Remarques sur la règle de l'élision. — 1*^ L'g
muet, dans le corps d'un vers, ne s'élide pas : (a) Devant une consonne ou une h aspirée.
Tout annonce, à mes yeux, vo-tre haute naissance.
(Voltaibe.)
Le mas-que tom-be, l'hom-me reste, Et le héros s'évanouit.
(J . B. RoTJSSEAir.)
Byron se dressera, le poè-te héros.
(1) Il n'en est pas de même dans la prononciation ; on ne doit pas y faire sentir les finales muettes. — L'art d'écrire^ p. 14.
(6) S'il est suivi de s ou de nt :
Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces.
(BOILEAU
J'aime la majesté des souflFran-ces humaines.
(VlONY.)
2° L'e muet précédé d'une voyelle, comme dans vie, vv>e, voiCf doit être élidé.
Je plie et ne romps pas.
(La Fontaine.)
La coupe dans mes mains s'est brt^ée encore pleine.
(Lamartinr.) Les vers suivants sont mauvais :
La vie n'est qu'un fardeau pour l'homme désœuvré. Un impie, de tout temps, fut un monstre odieux.
Il résulte de là que les mots terminés par un e muet suivi de s ou nt : joies, envient, tu appuies, n'ont de place qu'à la fin du vers, à la rime.
Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient. Leur courage renaît, et leurs terreui's si' oublient.
(Corneille, Le Cid.)
La 3e pers. plur. du subj. des auxiliaires avoir, être : soient, aient, fait exception à cette règle ; de même la finale plurielle des imparfaits ; de même le mot fuient.
Qu'ils soient comme la poudre et la paille légère Que le vent chasse devant lui I
(Racine, Esther.)
Les mondes y«îen^, pareils à des graines vannées.
(Leconte de Lislb.)
Mes larmes t'implor ai«ni' pour mes tristes enfants.
(Voltaire.)
3° Dans le corps d'un mot, tel que dévouement, gaieté, je prierai, l'e muet s'efface dans la prononciation et dans la mesure du vers.