MADAME DE VILLEDIEU
« pulc ni (le romporlemoni, donl la simplicilé fail la force, et la iiiidilé « le plus grand oruemenl. J'ai une fort grande fîerlé; mais comme « elle ne sied bien qu'aux belles, et que je ne suis pas de ce nombre, « je tàcbe de mettre en place une douceur qui ne m'est pas si natu- '< relie, mais qui m'est plus convenable. J'aime fort à railler, et ne me « fàcbe jamais qu'on me raille pourvu que je sois présente... «
(]e portrait , (racé avec une naïveté d'autant plus incontestable qu'elle est plus orgueilleuse, ne semble-t-il pas nous dire : lîiograplie, ne t'occupe plus de la femme, songe au poëtc! ' Et nous nous inclinons, disant : Oui, Des Jardins, vous fûtes un admilable poëte, car vous avez traduit l'amour dans la langue du ca>ur.
Vous avez dit :
Une belle bouche in!2;éinio Qui découvre toujours une àme toule nue Aux avides regards d'un curieux amant.
Est un trésor rare et charmant.
C'est ainsi que l'Amour s'exphque avec sa mère; - C'est par de tels discours qu'on rend un homme heureuv.
El rame innocente et sincère Doit seule mériter nos transports et nos vœux.
Vous avez dit mieux encore :
Au moment que l'amour se montre, S'il se fait contre lui quelque coup imporlanf, C'est en évitant sa rencontre Et non pas en le combattant.
Vous êtes d'une pénétration plus fine, d'un goùl plus sur, d'un tact ]dns infaillible (|ue l'auteur de Ce qui plail aux femmes, (piand vous dites :
Vous vous trompez, trop crédules amants,
Quand vous espérez que les dames Immoleront au repos de vos âmes
Leur parure et leurs agréments !
Accommodez votre espoir téméraire
Au triomphe de leur beauté; Ne leur parlez que de vaincre et de plaire,
Si vous voulez être écouté.
A LF.S NOUMANDS ILLUSTRES.
Si voire amour soutient leur qn.-ililédc lielle,
Tous ses effets leur seront doux.
Mais si vos mouvements jaloux A l'esprit de conquête osent faire querelle,"
r.e je no sais quoi, qu'on appelle
Vulgairement loi naturelle Triomphera toujours du devoir et de vous.
El vous, Irislos l)ail)ons, qui marclioz à conqnesle tlo joyeux cl Iciulres c(pnrs, oypz l)i(Mi co que vous )>rnuosti((iie noire dame ilc Vil- Icdirii.
Quand vieux seigneur entreprend jeune dame, îl ne fait qu'aplanir les chemins de son Ame
Pour un plus jeune qui le suit.
Par ses savants conseils, ses ruses, son adresse, Il va semant les germes de tendres.se Dont un aulre cueille le fruit.
Où cliercherions-nous, en fail craniour, nn seulinienl plus magnifique que celui-ci:
Je vous nomme sans que j'y pense; Votre entretien me charme, et je crains votre absence;
J'aime à causer tous vos désirs,
Et votre rencontre imprévue
Me donne de certains plaisirs
Que je ne sens qu'à votre vue.
Je songe à vous malgré moi-même, Je crois vous voir la nuit, je vous cherche le jour.
Si ce n'est pas là comme on aime.
Apprenez-moi ce que c'est que l'amour...
Quelle mouche avail doue j)i((ué ce brave eollaliorateur de la Diblioihèqiie poétique , qui dil de madame de Villedieu, que « bien que sps « senlimeuls soient vifs et délieals , l'espril (vu leur raflinemenl « semble lui venir plus en aide que le cœur?... » Lisez, je vous prie, les vers que ce cousécjueul Arislarque lire du Irésor poélicpie de madame de Villedieu, comme pour se donner le démenli le plus formel.
Quand on voit deux amants d'esprit assez vulgaire Trouver dans leurs discours de quoi se satisfaire