Athis, pastorale. Paris, 1053; 1 vol. in
H. NOIVELLTÎS FRANÇAISES, OU DIVERTISSEMENTS DE LA PUINftESSE Al'RÉLIE. Parîs,
1657; 2 vol. in-8«.
16 r.RS NORMANDS ILLUSTRES.
f.es màncs, réim|)iim6es à Paris en 1722; 2 vol. in-12, avec le por(rail (le railleur.
m. DivF-nscB POÉSIES. Paris, 1058; 1 vol 111-4". (Portrait Irès-cstimé, qui a servi de modèle pour cette publication.)
IV. L'É^KH)!! i)B Vintii.u, TUADtiTO EN VKR8 FRANÇAIS; 2 vol. in-4", Ic premier en liiOS et le deuxième en 1G81. — Deuxième édition, fortnat in-8"; Amsterdam, 1700. — Tioisième édition, même format; Lyon, 1719.
V. Les Géokciqurs dr Viroile, traduites eîi vers franç.us (ouvrage posthume). Paris, 1712; 1 vol. in-8°. (Portrait.)
VI. Les mêmes, avec une épllre dédicatoire à madame la maréchale duchesse de La Ferlé. Lyon , 1719.
VII. Segraisiana , ou mélange d'histoire et de littérature , recueilli des entretiens de M. de Segrais , ses Kglogues, et l'Amour guéri par le Temps, tragédie-ballet du même auteur, non imprimée, ensemble la Relation de l'Ile imaginaire, et l'Histoire de la princesse de Paplilagonie, Imprimée en 164G par ordre de Mademoiselle. Paris, 1721; 2 vol. in-12. — Le même. La Haye, 1722; 1 vol. in-S". ~ Idem. Amsterdam, chez François Changuyon, 1723; in-12. Cette édition, qui est la plus belle, est accompagnée, ainsi que la précédente, d'une préface par La RIonnoye.
VIII. oeuvres RE M. i)B Segrais, de l'Académie française; nouvelle édition, revue et corrigée avec soin. Paris , 1755; 2 vol. iii-12.
Celle édition, la plus complète et la plus belle de toutes, contient les Églogues , les Odes , les Poésies diverses (sonnets, madrigaux et chansons), les anecdotes du Scgraisiaiia, la Reladon de ttle imaginaire et V Histoire de la princesse de Paphlagonie , auxquelles Segrais prit une part indéterminée, et l' J mour gnéii par le Temps.
Puris. — Iiii|>i"iiiirric cl Foiidciic de Ricsoux, rue Monsieur- le- l'iince, 2^ bis.
T,rOKNPJ5,LE,
Né à Roui-ii- I Seine iafP'^l en l62b M.)K m 1709.
CORNEILLE (Thomas), né à Rouen le 20 août 1625, vingt ans après l'auteur de Cinna, fit ses études chez les jésuites, qui devaient aussi avoir un jour Voltaire pour élève. Après de brillantes humanités , Thomas vint à Paris , où les triomphes de son frère l'entraînèrent vers le théâtre. Comme ce dernier, il fit d'abord des comédies, tirées pour la plupart des auteurs espagnols ; en 1656, il débuta sur la scène tragique par un succès, mais non par un chef-d'œuvre. En effet, si Timocrate, sa première tragédie , jouée pendant six mois sans interruption, obtint une vogue immense, elle est tombée dans un profond et juste oubli, et n'a jamais reparu sur la scène, tandis que le Cid est encore en possession de toute sa gloire et des honneurs de la représentation.
«Quand on essaye de lire Timocrate, dit La Harpe, on ne peut imaginer ce qui lui procura une vogue si prodigieuse. Le sujet est tiré du roman de Cléopâlre , et offre en effet une de ces aventures merveilleuses qu'on ne peut trouver que dans les romans. Le héros de la pièce joue un double personnage : sous le nom de Timocrate, il est l'ennemi de la reine d'Argos ; sous celui de Cléomène , il est son défenseur et l'amant de sa fille. Cette singularité vraiment très-extraordinaire a pu exciter une sorte de curiosité qui peut-être fit le succès de la pièce , surtout si le rôle était joué par un acteur aimé du public. On devine bien que cette intrigue produit beaucoup d'incidents qui ne sont guère vraisemblables, mais qui pourtant ne sont pas amenés sans art. » On ne reconnaît pas dans Thomas le talent de remuer fortement
2 LKS NORMANDS II.I.USTRES.
les cœurs et de faire naître la pitié' ou la terreui' ; il ne sait pas tirer du contraste des situations ces merveilleux combats où la vertu trioraplie de la passion la plus ardente , mais non sans éprouver la douleur du sacrifice, comme dans le Cid: maison ne peut refuser à cet auteur de rima{,nnation,delafe'condite', de l'adresse dans la conduite d'une pièce, et une certaine habileté à vaincre les difficultés de son sujet. Il faut .ijouter qu'à l'époque des représentations de Timocrate, les Français, envahis par l'exagération esi^^jnole, avaient l'esprit très-romanesque , et que Boileau , qui a rendu tant de services à la raison et au goût , eut la phis grande peine à nous corriger de ce travers. Camma , SlUicon , Laodice , Darius, AnniOal, suivirent Timocrate. L'affluence fut si grande aux premières représentations de Camma, qu'il ne restait plus de place sur la scène pour les acteurs. Camma est, de toutes les pièces de Thomas, celle qui est la mieux conduite ; il y a de l'intérêt dans l'action, souvent de très-beaux vers sans l'enflure qui altère quelquefois la grandeur naturelle des héros de son frère , et enfin un coup de théâtre assez frappant, qui a déterminé depuis le succès de la Zelmire de Dubelloy.
Annibal , si grand dans la tragédie de Nicomède , qu'il remplit tout entière sans y paraître , ne manque pas de quelque fierté sous le pinceau de Thomas. Si la haine immortelle du fils d'Amilcar pour les Romains est bien loin d'éclater avec l'énergie de cette passion dans le Miihridale de Racine, elle est exprimée quelquefois avec un certain ton de vérité. Malheureusement l'amour vient mal à propos distraire le fier Annibal , et mêler ses froides dissertations aux pensées d'un grand homme appliqué tout entier, quoique si voisin de la mort , au dessein de soulever le monde contre les oppresseurs de Carthage. Racine lui-même n'a pu, à force de vérité, d'adresse, d'éloquence et même de génie, nous faire accepter Mithridate amoureux de Monime et jaloux de son fils. Plus nous avançons dans l'étude de l'art , moins nous nous résignons à voir soupirer celui qui donna dans un jour la mort à cent mille Romains, le roi de l'Asie, prêt à partir pour brûler cet insolent Capitole qui prétend dicter des lois à l'univers. Napoléon ne pouvait souffrir cet indigne abaissement d'une si grande renommée. C'est inspiré par le même respect de la vérité historique et littéraire , qu'il ne trouvait pas d'expression assez sévère quand il blâmait
le ridicule amour de Mahomet pour la jeune Palmire , et le forfait également atroce et ridicule que le poëte a prêté au fondateur de l'islamisme. Peut-être me laissé-je emporter trop loin , mais il me semble que Milhridate et Mahomet sont encore des sujets neufs de tragédie.
Thomas n'avait encore produit ni le Comte d'Essex ni Ariane, lorsque Pierre, adoptant l'enthousiasme public pour les productions de son frère, disait naïvement qu'il voudrait les avoir faites. Mais jamais le plus léger mouvement de jalouse humeur ne trouva d'accès dans son cœur; il partageait avec joie la royauté littéraire avec celui que la faveur du moment semblait asseoir au même rang que lui. De son côté , le modeste et bon Thomas , loin d'accepter les honneurs du parallèle avec son frère, se plaisait lui-même à l'appeler le grand Corneille. Il y avait dans ce temps d'autres âmes d'une rare candeur: c'est ainsi que Rotrou , que l'auteur de Venceslas , immolant les intérêts de l'amour-propre au besoin de rendre hommage à la vérité , célébrait dans une élégie la gloire de Corneille. Voici un trait plus noble encore : Au moment de l'apparition du Cid, Rotrou, seul de tous les auteurs dramatiques , prit hautement la défense de Corneille ; depuis cette époque, il ne cessa point d'honorer l'écrivain qui avait été son élève , et qui se plaisait à le nommer son maître. Ou doit citer souvent de pareils exemples pour l'honneur des lettres.
Ainsi que son frère aîné , Thomas feisait quelquefois une comédie entre deux tragédies ; le Festin de Pierre occupe , dans la série des ouvrages de l'auteur d'Ariane , la même place que le Menteur dans les travaux dramatiques de l'auteur de Sertorius. Ce n'est pas qu'il faille placer sur le même rang le Menteur, écrit d'original , et la traduction en vers de la pièce du Festin de Pierre , créé par Molière dans un style de génie ; mais outre que la tâche ingrate que Thomas a remplie avec un certain succès présentait beaucoup de difficultés , on trouve d'ailleurs dans son style, qui ne sent jamais la contrainte de la versification , des traits comiques, de l'aisance, de la variété , un certain nombre de vers-proverbes que Molière n'aurait pas désavoués.
Les deux seules tragédies de Thomas qui soient restées au théâtre ont pour titres le Comte d'Essex et Ariane. La Harpe , d'accord avec son maître, dit, avec vérité , qu'il n'est pas permis à un auteur dramatique de donner pour de vils scélérats un ministre intègre et estimé
comme Raleigh , et le vice-amiral Raleigh , l'un des grands hommes de l'Angleterre. Mais on ne sait par quelle passion sans motif Voltaire s'est plu à rabaisser le comte d'Essex, et à le donner pour un homme sans mérite, un favori vulgaire, et un guerrier qui n'avait jamais rien fait de me'moral)le. Essex e'tait ge'ne'reux , sincère , bon ami, brave, e'ioquent, spirituel et habile; il avait de la hauteur d'âme et imposait à Elisabeth elle-même. Gomme géneVal de cavalerie, il donna des preuves d'un brillant courage à la bataille de Zutphen, en 1586. Venu en France à la tête d'un corps de troupes envoyé par Elisabeth au secours de son allié Henri IV, Essex soutint sa brillante réputation de valeur et mérita l'estime de ce prince , qui , Français avant tout, craignit d'être trop bien servi par lui, et ne voulut pas permettre à un Anglais de réduire la ville de Rouen, même pour la remettre entre les mains de son roi. Dans une entreprise sur Cadix , entreprise conduite par Essex et par Ilov^^ard , grand amiral d'Angleterre, le premier, après des prodiges de valeur sur son vaisseau, opéra un débarquement, la ville fut emportée et la citadelle capitula. Essex compte d'autres exploits sur mer. Au temps de sa fortune, Essex, à la tête de toute la jeune nol)lesse , et chéri des militaires , avait obtenu la faveur du public; dans son malheur, il reçut des preuves de regret et de sympathie. Le caractère de ce personnage peut n'être pas représenté avec une assez grande énergie de pinceau par Thomas ; mais le portrait est fidèle , et la fierté naturelle d'Essex , la haute idée qu'il avait de lui-même, la faveur inouïe d'Elisabeth, le rang auquel son amour l'avait élevé , l'ascendant qu'il exerçait sur cette supei-be reine , au point de la réduire à supporter et à pardonner non-seulement des plaintes importunes , mais encore jusqu'à des mépris , ne justifient que trop le personjiage qu'il joue dans la tragédie de Thomas Corneille. Le poète n'a pas été moins exact dans la peinture d'Elisabeth, qui, à plus de soixante ans, avait encore la faiblesse de se croire belle, et ressentait pour son dédaigneux favori une passion qu'elle avait beaucoup de peine à modérer et à vaincre. Ses colères , ses pardons , ses retours d'orgueil, ses tentatives pour toucher le cœur d'Essex, ses agitations pendant le fatal procès , ses angoisses après la condamnation, l'arrêt de mort signé et redemandé ensuite par le repentir et la pitié ; enfin la ciuelle anxiété avec laquelle elle attendit vaine-
meut , en l'espérant toujours , que ce trop cher coupable demanderait la grâce qui l'attendait : tout atteste un cœur en proie aux orages de l'amour. Sous ce rapport donc, Thomas Corneille a bien suivi la tradition anglaise ; il nous fait bien connaître la fastueuse vertu qui resta vierge à son corps de'fendant , et les prétentions de la jalouse rivale de Marie Stuart. Du reste , Thomas n'a poi»t commis la faute de nous dire l'âge de la royale amante d'Essex. C'est en présence de ces faits que Voltaire , quelquefois sujet à des accès d'un pyrrhonisme qui semblerait systématique , regarde comme ridicule ce que les historiens ont dit de la passion d'Elisabeth pour le favori qu'elle laissa pourtant mourir sur l'échafaud , comme Henri IV, son contemporain, avait laissé exécuter la sentence de Biron. Du reste, il faut souscrire au jugement que La Harpe porte sur l'intérêt de la pièce et sur le mérite dramatique de certaines situations , qui l'ont fait réussir en excitant la pitié des spectateurs pour une grande infortune. Quant au style de l'ouvrage , s'il n'étincelle jamais par les beautés qui nous ravissent d'admiration dans les tragédies du grand Corneille, il est exempt du mauvais goiit qui les dépare trop souvent; si la pièce mérite presque toutes les critiques de Voltaire, on y trouve cependant des qualités telles que la clarté, une certaine élégance, et quelquefois l'accent de la passion.
Ariane, composée en dix-sept jours suivant la tradition, vaut mieux qu'Essex, malgré des défauts qui ne se trouvent pas dans cette dernière pièce, et qui sont très-graves ainsi qu'on va en juger. OEnarus, roi de Naxos, évidemment calqué sur l'Antiochus de la Bérénice de Racine , et mauvaise copie d'un original défectueux en lui-même, n'est qu'un personnage insipide comme le froid et inutiie amour dont il poursuit Ariane. Que penser d'un Pirithoiis qui , n'ayant pas le courage de dire la vérité avec force à un ami pour l'empêcher de se déshonorer par le parjure et l'ingratitude , essaye encore de favoriser le succès de la passion de Thésée pour la sœur d'Ariane , en proposant à cette femme éperdue d'amour d'accepter un mariage avec le roi de Naxos , qui l'offense par ses injurieuses prétentions? Phèdre, infidèle à l'amitié de la plus tendre sœur, et acceptant, après une vaine et feinte résistance, la passion de Thésée, ingrat et traître envers Ariane, est un personnage odieux; mais il sert du
moins à l'action, et la dissiHiulaliou de Phèdre, qui pei'sisle à tromper sa trop corifiarite sœur, amène des situations dramati([ues d'un assez grand effet. Quant à Thése'e, volage adorateur de cent objets divers, et digne du parallèle avec ce Jason si misérable dans la Mi'dée d'Euripide et dans celle de Corneille , on le méprise avec d'autant plus de raison qu'il change j)our changer, sans avoir l'excuse de ces ardentes [)assions qui bouleversent le cœur et semblent être d'irrésistibles fatalités. N'osant s'exposer au mépris que lui attirerait sa coupable et lâche intelligence avec Phèdre, il trompe Ariane jusque dans l'aveu de son infidélité. Corneille a senti judicieusement que son indigne héros n'aurait pu ni soutenir les reproches accablants d'Ariane , ni reparaître sur la scène, api"ès le honteux aveu de la vérité tout entière.
Ariane seule intéresse : elle a sauvé Thésée d'une mort affreuse ; elle a tout sacrifié pour le suivre ; elle a donné sans réserve tout ce qu'une femme peut donner ; elle aime avec une ardeur extrême , avec une confiance sans bornes ; à ses yeux , Thésée est un dieu présent ; douter de la foi de Thésée lui semblerait presque une imi)iété. Séparée de la patrie , poursuivie par les menaces d'un père , elle n'a d'asile au monde que Thésée... l'abandon pour elle serait un arrêt de mort ; mais l'ingrat Thésée , tout occupé de sa nouvelle conquête , ne paraît pas même entrevoir un événement que tout lui ferait prévoir s'il comprenait encore le cœur qu'il possède tout entier. Plus intéressante que la malheureuse mais coupable Médée, que Phèdre, qui, brûlant des feux d'un adultère déjà commis dans la pensée , s'emportera jusque à laisser accuser l'innocem^e; plus excusable que Didon , qui avait pour se défendre les souvenirs d'un premier amour et l'expérience des péi'ils du cœur ; plus à plaindre que Bérénice, qui emportera dans la Judée, où elle va régner, les profonds regrets et tout l'amour de Titus obligé de s'immoler à un devoir sublime , Ariane inspire la pitié la plus profonde.
Thomas se montre ici presque aussi habile que Racine dans la connaissance du cœur des femmes et dans la peinture des divers mouvements de l'amour d'Ariane. C'est avec beaucoup d'art que , prolongeant autant que possible l'erreur de la crédulité d'Ariane, sans blesser la vraisemblance, il donne pour rivale et pour confidente
à celte jeune princesse une sœur adorée , l'amie de son enfance et la compagne volontaire de sa destiae'e. Il faudra que Thésée ait pris la fuite avec Phèdre pour qu'Ariane puisse croii'e à la trahison de sa sœur. Peu de scènes sont plus saisissantes que celle où Phèdre , après avoir reçu les confidences d'une sœur qui la supplie de lui ramener le cœur de Thésée , entend les menaces de vengeance et de mort prononcées parle désespoir d'Ariane contre sa rivale inconnue et présente! Une actrice habile et douée du talent de reproduire , à l'aide d'une savante pantomiuie , les mouvements d'une àme agitée par le remords et par la terreur, produirait ici un effet extraordinaire sur les spectateurs; mais les passions tragiques ont chez nous aujourd'hui pour interprètes des figures immobiles et muettes comme le marbre auquel un grand artiste n'a point donné la parole et la vie. Heureux le poète s'il eût su emprunter à Racine, son maître, la pureté , le goût , la correction soutenue, la variété , la mélodie, les mouvements passionnés et tous les savants mystères d'un style qui faisait l'admiration, la terreur et le désespoir de Voltaire. Pourquoi faut-il que Thomas Coi'ueille, entraîné par une immense et déploi"able facilité, incapable de la constance qui travaille, de la sévérité qui châtie, du goût qui perfectionne, se soit tellement accoutumé à une manière expéditive, que sa tragédie offre souvent toutes les incorrections, toutes les négligences, tous les défauts de ces improvisations di'araaliques que Paris a entendues de nos jours? Thomas s'est essayé avec peu de succès dans le genre lyrique; sa version des Métamorphoses et de quelques Héroïdes d'Ovide , pillée sans scrupule par Saint-Ange , renferme d'assez nombreuses beautés, et mérite d'autant plus d'éloges, qu'au temps de son apparition, l'art de traduire en vers était encore à l'état d'enfance. Thomas fut admis à l'unanimité par l'Académie française, comme successeur de son illustre frère ; dans cette Académie comme dans celle des inscriptions et belles-lettres , il se fit remarquer par son érudition , par sa vaste littérature et par les talents d'un grammairien consommé. On lui doit un supplément au dictionnaire de l'Académie française , et un grand dictionnaire géographique qu'il acheva malgré la cécité dont il fut affligé sur la fin de sa vie. 11 mourut aux Andelys la nuit du 8 au 9 décembre 1709, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, trois mois et quelques jours, sans que son esprit et son talent eussent connu le déclin.
8 lES NORMANDS ILLUSTRES.
Modeste, affable, toujours prêt à louer le mérite d'autrui, bienfaisaul, reli{jieux sans faste de dévotion, Thomas possédait toutes les vertus de son Irère avec plus d'agrément dans l'esprit et plus de grâce dans le monde. Jamais on ne connut de vie plus innocente que celle des deux frères; on aurait pu graver sur le frontispice de leur maison ces belles [)aroles de Lucain : Sacra domus, sanclique pénates.
p.. F. TISSOT,
de l'Académie française.
NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
I. OEcvniîs BRAMÀTiQUEs; nouvelle édillon. Paris, 1706, 1722; 5 vol. in-12.
II. Les mêmes, sous le litre de Poèmes dramatiques; nouvelle édition (publiée par F. -A. Jolly). Paris, Martin , 1738; 5 vol. in-12.
m. Les mêmes. Paris, Le Clerc, 1747; 5 vol. in-12 avec portrait. Le théâtre choisi de Thomas Corneille a élé imprimé un grand nombre de fois à la suite des œuvres dramatiques de son frère.
IV. DicTioMNAiRE DES ARTS ET DES SCIENCES, pour servlr de supplément au Dictionnaire de l'Académie; troisième édition, revue par Fonfenelle et augmentée pour les mathématiques et la physique. Paris, Coignard, 1782; 2 vol. in-folio.
V. Dictionnaire UNIVERSEL, géographique et historique. Paris, 1703; 2 vol. in-folio.
VI. Observations de l'Académie française sur les Remarques de M. de Vaugelas. Paris, 1704, 111-4"; La Haye, 1705, 2 vol. in-12.
VII. Remarques de M. de Vaugelas sur la langue française, avec des notes; nouvelle édition. Paris, 1738; 3 vol. in-12.
Il y a deux précédentes éditions. Paris, 1687; Rotterdam, 1690, 1 vol in-12.
VIII. Métamorphoses d'Ovide, traduites en vers français par Th. Corneille; nouvelle édition. Paris, 1700; 3 vol. in-12 avec fig.