P. BOURGET
5° leu, iOf sont ordinairement dissyllabes : pi-eux, gracieux, vi-olent, péri-ode. Excepté : Dieu, lieu, deux, vieux, mieux, etc.
Lui seul à mon devoir fait cette vi-olence.
(Corneille.)
Le blâme intéri-eur, Dieu juste, est le seul blâme.
/ Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence : On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les deux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Les flots harmoni-eux.
(Lamartine, le Lac.)
6° Ion est dissyllabe : (a) dans les substantifs ; (6) dans la terminaison de la Ire pers. du plur. des verbes en ier : déli-ons, pri-ona ; ajoutez ri-ons ; (c) de même : eemblions, voudri-ona. Ion est monosyllabe dans les autres cas.
L'illusi-on féconde habite dans mon sein.
(Chénier, la Jeune Captive.)
Le li-on du Mi U voit venir l'ours polaire.
Rions, chantons, dit cette troupe impie.
(Racine.)
Nous écoutions chanter les astres et la mer.
(H. Cazalis.)
7" Oe est dissyllabe : po-ète, po-ésie. Excepté : poêle, moelle, moelleux.
8° Oua, ouer^ ouir, sont dissyllabes : dénou-a, lou-ange, avou-er, éhlou-ir, Lou-is. Excepté : fouet, fouetter, oui.
Comme un jou-et vivant ta droite m'a saisi.
(Lamartine.)
Les captifs sous le fouet travaillaient dès l'aurore.
(V. H., Les Bur graves,)
9*^ Ua, ué, uè, uer, ueur, ueux, sont dissyllabes : persuader, du-el, tii-er, su-eur, vertu-eux. Excepté : écuelle. Eemarquez cependant les exemples qui suivent.
Nous, des duels avec vous ! Arrière I assassins I
{Hermani.)
Au fond d'un antre sauvage Un satyre et ses enfants Allaient manger leur potage Et prendre l'é-cu-elle aux dents.
(La Fontaine.)
10° Ui est ordinairement monosyllabe : lui fuir. Excepté : fiu-ide, m~ine, bru-ine.
Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi...
(Racine.)
L'herbe tremble et bru-it comme une multitude.
ELISION 67
ARTICLE m
De réiision et de l'hiatus.
1. Qu'est-ce que l'élision ? — 2. Remarques sur la règle de l'élision. — 3. De l'hiatus.
1. Qu'est-ce qne l'élisioii ? — Toute syllabe, muette ou sonore, compte dans la mesure du vers (1). Il n'y a d'exception que, 1° pour la syllabe muette à la fin d'un vers, et, 2° dans le corps d'un vers pour Ve muet devant un mot commençant par une voyelle ou par une h muette, car Ve muet, ' en ce cas, est élidé. 'L'élision est donc le retranchement de , ' Ve muet, suivi ou nom de s ou de ni, dans les deux occurrences ci-dessus mentionnées.
Nos plus heureux succès sont mêlés de tristesse.
(Corneille.) Quelques crimes toujours précèdent les grands crimes.^
(Racine.)
Par d'illustres eôorts les grands cœurs se connaisse»^.
(Corneille.^
Ne veuillez pas vous perdre, et vous êtes sauvé.
(Le même.) L'argent en honnête homme érige un un scélérat.
(BOILBAU.)