‹ Poètes et mélodes [microform]Chapitre 40 sur 73 · III. — s. AUXENCE · texte numérisé non relu

III. — s. AUXENCE

Auxence était originaire de Syrie : il vint à Constantinople , sous le règne de Théodose le Jeune

(1) Siméon de Thcssalonique, dans une note de Goar : Euchol,

(2) Unscholiastc,cité dans Tédition bénédictine, fournit une autre explication également plausible : il s'agirait du psaume de l'aurore : Acja èv O^J^îgts'.;. Mais nous ne pouvons accepter l'interprétation singulière de l'éditeur : hujiis scholii non magna aiictoritas : liquet enùn i)sahnt(m quinquagesimum designari. Nous ne voyons aucune relation entre le psaume cinquantième et le titre de psaume de la Confession.

{3) Euchol. p. 766-770.

et prit du service dans cette cohorte d'élite qui avait reçu le nom de cohorte scholaire. Dans les loisirs que lui laissait la vie militaire, Auxence se livra avec ferveur à Tascétisme le plus rigoureux. L'auteur de ses Actes qui vivait peu après lui (1) nous a laissé les noms de ses premiers campagnons : c'étaient Jean le Moine, un riche byzantin nommé Sétas, Marcien encore laïque et attaché à la secte novatienne, plus tard grand économe de la basilique patriarcale et honoré comme saint par les églises d'Orient et d'Occident. Bientôt un des ofiiciers du palais, Anthimc, à qui l'avenir réservait également les honneurs du sacerdoce, se joignit à ce premier groupe et devint même l'ami de prédilection d'Auxence. On se réunissait sur les bords de la mer, dans un sanctuaire dédié à S'^ Irène, alors pauvre et délabré, restauré depuis et agrandi par la munificence de Marcien (2). Ou y passait les veilles saintes dans le jeûne et les larmes. La prière publique succédait à Toraison silencieuse. Les hommes et les femmes y formaient deux chœurs, B-.à yz^wi hl^Cù^ y.al 7jva'y.s>v, et le bienheureux Auxence présidait au chant des hvmnes sacrés : h -rxl; 0;j.v(.)c(xi; al; ::pi-

Spî'JSÎV.

L'expression de Thagiographc se prête à deux

(1) QL Ilcnschcn dans Act. Sanct. II. Fobr. 769-771. Patr. Gr. CXIV, 1375-143().

(2) L'église de Sainto-Irène fut rebâtie sur de grandes proportions non par rcmpereur Marcien, comme le dit Baronius dans ses notes sur le Martgrolngc^ mais par l'économe Marcien, compagnon de S. Auxence. Le texte amphibologique de Nicétas Choniates : -iriXa, Mipxiavb; h rArj hr^^^;v.pz , doit être éclairci par les Actes de S. Marcien et du martyr S. Isidore, ^c/. Sanct. T. I. Jan. p. 609-619.

significations diverses. S'agit-il des psaumes et des hymnes bibliques chantés en deux chœurs, comme c'était dès lors la coutume, ou bien Aniliime et Auxence prenaient-ils vraiment Tinitiative d'aune hymnographio nouvelle ? La question serait insoluble, si le mémo historien ne nous donnait, quelques pages plus loin, un renseigncmentplus curieux encore.

Auxence a renoncé au métier des armes : il s'est fait solitaire sur une montagne, à quelques lieues de Chalcédoine, dans cette même Bithynie, où, sous le règne de Trajan, les fidèles chantaient déjà leur hymne au Christ. Les erreurs de Nestorius et d'Eutychès ont surexité l'opinion ; les mœurs chrétiennes semblent décliner, tandis que les conciles ajoutent de nouvelles lumières à la foi doctrinale. Les pèlerins viennent, de Constantinople et des alentours, chercher près de l'ancien soldat Auxence des exhortations et des exemples. Sur ce mont Siope, dont le nom rappelle la loi du silence, la foule se presse dès la première heure du jour. La cellule d'Auxence est murée ; mais par l'étroite fenêtre, apparaît, de moment en moment, la tête blanchie du reclus. On écoute avec respect ses conseils austères : il recommande de fuir les plaisirs de la grande ville, et surtout les charmes corrupteurs des théâtres, et il offre à ses visiteurs les jouissances plus pures de la prière et des cantiques sacrés. Le chant était simple et populaire, car les pèlerins formaient euxmêmes le chœur. L'historien nous a conservé quelques débris de ces cantiques qui retentissaient sur la montagne, entre l'Europe et l'Asie. On peut

remarquer dans chaque tropaire les traces du dialogue liturgique : partout les premiers mots, marqués d'un cachet plus personnel, semblent appartenir à Auxence seul. Les derniers sont empruntés à TEcriture, ou bien ne font que suivre l'inspiration initiale, c'est YEphijmnion, ou le cri du peuple.

LE SOLITAIRE. — Indigents et pauvres, nous vous louons, Seigneur.

LE PEUPLE. — Gloire au Père, gloire au Fils, gloire au Saint-Esprit qui a parlé par les prophètes !

LE SOLITAIRE. — Les armécs des deux chantent vos louanges, et nous,. sur la terre, nous célébrons votre gloire.

LE PEUPLE. — Saint, Saint, Saint est le Seigneur. Le ciel et la terre sont pleins de votre gloire !

LE SOLITAIRE. — Créatpur de toutes choses, vous avez dit, et nous avons été faits ; vous avez commandé, et nous avons été créés ; vous avez établi vos lois, et elles ne passeront point.

LE PEUPLE. — Sauveur, nous vous rendons grâces !

LE SOLITAIRE. — L'àmc abrcuvée d'afflictions, nous nous prosternons devant vous ; nous vous supplions, ô Sauveur du monde.

LE PEUPLE. =— Car vous êtes bien le Dieu des pénitents !

LE SOLITAIRE. — Vous qui êtcs assis sur les Chérubins, vous qui ouvrez les cieux ;

LE PEUPLE. — Prenez pitié et sauvez-nous !

LE SOLITAIRE. — Réjouisscz-vous, ôjustes, dans le Soigneur et priez pour nous.

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