‹ Poétique et rhétoriqueChapitre 12 sur 92 · P. BOURGET · texte numérisé non relu

P. BOURGET

5° leu, iOf sont ordinairement dissyllabes : pi-eux, gracieux, vi-olent, péri-ode. Excepté : Dieu, lieu, deux, vieux, mieux, etc.

Lui seul à mon devoir fait cette vi-olence.

(Corneille.)

Le blâme intéri-eur, Dieu juste, est le seul blâme.

/ Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence : On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les deux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Les flots harmoni-eux.

(Lamartine, le Lac.)

6° Ion est dissyllabe : (a) dans les substantifs ; (6) dans la terminaison de la Ire pers. du plur. des verbes en ier : déli-ons, pri-ona ; ajoutez ri-ons ; (c) de même : eemblions, voudri-ona. Ion est monosyllabe dans les autres cas.

L'illusi-on féconde habite dans mon sein.

(Chénier, la Jeune Captive.)

Le li-on du Mi U voit venir l'ours polaire.

Rions, chantons, dit cette troupe impie.

(Racine.)

Nous écoutions chanter les astres et la mer.

(H. Cazalis.)

7" Oe est dissyllabe : po-ète, po-ésie. Excepté : poêle, moelle, moelleux.

8° Oua, ouer^ ouir, sont dissyllabes : dénou-a, lou-ange, avou-er, éhlou-ir, Lou-is. Excepté : fouet, fouetter, oui.

Comme un jou-et vivant ta droite m'a saisi.

(Lamartine.)

Les captifs sous le fouet travaillaient dès l'aurore.

(V. H., Les Bur graves,)

9*^ Ua, ué, uè, uer, ueur, ueux, sont dissyllabes : persuader, du-el, tii-er, su-eur, vertu-eux. Excepté : écuelle. Eemarquez cependant les exemples qui suivent.

Nous, des duels avec vous ! Arrière I assassins I

{Hermani.)

Au fond d'un antre sauvage Un satyre et ses enfants Allaient manger leur potage Et prendre l'é-cu-elle aux dents.

(La Fontaine.)

10° Ui est ordinairement monosyllabe : lui fuir. Excepté : fiu-ide, m~ine, bru-ine.

Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi...

(Racine.)

L'herbe tremble et bru-it comme une multitude.

ELISION 67

ARTICLE m

De réiision et de l'hiatus.

1. Qu'est-ce que l'élision ? — 2. Remarques sur la règle de l'élision. — 3. De l'hiatus.

1. Qu'est-ce qne l'élisioii ? — Toute syllabe, muette ou sonore, compte dans la mesure du vers (1). Il n'y a d'exception que, 1° pour la syllabe muette à la fin d'un vers, et, 2° dans le corps d'un vers pour Ve muet devant un mot commençant par une voyelle ou par une h muette, car Ve muet, ' en ce cas, est élidé. 'L'élision est donc le retranchement de , ' Ve muet, suivi ou nom de s ou de ni, dans les deux occurrences ci-dessus mentionnées.

Nos plus heureux succès sont mêlés de tristesse.

(Corneille.) Quelques crimes toujours précèdent les grands crimes.^

(Racine.)

Par d'illustres eôorts les grands cœurs se connaisse»^.

(Corneille.^

Ne veuillez pas vous perdre, et vous êtes sauvé.

(Le même.) L'argent en honnête homme érige un un scélérat.

(BOILBAU.)

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