MOUDRE. A
de l'abbé Gotin. Le personnage ne fftt*il qu'imagi* naire, pourquoi le flétrir ainsi ? Ne suffisait-il pas de le peindre ridicule ? Est-il nécessaire qu'un pédant soit rempli de bassesse et d'envie, qu'il pousse l'intérêt et la grossièreté de cœur jusqu'à vouloir épouser malgré elle une fille qui lui déclare qu'elle ne saurait Taimer, parce qu'elle en préfère un autre ? Tout cela dépasse le but de la pièce. Trissotin pouvait être le complice des femmes savantes, sans être pour cela un homme vil. 11 est vraiment malséant de flétrir ainsi les littérateurs, d'autant plus qu'alors, purement littéraires, ils faisaient peu de bruit et ne se mêlaient de rien. Nous avons déjà remarqué l'apostrophe de Clitandre à leur adresse; il y a certainement des paroles trop dures :
Il semble à trois gredins^ dans leur petit cerveau,
Que, pour être imprimés et reliés en yeau,
Les voilà dans l'État d'importantes personnes (4).
Et ce qui suit. Mais la cour goûtait ces flatteries. -
Ces défauts reconnus, la pièce est charmante au point de vue du comique, et surtout dans le rôle ex« eellent de Chrysale, plus naturel que celui des femmes savantes. Remarquons cependant combien la nuance particulière de chacune des trois, Philaminte, Béliseet Ârmande, se maintient fidèlement dans le cours de la pièce. Ce mérite a été relevé par La Harpe, ainsi que celui du personnage aimable d'Henriette et de l'aisance distinguée de Clitandre, qui ajoutent beaucoup à l'agrément et à la valeur de l'œuvre. Le style est
(1) Acte IV, scène 111.
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passablement inégal ; on y rencontre assez de vers mal écrits, et des passages entiers mal tournés ou trop. négligés. Mais ce qui est bien est très bien, entre autres la célèbre scène du sonnet et de Tépigramme, et encore, sous ce rapport, le discours de €hrysale. Il a beau être connu , je ne résiste pas, Messieurs, au plaisir de vous en lire quelque chose, toutes réserves faites sur Texagération du fond :
GHRTSALB.
De folles on vous traite, et j'ai fort sur le cœur...