LES DEUX FLEURS
A peine brillait du matin ^ l'étoile si douce, si douce ; — Pair répandait ses parfums — sur le premier jour de mai.
Avant que n'eussent commencé — les chants, les fêtes, les danses, — au milieu des fleurs non cueillies, — tu apparus, la. première, toi.
Marie, tu apparus la 'première. — Je te rencontrai, — près de la petite église abandonnée, — où nous sommes, si souvent depuis, retournés ensemble.
Tes cheveux tombaient abondants — sur ton cou gracieux ; — ta] poitrine était ornée — d'une rose virginale.
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De ta belle main, — tu me PofFris tendrement. — Prends-la, me dis-tu. — Et mon cœur tressaillit.
Une année après, Marie, — je revins au même lieu, — près de Téglise déserte — où je t'avais vue pour la première fois.
Mais, au lieu de tes regards célestes, — au lieu de la forme aérienne, — être angélique et ravissant.
Dans l'herbe non foulée, — je vis la pierre funéraire — qui, blanche, te recouvre, — avec une croix noirCé
Seul dans cette désolation, — sur ta tombe — me jetai à genoux, Marie, — et je t'embrassai avec passion.
Des lis qui poussaient tout autour, — je cueillis Un seul, — pâle et blanc comme toi, — comme virginal,
Et je l'ai joint à la rose— que tu m'avais donnée, toi. — La rose avec le lis, — double et amer souvenir !
L'un symbole de la mort,— l'autre de la jeunesse et de la beauté. — La joie toujours, ici-bas, — est sœur delà douleur.
Le fatalisme antique domine cette mélancolie. Quand le Destin, maître des dieux, a frappé, le poète pleure, non pour maudire ou pour fléchir Pimplacabie, mais pour gémir sur le sort des humains.
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