselin, les a complétés et publiés après sa mort : et c’est Y Anthologie des Poètes Canadiens.

Le titre, on le voit, prête quelque peu à l’équivoque. C’eût pu être aussi bien, mieux peut-être: Les Poètes Canadiens : Notes et Extraits. Le mot « Anthologie » semble indiquer un choix dicté par le mérite des œuvres, la fleur ou le bouquet d’une littérature. Mais enfin le nom ne fait rien à la chose, et l’on vous explique clairement qu’il ne s’agit pas d’un florilège de morceaux choisis, sur le plan, par exemple, de celui de l’abbé Nantel, mais d’une statistique détaillée et raisonnée de ce qui s’est produit de poésie chez nous depuis cent vingt ans.

Dans ces limites et avec cet objet en vue, j'ai trouvé Y Anthologie intéressante et bien faite. C’est, condensée en des pages compactes, bourrée de faits et d’exemples, une synthèse de nos

origines littéraires et de leurs développements successifs comme il n’en existait pas jusqu’ici. Songez qu’elle s’ouvre avec ce bon vieux Quesnel, né en 1749, et se clôt sur la plus récente trouvaille de ce tout jeune homme, Jean Nolin ! Songez qu’elle fait défiler dans l’intervalle cinq ou six générations très diverses d’allures, mais, grâce à Dieu, se ressemblant toutes en ceci, qu’elles marchent en gradation ascendante et que chacune est en progrès sur celle qui précède ! Ce qu’elle évoque, en somme, et trace en raccourci, c'est tout l’effort de notre âme nationale, malgré les entraves qui l’ont alourdie, vers l’expression intellectuelle, vers l’idéal artistique et vers la beauté. Et cet effort est touchant et admirable, même lorsqu’il reste au-dessous du but. C’est quelque chose comme la lutte que firent nos pères contre les forces conjurées de la nature et des hommes, et qui fut grande jusqu’en ses défaites. Mais ici, la guerre nous a été plus clémente: pas un seul jour l’ennemi n’a occupé la place, quoiqu’il l’ait souvent investie. Nous avons défendu notre langage avec une fermeté tenace et l’avons sauvé de la ruine. Bien plus,

nous réparons graduellement les brèches qu'il avait subies; et Y Anthologie présente ce vivant spectacle, de l’épurement, de l’enrichissement progressif de notre langue littéraire, jusqu’à ce qu’avec nos derniers venus, les meilleurs du moins, même l’accent poitevin semble disparaître, et le parler de France résonne enfin dans toute son intégrité reconquise. N’est-ce rien que d’avoir mis en lumière et imposé à nos scepticismes un tel motif d'encouragement et d'espoir ?

Le livre abrite quatre-vingt-trois poètes, et, tout en relisant leurs noms, je cédais à l’instinct mental de les classifier et de les grouper. Même dans une ère aussi restreinte, je concevais des périodes encadrant les diverses phases de l’évolution qu’ils résument. J’en imaginais surtout quatre, d’importance inégale, mais ayant pourtant leurs caractères et leurs traits assez définis.

Dans une première époque se concentrent les origines. C'est la collection de nos « primitifs », de ceux qui tentèrent sur une lyre assez fruste, et au prix de sueurs visibles, les modulations d’essai de notre langue rythmée.

ANTHOLOGIE DES POÈTES CANADIENS

Rien avant la conquête anglaise, pas une strophe, pas un distique: ceci confirme la théorie que les âges où la poésie se fait ne sont pas ceux où elle s’écrit. L’ode et l’épopée fleurissaient alors dans les actes, et nos poètes s'appelaient Champlain et Dollard des Ormeaux. Le peuple berçait son rêve aux chansons de l’Anjou ou de la Champagne, et le souci de l’Iroquois parlait plus haut que l’inspiration lyrique. Quand cette lutte intense eut cessé, il nous eût fallu un Homère; nous eûmes deux ou trois soldats d’aventure formés au genre de lettres que cultivaient les petits marquis à la cour de Louis XV ou à celle de Mme du Deffand. Ce sont eux qui ouvrent le défilé de nos bardes; et ils sont XVIIIe siècle jusqu au bout des ongles, ces premières figures de l'Anthologie, Quesnel et Mermet. Petit Bonhomme Vit Encor, c’est tout-à-fait la chanson de Collé, de Pannard ou du chevalier de Boufflers ; et quand j’entends ronfler les périphrases du récit épique,

La trompette a sonné : l’éclair luit, l’airain gronde,

Salaberry paraît, la valeur le seconde.

je me crois transporté corps et âme dans un chant de la Henriade.

Mais ceux-ci sont français de naissance, ils nous appartiennent à peine, et notre histoire commence vraiment avec Viger, Bibaud, Morin, Turcotte, et la pléiade d’ombres pâles qui les suivirent pendant trente ans. Ces derniers n'avaient eu, dans nos collèges, qu’une culture littéraire rudimentaire et étroite; les intérêts et les luttes du jour captaient le meilleur de leur vie: on ne pouvait leur demander d’être des Apollons. Ces fils de pionniers firent des vers comme on laboure et comme on défriche. Ils sont pénibles à lire, pas plus d ailleurs que la Cantilène de sainte Eulalie qui, au dixième siècle, inaugura la poésie française. Bibaud seul m’embarrasse un peu dans cette assemblée qu’il domine: Bibaud, qui versifie presque aussi bien que Poinsinet ou que Lemierre; mais ce diable d’homme, qui s’attaqua à tout, était un esprit très vigoureux et d’une étendue peu commune. Il semble placé là pour faire transition entre le dix-huitième siècle, qui le réclame encore, et l’âge amorphe qui allait s ouvrir. Il y a aussi chez Garneau

l’Ancien de fugitives lueurs. Hors de là, tout est neutre et inerte, d’une insignifiance sans relief, sans essor: de la prose morte parquée dans des murailles de rimes.

Vers 1860, et alors seulement, le Canada apprit l’existence de Hugo et de Lamartine. Nos écoles leur étaient encore strictement fermées, mais enfin, je ne sais comment, on avait découvert le Lac et la Tristesse d'Olympio. C’est le début d’une seconde époque où notre poésie se ravive, prend de l’ampleur et du souffle, et s’engage, à la suite du romantisme, dans des voies plus ambitieuses. L’inspiration se diversifie et s’élève: elle accentue son caractère national et c’est, pour l’heure, un bienfait qui la sauve de l’imitation servile. La forme, sans être toujours brillante, est ordinairement saine et correcte. Des œuvres de dimensions plus larges attestent plus de labeur et de puissance. C’est ce que nous appellerions notre « grand siècle », si nous étions gens du Midi. Il est dominé par les noms de Chauveau, Lemay et Fréchette: et c’est une trilogie qu’il serait injuste, autant qu’ingrat, d’amoindrir. Hors le génie, auquel on ne doit jamais s attendre,

ils ont tout ce qui fait les poètes de race. Je ne place Crémazie qu'après eux, et c’est le seul, à mon sens, dont la gloire ait été un peu surfaite. A leurs côtés se groupent d’autres talents dignes de respect: Désaulniers. Poisson, Evanturel, l’abbé Gingras; Chapman encore, moins grand que Fréchette qu’il jalousa, mais qui eut pourtant l’âme artiste, sinon la plume. Puis Nérée Beauchemin, que je nomme le dernier parce que lui aussi forme transition, et que sa manière serrée et subtile annonce les raffinements des nouvelles écoles.

Une troisième période s'ouvre, il me semble, avec le mouvement créé par l’École Littéraire. On ne saurait exagérer l’influence de cette phalange de jeunes, formée vers 1895, sur l’orientation que prit alors notre poésie. D’elle sont sortis, en fait, presque tous ceux qui, vers ce temps, s’acquirent un nom dans les sphères du rythme nouveau. Ce fut (et c’est encore, d’ailleurs) une réunion d’esprits actifs, sincèrement épris de l’art, à la recherche de voies inexplorées, d’impressions rares et de formules splendides. Ils fraternisèrent librement aux tendances nouvelles de la poésie d’outre-mer,

ANTHOLOGIE DES POÈTES CANADIENS

et quelques-uns peut-être les côtoyèrent de trop près. Ils furent parnassiens, mallarmistes, verlainistes; mais les meilleurs surent s'isoler, et leurs vers, d une écriture bien personnelle, ont la marque de l'inspiration spontanée et franche. Quand on nomme Nelligan, Gill, Lozeau, Beauregard, Gallèze, Ferland, Dreux, Charbonneau, Doucet, Vézina et Cinq-Mars, on dresse à peu près le catalogue de cette période poétique, et c’est presque celui de l’École elle-même. Germain Beaulieu en est, naturellement, et à double titre, puisque à son effort obstiné et à son zèle d’apôtre remontent en grande partie la création, et la durée à travers mille vicissitudes, de cette académie du gai savoir.

Enfin, et quoique ces aèdes soient pour la plupart bien vivants, je crois, à certains signes, voir poindre une dernière période échappant plus ou moins à leur influence, et qui les continue avec des traits un peu différents; une ère qui, comme la vision de Verlaine, n’est

... ni tout-à-fait la même Ni tout-à-fait une autre,

et dont on ne sait encore au juste quel sera le trait dominant. Dans ce groupe nouveau-né je classerais, entre autres, René Chopin, Paul Morin, Benjamin Michaud, Édouard Chauvin, Jean Nolin, Roger Maillet, Émile Venne, et Mlle Blanche Lamontagne. Et ces noms représentent un élan vigoureux vers une poésie puisée aux sources absolument intimes, vers une expression pleinement affranchie et libre. En quoi diffèrent-ils de leurs prédécesseurs immédiats ? Serait-ce en ce que leur langue a toutes les inflexions de la Revue de Paris ou du Mercure, en sorte qu’on oublie à les lire qu’ils sont canadiens, qu’on les prendrait tout-à-fait pour des poètes de France ? Cela irait, sans doute, à quelques-uns d’entre eux, à Paul Morin, par exemple, ou à René Chopin; mais moins bien à Alphonse Désilets, et pas du tout à Mlle Lamontagne. Serait-ce qu'ils semblent se dégager totalement des soucis d’école pour se confier à leur propre souffle ? Et cela conviendrait à Benjamin Michaud, à Jean Nolin, mais serait-ce caractéristique de Guy Delahaye ou d’Emile Venne? Quoi alors ? Mettons que c’est la somme, ou

la moyenne, de ces différences, et qu'il s’agit de nuances plutôt que de tendances contraires. D’ailleurs, ces poètes sont trop près de nous pour qu on les place déjà dans l’histoire: donnons-leur plutôt le temps de mieux s’affirmer, de mieux se définir eux-mêmes.

L 'Anthologie, dans ses linéaments précis et sobres, est comme l’arbre généalogique où ces branches apparaissent nettement tracées. Elle nous permet sur notre histoire poétique une vue d’ensemble coordonnée et logique. On peut se demander si, malgré la multiplicité de ses « spécimens », elle n’a pas encore des lacunes qui l’empêchent d’être un tableau complet. Certains poètes manqueraient-ils à la mense commune ? Il est fort possible que dans un premier recensement quelques oublis se soient glissés; les auteurs eux-mêmes admettent des omissions qu’ils justifient par les limites matérielles du livre et par le peu d’importance des auteurs exclus. On peut prétendre que, pour autant, l’œuvre manque à son caractère statistique et à l’intégrité de son dessein. Si l’on répond que des rimeurs « qui n’étaient pas poètes » ont seuls été laissés dans les ténè-

bres extérieures, c’est un verdict ex cathedra que ceux-ci n’accepteraient guère et qui manque de sanction définitive. D un autre côte, fallait-il faire place à quiconque, une fois dans sa vie, a rimé une gazette ou une pochade, à des exercices d’écoliers que la gouttière n’a pas happés assez vite, à d’effrayantes nullités où la profondeur du néant lutte avec la hauteur du vide ? Admettons qu il y avait là un embarrassant problème. Pour les premières décades, où la matière était rare et les miettes même précieuses, je conçois qu on ait élargi la bienvenue; j’aurais même voulu que la liste fût absolument complète; — mais plus tard il fallait vraiment élaguer, et en s’y résignant, les auteurs ont fait preuve de bon sens, au risque d’écorner la théorie. Il est inévitable que leur choix prête à des discussions de détail, et qu’à des critiques purement rageuses se mêlent des suggestions méritant d’être étudiées. M. Asselin, sans nul doute, ferait son profit de celles-ci dans une édition nouvelle.

On pourrait éplucher aussi à perte de vue les pièces assignées à chaque auteur, dans le but de montrer que la sélection en fut falote;

ANTHOLOGIE DES POÈTES CANADIENS

mais où est l’ouvrage de ce genre qui ne se prête pas à ce jeu ? Moi-même, si j’avais compilé Y Anthologie, j’y aurais introduit sans doute un autre triage; et si vous l’eussiez faite, elle n’eût ressemblé à aucune des deux. Mais alors, ne l’oublions pas, c’eût été votre anthologie ou la mienne, et non pas celle de Jules Fournier. Dans toute préférence littéraire, 1’ « équation personnelle », comme disent les savants, joue le plus grand rôle, et le tempérament intime détermine le choix autant que les éléments de l’œuvre. A la réserve de ce qui, de tout évidence, blesserait le sens esthétique, il faut savoir tolérer et comprendre. M. Fournier a choisi pour lui-même avant de songer à nous; s’il l’a fait, comme je crois, avec une discrétion moyenne, nous n’avons pas lieu de nous plaindre. Et songeons qu’après tout sa matière l’enchaînait et le limitait, qu’il n’avait rien à créer de toutes pièces, et qu’il ne pouvait faire des chefs-d’œuvre de la Charité de Marchand ou du Retour d'Édouard Turcotte. Je suis d’avis qu’un recueil semblable, pour offrir des garanties d’art objectives et faire vraiment autorité.

devrait être l’ouvrage d’une assemblée de gens de lettres, d’écoles, de sympathies, et même de digestions diverses, qui éliraient chaque pièce, après enquête sévère, à la majorité des voix. L’Académie française devrait glaner un spicilège au lieu de ruminer un dictionnaire. A défaut de cela, contentons-nous du goût personnel et d’ailleurs très réel qui a présidé à l 'Anthologie; — ou bien, prenons une plume, dépouillons des milliers de vieux journaux, de brochures introuvables, d’éditions épuisées et épuisantes, cherchons des étincelles dans des monceaux de poussière grise, — et fabriquons-en une autre.

Le reproche que je ferais à M. Fournier serait de n’avoir pas toujours eu le sens des proportions dans l’espace réparti aux divers poètes. L'ouvrage laisse un peu l’impression qu’ils ont tous la même importance; ou alors ceux qui font saillie ne semblent pas le mériter particulièrement. On s’attendrait à voir Nérée Beauchemin, par exemple, à qui l’on accorde trois pages, traité pour le moins aussi bien que Charles Gill qui en a dix. Pourquoi deux pages à Eudore Evanturel et quatre à

Rémi Tremblay ? Pourquoi une à Roger Maillet et trois à Clovis Duval ? Et je sais bien qu’il peut tenir dans un sonnet autant de beauté que dans un poème épique; mais enfin on voudrait que chaque auteur gardât, dans le volume, une place relative à son influence et à sa valeur réelle. Tous ceux de la première époque ont une ou deux pièces, et c’est bien: ils se valent presque tous; ensuite, j’aurais voulu qu’on leur graduât soigneusement les lignes, et que les œuvres brillantes, ou simplement meilleures, fussent ainsi distinguées des autres. Le goût individuel eût encore mis là son empreinte, mais c’eût mieux valu tout de même qu’une distribution sans raison d’être bien définie.

J’arrive à la question scabreuse: avons-nous une littérature canadienne ? M. Asselin soutient que non dans sa préface, et il en donne des raisons spécieuses qui ne m’ont pas bien convaincu. Pour moi, comme pour Larousse d’ailleurs, une littérature est tout bonnement l’ensemble des productions littéraires d’un pays, d’un peuple, abstraction faite de leur originalité et de leur mérite. Il n’est donc pas

compromettant d’admettre que nous ayons une littérature: il restera toujours à déterminer ce qu’elle vaut. Le problème est d’un intérêt tout philologique, et d’une assez mince importance. Sa solution ne changera pas d’une ligne la stature de nos écrivains- Si M. Asselin préfère tenir la dragée haute et nous laisser encore au stage d’aspirants, c’est, je le soupçonne, qu'il voudrait nous empêcher d’être sottement contents de nous-mêmes et de confondre le siècle embrassé par Y Anthologie avec le siècle de Périclès: c’est qu’il se fait une haute idée de la parole française et qu’il la voudrait poursuivie et atteinte dans une perfection plus complète. Il est un des derniers, d’ailleurs, qu'on pourrait accuser d’hostilité envers les lettres nationales : elles n’ont pas, au contraire, d’ami plus actif et plus courageux. C’est un bon paladin de notre langue, qui s’escrime d’estoc et de taille chaque fois qu’il la sent menacée, et qui travaille à la restaurer chez nous avec une ardeur de patriote et un acharnement de puriste. Avec ses états de service, on peut lui passer plus d’une boutade.

ANTHOLOGIE DES POÈTES CANADIENS

Pour l’amener à une conversion complète, il faudrait le condamner à relire son Anthologie; elle fait mieux que prouver la littérature canadienne: elle la montre en chair et en os. Et c’est précisément pourquoi j’aime ce livre, et suis persuadé que ses auteurs ont rendu un vrai service en le publiant.

ALPHONSE BEAUREGARD

Page 1