‹ Poétique et rhétoriqueChapitre 13 sur 92 · Remarques sur la règle de l'élision. — 1*^ L'g · texte numérisé non relu

Remarques sur la règle de l'élision. — 1*^ L'g

muet, dans le corps d'un vers, ne s'élide pas : (a) Devant une consonne ou une h aspirée.

Tout annonce, à mes yeux, vo-tre haute naissance.

(Voltaibe.)

Le mas-que tom-be, l'hom-me reste, Et le héros s'évanouit.

(J . B. RoTJSSEAir.)

Byron se dressera, le poè-te héros.

(1) Il n'en est pas de même dans la prononciation ; on ne doit pas y faire sentir les finales muettes. — L'art d'écrire^ p. 14.

(6) S'il est suivi de s ou de nt :

Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces.

(BOILEAU

J'aime la majesté des souflFran-ces humaines.

(VlONY.)

2° L'e muet précédé d'une voyelle, comme dans vie, vv>e, voiCf doit être élidé.

Je plie et ne romps pas.

(La Fontaine.)

La coupe dans mes mains s'est brt^ée encore pleine.

(Lamartinr.) Les vers suivants sont mauvais :

La vie n'est qu'un fardeau pour l'homme désœuvré. Un impie, de tout temps, fut un monstre odieux.

Il résulte de là que les mots terminés par un e muet suivi de s ou nt : joies, envient, tu appuies, n'ont de place qu'à la fin du vers, à la rime.

Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient. Leur courage renaît, et leurs terreui's si' oublient.

(Corneille, Le Cid.)

La 3e pers. plur. du subj. des auxiliaires avoir, être : soient, aient, fait exception à cette règle ; de même la finale plurielle des imparfaits ; de même le mot fuient.

Qu'ils soient comme la poudre et la paille légère Que le vent chasse devant lui I

(Racine, Esther.)

Les mondes y«îen^, pareils à des graines vannées.

(Leconte de Lislb.)

Mes larmes t'implor ai«ni' pour mes tristes enfants.

(Voltaire.)

3° Dans le corps d'un mot, tel que dévouement, gaieté, je prierai, l'e muet s'efface dans la prononciation et dans la mesure du vers.

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