MADAME DR VILLEDIEU
Et s^ parler incessamment, Les beaux esprits de langue bien disante
Disent, avec étonnement :
Que peut dire celle innocente,
Et que répond ce sot amant?
Taisez-vous, beaux esprits, votre erreur est extrême; Ils se disent cent fois, tour à tour, je vous aime! En amour, c'est parler assez éléi:;amiinenf.
Nous fermons ici le livre d'or de madame de Villedien. .. Rosa romni invocaret... Voyons ses romans.
Les Désordres de l'amour, œuvre ayant pour corollaire le Porlrail des faiblesses humaines. Le loni peint de main de maître.
Dans son Porlrail des faiblesses humaines , madame de Villedien semble avoir taillé la phime de Fénelon. C'est ainsi que dans son Iroisième exemple, elle démontre les snblimes avantages delà royauté.
« Ne vous imaginez-vous point la joie que doit avoir un homme de '< se trouver choisi des dieux pour exercer leur ministère sur la terre ''! « Que fait dans le ciel le plus grand des dieux, qu'un roi parfait ne '< fasse dans son royaume? J'avoue que la puissance divine est éter- ' nelle, et que celle d'un monarque est passagère. Je conviens encore " qu'un souverain n'est al)solu que sur ses sujels, et que Jupiter l'esl " sur toutes ses créatures. Mais, ces exceptions faites, un bon roi fail > la félicité de son peuple, comme les dieux fout celle des hommes. » La prospérité des gens de bien, et la punition des méchaïUs, dépen- " dent souverainement de lui. A la vérité, quand c'est un prince faible < ou voluptueux, qui, par timidité, ou pour n'être pas troublé dans ses " plaisirs, se remet de tous ses soins sur la personne d'un favori, il ne « doit pas trouver de grands avantages dans le commandement absolu, « car, à proprement parler, il ne le possède pas. Mais quand un roi '< s'acquitte dignement de ses légitimes devoirs, sa vigilance est une " participation de la Providence divine, sur laquelle ses sujets repo- « sent en pleine sûreté. Les guerres justes qu'il entreprend le font « craindre, la paix qui les suit le fait aimer ; et pourvu que ses légi- « times devoirs occupent la première place de son cœur, ce qu'il goûte « ensuite de plaisirs sont des plaisirs indéjiendanls qu'aucune loi " humaine ne peni ircmbler. »
Cannniile, Alcidaniit', ;i(loiMl»lrs idvllcs (iiToii crcdrjiil loiiibrrs <lii |»in('('aii «l'Ovide.
Les Galanlcrics grenadines, uriontîil*' (liiriic di' s«iii|)iici' dniis les fiinnuronses Cdloiiiiiures de rAlli;iinl»ra 1...
Les Amours des grands hommes, délicieuse lanlenie ni<'if:i(|ii(' (|iii vniis iiioiilce, cliîK^un à son lour, Salon, le sévère lé^MsIe, iti-èl à liriscr les lalilcs draconiennes ponr la lilled'Aniiihiclès: — Socrale . anioiufiix (le Timandre, el faisant à Mfjrlo, sa l'einnie, (jiii lui rcprncliail sihi iiilidélilc, celle réponse (|u'on devrail graver sur loiiles les pièces de mariage : « Mais, Mijrlo, esl-cc jiar voire expérience que vous jugez si mal " de la vertu de votre sexe?... Ou ne devrait soup(;onner autrui que « des faiblesses dont on est capable... » — Jides César, amoureux avant d'être conquérant; — Calon d' ihiqne , amoureux de Marlia, nu point de vouloir se faire enfonceur de portes ; — Bnssy d'Amhoise, riioinme an cœur de fer, se disputant , avec deux menius le duc de (iuise et LigneroUes , l'amour de la marécliale de Sainl-Andre, veuve de son ciiu|uanlième ! — AJeibiade sacrifiant Socrale à la fenuue de l'ériclès, Aspasie, qui sacrifiait Tbrasibnlc à Alcibiade!...
Les Exilés^ où nous trouvons ce singulier argument, ((u'une femme peut être infidèle à son mari, pourvu ([ue ce ne soit que par le cœur.
Et le Journal amoureux, et Don Carlos, et Vflhistre Parisienne, eic... Nous l'avouons frain-bement, c'est à propos (pie nous rencontrons celle particule abréviative, sans lacjnelle il nous faudrait (bqiasser les proportions auxquelles cette œuvre est soumise, si nous usions du droit que M. Rai'alle luuis a concédé de puiser dans sa belle et sévère bibliotbèqne.
Nous ue parlerons point du théâtre de madame de Villedieu. Elle a fait trois choses de trop : Manlius, Nitélis elle Favori. Et pourlanl. (pielle h'agédie ne ferail jtlace à celle u(d)le v\ fougueuse poésie '