SONNET DE COURVAL
Dans la satire contre les cornipiions des gens de jasdce, il dépeint ainsi les avocats et les juges de ce lemps-là :
L'amas de tels criards est si grand qu'on s'estonne ; Il n'est point tant de fruicts en la saison d'automne, Ny de fleurs au printemps, en hyver de glassons, Le chaud esté n'est point si fertille en moissons. Comme il est d'officiers et de gens de justice, Se servant à dessein d'un subtil artifice Pour tenir les procez en extrême longueur...
Rarement en ces lieux on void punir le crime; Car ces juges rusez tiennent cette maxime,. Que Dieu ne veut la mort du pécheur pénitent; Mais qu'il se convertisse et vive, il est content. Ainsi font ces messieurs qui se rendent propices Aux criminelz allaints de mille et mille vices, Pourvu que, repentants, ils sçachent l'entregent Pour sortir des prisons de bailler force argent : Bref tous les criminelz, dont la bourse est ferrée, Eschappent sans péril par la porte dorée...
UAnù-fiscoclopie, ou contre le larrecin des deniers du roy commis par les meschants financiers, toujours de ce temps-là,
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Lesquels vont butinant Les dépouilles du peuple, et, comblez d'abondance, Font trophée aujourd'hui des deniers de la France.
Ne citons rien des satires contre le joug niiplial, au nombre de sept ; nous ne saurions d'ailleurs pardonner au poëte les écarts auxquels il s'est livré, surtout dans sa Thimédiélie . Mais faisons remarquer en passant que, malgré sa prétendue aversion pour le sexe, il n'était rien moins qu'insensible aux doux pencliants qu'il entraîne.
On doit à Sonnet de Courval une diatril)e en prose mêlée de vers contre les médecins cbarlatans. Après avoir fait bonne justice de ces empiriques qu'il appelle bourreaux et effronlez larrons, il rend bommage aux médecins qui conçoivent et remplissent leur noble mission.
Nous avons encore de lui les Exercices de ce temps, satire en forme d'étude de mœurs, curieuse sous le rapport de l'observation, mais du
genre el de la poésie les plus vulgaires ; aussi ne les indiquons-nous que pour obéir slriclenicnl aux exigences de la biographie.
Les poésies mêlées de sonnets de Courval, el principalemenl ses épilaphes ou lomheaux, sont pleines de verve sérieuse el de douce mélancolie. Ainsi, dans l'épilaplie à son (ils, niorl à l'âge de six ans :
Ce petit Courvalin, cet esprit admirable, Ne pouvoit, si parfait, ci-bas vivre longtemps. Ce bel astre enfantin, plus brillant que durable, S'éclypsa de nos yeux sans attendre un printemps...
Sans doute Sonnet de Courval a, comme poêle, plus de défauls que de qualités ; mais comme observateur et criti({ue , il ne cède le pas à aucun, el à propos de ses satires nous dirons avec lui :
Mais que vous sert tant de cageol?
Si mes vers vous blessent la rai le C'en est fait, ils ont pris leur vol ; Qui sera roigneux, qu'il se gratte.
Ce médecin poêle mourut en 1G27.