‹ Poètes de siècle de Louis XIVChapitre 11 sur 80 · ANTIOCHUS · texte numérisé non relu

ANTIOCHUS

0 frère, plus aimé que la clarté du jour !

0 rival, aussi cher que m'était mon amour!

Je te perds, et je trouve en ma douleur extrême

Un malheur dans ta mort plus grand que ta mort même.

Oh! de ses derniers mots fatale obscurité!

En quel gouffre d'horreur m'as-tu précipité?

« Une main qui nous fut bien chère! » Madame (à Rodogune) est-ce la vôtre ou celle de ma mère (1)?

Et plus loin, après les justifications de toutes deux :

Non, je n'écoute rien, et dans la mort d'un frère Je ne veux i)oint juger entre vous et ma mère. Assassinez un fils, massacrez un époux, Je ne veux me garder ni d'elle ni de vous. Suivons aveuglément ma triste destinée; • Pour m'exposer à tout, achevons l'hyménée. Cher frère, c'est pour moi le chemin du trépas ; La main qui t'a percé ne m'épargnera pas

Il veut prendre la coupe; Rodogune le retient en rappelant qu'elle vient de Cléopâtre, et demande qu'on en fasse l'essai sur un esclave.

Je le ferai moi-même,

répond Cléopâtre en avalant le poison, dans l'espoir d'être imitée par les époux. Mais l'effet en est trop prompt; Rodogune arrête encore Anliochus :

Seigneur, voyez ses yeux Déjà tout égarés, troubles et furieux, Cette affreuse sueur qui court sur son visage, Cette gorge qui s'enfle. Ah! bons dieux! quelle rage! Pour vous perdre après elle, elle a voulu périr.

ANTIOCUUS.

N'importe, elle est ma mère, il faut la secourir.

CO Acte V, scène IV.

Page 1