BALLADE DE CHARLES D'ORLÉANS
l'* stance. Nouvelles ont couru en France,
Par maints lieux, que j'étais mort ; Dont avaient peu déplaisance Aucuns qui me haient, à tort.
Autres en ont eu déconfort, Qui m'aiment de loyal vouloir, Comme mes bons et vrais amis ; Aussi, fais à toutes gens savoir Refrain. Qu'encore est vive la souris.
2® stance. Je n'ai eu mal ni gravance,
Dieu merci, mais suis sain et fort, Et passe temps en espérance Que paix, qui trop longtemps dort, S'éveillera, et par accord A tous fera liesse avoir.
Pour ce, de Dieu soient maudits Ceux qui sont dolents de voir Refrain. Qu'encore est vive la souris.
3^ atance. Jeunesse sur moi a puissance ; Mais vieillesse fait son effort De m'avoir en sa gouvernance, A présent faillira son sort :
Je suis assez loin de son port, De pleurer veuille garder mon hoir.
Loué soit Dieu du paradis (Qui m'a donné force et pouvoir),
Refrain. Qu'encore est vive la souris.
Envoi. Nul ne porte pour moi le noir :
On vend meilleur marché drap gris.
Or, tienne chacun, pour tout voir Rejrain. Qu'encore est vive la souris.
Toutes les rimes sont en anse, or^ oir et is.
La ballade des poètes romantiques n'a de commun avec l'ancienne qu'une certaine naïveté de ton et cette répétition fréquente d'une même idée qui ressemble à un refrain. A l'apparition des Odes et Ballades de V. Hugo (1822), d'au-