‹ Poètes grecs contemporainsChapitre 5 sur 27 · AUBADE.- LA FUITE · texte numérisé non relu

AUBADE.- LA FUITE

c Éveille-toi, ma bien-aimée. — La nuit est paisible ; — la nature môme sommeille, — tout est silen* cieux.

Seule, la lune pâlie, — qui veille comme moi, — vogue dans la solitude — sereine du firmament.

Puisqu'une volonté cruelle — veut nous séparer, — nous trouverons bien un petit coin de terre — pour y vivre ensemble.

Éveille-toi, ma bien-aimée. — La nuit est tranquille. — Ma petite barque nous attend — sur le rivage désert. »

Elle brillait, la lune, — pleine de pitié, — et les deux amants la regardaient ensemble.

a Rame, mon bien-aimé;rame, — pour que nous allions loin, — avant que la brise souffle — sur les eaux immobiles. »

Elle voit la terre qui s'éloigne— comme un 'nuage obscur. — Elle lui adresse ses adieux — avec un soupir.

c Adieu, vallon ; — adieu, sources claires et fraîches

adieu, — belles matinées que chantent les oiseaux — Adieu pour toujours l

Ma mère, loin de toi, — sur la terre étrangère, — m'a porté un amour ardent, — irrésistible.

Rame, mon bien-aimé; rame, — pour que nous allions loin -- avant que la brise ne souffle — sur les eaux immobiles. »

Le rythme de la Fuite a une grâce ineomparable. Cette répétition du mot « bienaimé » ajoute à Tallure de la strophe une tendresse qui va croissant à chaque redite.

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