‹ Poètes et névrosésChapitre 44 sur 123 · Greece under the Romans · texte numérisé non relu

Greece under the Romans

d'iiifluonccs malignes' ». Il l'accusait d'être de ces ï démolisseurs » qui dévastent les âmes, et ajoutait : « J'en ai été misanthrope plus de dix ans ». — Il est imi)Ossiblo de préjuger ce qu'aurait valu la métaphysique de Ouinccy; pour restituer un monument, encore faul-il en posséder quelque reste, et nous somriies ici en lace du néant.

Nous connaissons très bien, en revanche, ses idées sur la façon d'écrire l'histoire. Il aurait signé des deux mains, à condition d'en retrancher les mots de philosophie et de philosophe, ces lignes de Fustel de Coulanges : « Il faut, en histoire comme en philosophie, un doute méthodique. Le véritable érudit, comme le philosophe, commence par être un douteur. » Quincey était de ceux qui ne croient pas « que tout a été dit, et qu'à moins de trouver des documents nouveaux il n'y a plus c{u'à s'en tenir aux derniei's travaux des modernes ». Il inclinait toujours, comme l'illustre auteur de la Cité antique (malheureusement pour Quincey, là s'arrête la ressemblance), « à écarter les opinions reçues, môme quand elles avaient les avantages d'une longue possession », et à préluder à l'examen de chaque question en « faisant d'abord table rase... de tout ce qu'on avait publié antérieurement ^ ». Les faits de l'histoire, disait Quincey, sont les ossements desséchés du passé : « Non seulement ils peuvent revivre, mais d'une variété infinie de vies. Les mêmes faits, considérés sous des jours différents, ou dans leurs relations avec d'autres faits, offrent éternellement matière à des spéculations nouvelles, inépuisables comme les combinaisons dont ils sont susceptibles. Ces spéculations

1. OEuvres coinplèles ; German studies and Kant in parlicular (18:^0).

2. Revue des Deux Mondes du {" mars 1896; Fustel de CoU' langes, par M. Paul Guiraud.

en font à leur tour des faits nouveaux, et cela est sans lin.... Je ne parle pas simplement des raisons subjectives, tirées de la différence des esprits, qui sont cause qu'il y a autant de manières d'interpréter et de juger les événements qu'il y a d'historiens. Je prétends qu'objectivement, tous les grands faits de l'histoire doivent aux progrès des sciences sociales de prendre perpétuellement des aspects nouveaux, qui rendent perpétuellement nécessaire de les rejuger au point de vue moral. » Il disait aussi : « La chimie est la science des formes et des foi'ces qui sont contenues à l'état latent dans tout ce qui existe, épiant l'occasion d'être. Il en est des faits de l'histoire comme des éléments chimiques : il n'y a pas non plus de fin à leurs capacités de transformation'. »

Ouincey rejugeait les grands faits de l'histoire d'après ces principes, et remettait en question les opinions les plus vénérables. 11 soutenait que l'empire romain n'a pas été détruit par les barbares, qu'il s"est détruit lui-même par les. vices de sa civilisation, et que les Goths, ou les Vandales, loin d'être responsables de son effondrement, ont été les sauveurs de l'Occident. Ils ont arrêté sa décomposition en lui infusant un sang jeune et sain. € Ils ont été les restaurateurs et les régénérateurs de l'intelligence romaine épuisée. Sans eux, la population indigène de l'Italie aurait probablement été éteinte, vers le vi" ou le vir siècle, par la scrofule, la folie et la lèpre. » Les Romains ont été les vrais barbares; l'Europe serait aujourd'hui beaucoup moins avancée s'il n'y avait pas eu des Goths et des Vandales sur la terre. — Arrivé à ce point, Quincey se met en devoir de démontrer sa thèse, mais il avait compté sans les infirmités mentales qui lui interdisaient de

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