‹ Poils et ongles, leurs organes producteursChapitre 9 sur 27 · ARTICLE PREMIER. ANATOMIE DESCRIPTIVE DES ONGLES · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER. ANATOMIE DESCRIPTIVE DES ONGLES

§ 1. — Caractères généraux.

Les ongles font partie d'un système défensif rudimentaire chez Thomme, très développé chez plusieurs animaux, où il se montre aux membres, à la tête, sur le tronc. Dans notre espèce, ce système n'est représenté qu'à l'extrémité des membres, par des lames qui semblent bien plutôt faites pour la protection que pour l'attaque.

En effet, lorsqu'on examine la dernière phalange d'un doigt ou d'un orteil chez l'homme, l'ongle apparaît à sa face dorsale, sous la forme d'une lame élastique et résistante, qui adhère au tégument dans la majeure partie de son étendue et se projette au-dessus de la pulpe du doigt en formant avec elle une rigole (rigole sous-unguéaie), dont le fond est appelé, par Renaut, angle de Vongle.

Détaché des parties auxquelles il adhère, l'ongle a la forme d'une lame mince et transparente, analogue à une lame de corne, concave sur une de ses faces, convexe sur la face opposée. Pour en faire la description, on la divise en faces et en bords.

Face externe. — D'une manière générale, cette face est assez fortement convexe d'un côté à l'autre, plane ou très légèrement bombée d'avant en arrière. On peut y

reconnaître normalement quelques saillies longitudinales plus ou moins évidentes.

L'aspect de cette face n'est pas le même dans toute son étendue. Lorsqu'on considère l'ongle en connexion avec lestés^uments, on ne voit qu'une portion de sa surface; le reste est caché par un repli cutané au-dessous duquel il s'enfonce. Ce repli, derme sus-unguéal (Sappey), manteau (Renaut), recouvre l'ongle en arrière et sur les côtés, mais il manque en avant, où l'ongle se termine par une extrémité libre plus ou moins saillante. Cette description sommaire de l'ongle peut déjà nous permettre de diviser sa face superficielle en trois portions, une extrémité libre, une portion qui lui fait suite en arrière ou corps, une portion cachée ou racine.

U extrémité libre, plus ou moins étendue suivant les sujets, se continue directement avec le corps de l'ongle; elle s'en distingue par sa coloration apparente ; tandis que le corps possède une couleur rose, la portion libre est blanchâtre, mais cette différence de coloration tient à la séparation de l'ongle des téguments, à ce niveau. On peut, en décollant artificiellement l'ongle, voir la couleur blanche dans les points décollés; sur un ongle séparé des téguments, il n'y a pas entre ses parties de différence de coloration.

Le corps de Vongle se continue avec la portion libre. Le corps de l'ongle est limité en arrière parle bord du derme sus-unguéal ; ce bord est parabolique; il offre une concavité dirigée en avant.

On distingue généralement dans le corps de l'ongle deux parties, l'une antérieure très étendue, de couleur rose; l'autre postérieure plus petite, parfois à peine visible, de

couleur blanche, se distinguant nettement de la première par un bord convexe en avant.

Cette partie postérieure, limitée d'un autre côté par le bord du derme sus-unguéal prend le nora de Lunule.

La racine de Vongle, pour beaucoup d'auteurs, est purement et simplement la partie cachée. Sa forme générale est celle d'un croissant limité par deux lignes paraboliques entre le bord du derme sus-unguéal en avant, le bord postérieur latéral de l'ongle en arrière et sur les côtés; ce croissant s'amincit à droite et à gauche et se termine en pointe là où commence de chaque côté l'extrémité libre de l'ongle. La racine est d'une couleur blanchâtre ainsi que la lunule, avec laquelle elle parait directement se continuer, et, à proprement parler, la racine comprend la portion de l'ongle qui s'étend du fond de la rainure unguéale au bord antérieur de la lunule.

Tel est l'aspectde l'ongle considéré en place, lorsque par la dissection on l'a découvert dans toute soa étendue. C'est ainsi qu'on arrive à le diviser en trois parties, et cela grâce à sa coloration; mais celle-ci n'est due qu'à la transparence de l'ongle, à travers lequel on peut voir le derme sous-jacent. Au contraire, lorsqu'on examine un ongle cjmplètement détaché du doigt, la face dr rsale se présente sous la forme d'une surface continue dans laquelle on ne peut reconnaître les divisions que nous avons établies.

Face interne. — Cette face est concave dans le sens transversal ; d'avant en arrière, elle est plane dans ses 2/3 antérieurs, excavée dans son tiers postérieur. La portion plane correspond à l'extrémité libre et au corps, la partie excavée, à la racine. Dans toute son étendue, la portion plane

— S4 — OU limbique est pourvue de sillons plus ou moins profonds, longitudinaux, parallèles, peu marqués en avant et sur la racine, très nets dans la portion adhérente,

La partie postérieure ou concave correspond à la racine de l'ongle ; on peut facilement constater sa disposition sur une coupe longitudinale de la dernière phalange. La surface de cette partie postérieure de l'ongle diffère de l'antérieure par l'absence des sillons longitudinaux.

Circonférence de V ongle. — Elle est très variable suivant les points que l'on considère. En arrière et sur les côtés, le pouitour de l'ongle présente une forme parabolique, en avant, dans la partie libre, sa forme n'a rien de constant. Cependant on remarque, d'une manière générale, que le bord de l'ongle présente partout une ligne courbe sans prolongements ni dentelures.

Epaisseur. — Elle peut s'étudier sur des coupes antéropostérieures et sur des coupes transversales. Sur les coupes dirigées d'avant en arrière, on voit que cette épaisseur est à peu près invariable dans toute la portion antérieure ; en arrière, au contraire, grâce à l'excavation que nous avons décrite, l'épaisseur devient de moins en moins considérable, en sorte que l'ongle se:nble se terminer en pointe. Surune coupetransversale,on voitquel'épaisseurest au maximum dans le centre et diminue sur les bords ; plus la coupe transversale se rapprochera de la partie antérieure de l'ongle, moins ces différences seront accentuées.

L'épaisseur de l'ongle chez l'homme est sensiblement plus grande que chez la femme, Esbach (1) a pris des me-

(1) In thèse de Paris, 1876.

— assures sur une cinquantaine de personnes des deux sexes , il a obtenu la moyenne suivante : 34,6 centièmes de millimètre pour la femme ; 38,4 pour l'homme.

§ II. — Caractères particuliers.

La forme générale de l'ongle n'est pas la même au pied et à la main, ni à tous les doigts.

A la main, l'ongle à la fois le plus épais et le plus étendu en surface est celui du pouce ; celui du petit doigt est au contraire le plus petit. Des différences semblables s'observent au pied ; le gros orteil possède un ongle volumineux, le cinquième orteil porte un ongle très petit. Souventmême, déformé parla chaussure, celui-ci se présente sous forme d'un petit tubercule corné que l'on reconnaîtrait à peine pour un ongle.

Chacune des parties de l'ongle présente des différences ndividuelles considérables. Le lunule, par exemple, est peu visible sur quelques sujets, et d'ordinaire c'est au pied qu'elle est le moins apparente. Le corps de l'ongle est tantôt presque plat d'un côté à l'autre, tantôt fortement bombé, et de même d'avant en arrière.

L'extrémité antérieure, ordinairement courte, soit qu'on la retranche, soit qu'elle s'use par les frottements, peut acquérir des dimensions considérables, lorsqu'on laisse sa croissance s'opérer indéfiniment. Elle peut alors atteindre jusque 3 ou 5 cent, de longueur. Dans ces cas, l'ongle se recourbe vers la pulpe du doigt ou de l'orteil en prenant la forme d'une griffe. M. Sappey a remarqué que ces ongles monstrueux présentent des sillons curvilignes transversaux « qui se succèdent d'arrière en avant et qui rappcl-

Arloing. 6

— Soient assez bien les stries circulaires et parallèles des cornes des ruminants. » Le plus souvent, cette saillie des ongles, gênant le toucher pour la main, la marche pour le pied, est excisée à mesure qu'elle se produit.

Les peuples de l'Asie orientale laissent croître leurs ongles indéfiniment ; d'après Hamilton, cité par KôUiker, les ongles peuvent acquérir un pouce et demi et deux pouces, chez les Chinois, les Annamites, et se recourber autour des extrémités des doigts et des orteils.

La profession des individus exerce une grande influence sur la forme ou l'épaisseur de l'un ou de C[uelques-uns des ongles de la main. Les teinturiers ont les ongles amincis par les substances qu'ils manient ; les personnes qui touchent des alcalis ont les ongles rugueux, relevés en cupule sur les bords (Bail) ; les pastilleurs ont l'ongle du pouce droit déformé et usé ; l'usure porte sur la partie externe, chez les écosseuses de pois, etc., etc. Toutes ces variétés qui tiennent à l'usage C|ue l'homme fait de ses doigts sont loijguement exposées dans les traités et les thèses sur la médecine légale.

Article IL — Disposition générale des organes

PRODUCTEURS DE l'oNGLE.

Nous avons déjà vu que l'ongle est recouvert en partie par un repli cutané ou derme sus-unguéal. D'un autre côté, il adhère profondément au derme sous-jacent, que l'on nomme derme sous-unguéal. A la réunion des parties sus et sous-unguéales est un sillon, la gouttière ou rainure unguéale. Nous décriions successivement ces différents oreanes,

A. Le derme sus-unguéaL est un repli cutané recouvrant l'ongle en arrière et sur les côtés. A la coupe, il offre l'aspect d'un triangle dont le sommet est dirigé vers le corps de l'ongle. La face superficielle ?e continue indistinctement avec le tégument des doigts ; la face profonde, adhérente à l'ongle, est lisse sur preoque toute son étendue (fig. 13), son bord libre est aminci au milieu, plus obtus sur les côtés.

La profondeur de ce repli atteint son maximum sur la ligne médiane ; de chaque côté de l'ongle, sa profondeur diminue, de sorte que, en se rapprochant de son bord libre, c'est à peine si le derme sus-unguéal recouvre l'ongle.

La rainure unguéale située à la réunion des parties sus et sous-unguéales du derme est plus ou moins profonde, selon l'étendue du repli sus-unguéal. Aussi est-ce en arrière et sur la ligne médiane, qu'elle offre sa plus grande profondeur. Là, elle forme un angle très aigu, dans lequel est reçu l'ongle, qui, à ce niveau, se termine par un bord tranchant. Sur les côtés, au contraire, à mesure que le bord de l'ongle s'épaissit, la gouttière forme un angle de moins en moins aigu ; elle finit même par s'effacer insensiblement en avant.

La partie postérieure de cette rainure a reçu un nom particulier en rapport avec le rôle producteur qu'on lui attribuait. On l'a nommée matrice de Vongle.

B. Le derme sous-iniyweaZ comprend toute l'étendue du derme, situé à la face profonde de l'ongle. On le divise d'ordinaire en deux portions : Tune, comprenant ses deux tiers antérieurs, est rouge ; l'autre, limitée au tiers postérieur, est pâle; cette partie blanche est séparée de la précédente par un bord arrondi à convexité antérieure ; elle correspond à la lunule et à la racine de l'ongle.

Outre cette différence d'aspect, ces deux parties présentent encore des caractères tranchés. La partie antérieure, convexe transversalement, est plane d'avant en arrière. Au contraire, la portion postérieure est bombée dans le même sens, ainsi qu'on peut le voir sur des coupes longitudinales. De plus, le derme sous-nnguéal présente une série de saillies longitudinales, sur lesquelles s'est moulée la face profonde de l'ongle. Ces saillies, décrites par Henle, semblent partir d'un centre commun, occupant la partie médiane de la gouttière unguéale. De là elles se dirigent, les médianes directement en avant, les latérales un peu en dehors, en décrivant une courbe d'autant plus large qu'elles sont plus externes, pour se porter en avant parallèlement aux premières et se terminer brusquement au niveau de l'extrémité libre de l'ongle. 11 est facile de voir, à l'œil nu ou armé d'une loupe, que ces saillies^ très prononcées en avant, sont à peine marquées en arrière. En effet, dans toute la portion bombée, ces crêtes sont à peine appréciables ; puis, à la partie antérieure, elles prennent brusquement un volume considérable et forment de véritables lames. Ces différences dans l'aspect du derme sous-unguéalnous amènentà le diviser en deux parties distinctes; l'une antérieure, l'autre postérieure. Nous appellerons la première lit de l'ongle, en lui réservant ce nom généralement appliqué à tout le derme sous-unguéal. Nous verrons bientôt quel rôle joue la seconde comme organe producteur ; nous lui donnerons le nom de matrice de l'ongle, que les classiques ont réservé au fond de la rainure unguéale. Enfin no'js exposerons ultérieurement les raisons qui nous font proposer, dès maintenant, de donner au pli sus-unguéal le nom de matrice du périonyx.

Article III. — Structure des ongles et de leurs

ORGANES producteurs.

§ 1. — Ongles.

Les ongles sont des édifications épidermiques et, comme tels, possèdent une structure simple. Toutefois, elle ne reproduit pas exactement celle de l'épiderme, et elle n'est pas identique dans tous les points ; de là l'utilité d'en faire une description spéciale.

Nous avons vu que si l'on pratique une coupe longitudinale ou transversale de l'extrémité du doigt, on reconnaît, en allant du dos de l'ongle au derme sous-unguéal : 1° une couche opaque qui tend à envahir de toutes parts la surface libre de l'ongle, en procédant de la périphérie au centre, couche cornée sus-unguéale (Sappey) , manteau (Renaut), que nous proposons de désigner sous le nom de périonyx (TCspi, autour; ovu;, ongle); 2° l'ongle proprement dit; 3° un stratum de cellules molles.

Etudions chacune de ces parties.

A. he périonyx se présente avec tout son développement sur l'ongle du fœtus qu'il recouvre entièrement. Chez l'adulte, il disparaît plus ou moins complètement suivant les chances d'usure auxquelles il est exposé ou le raffinement que l'on apporte à la toilette de la main; mais on le voit sans cesse descendre du pli sus-unguéal et remonter du fond des sillons latéraux dans lesquels l'ongle est serti.

Cette lamelle se dissocie et se désagrège naturellement, dans les points où elle est exposée aux frottements, en

écailles dans lesquelles les alcalis et les acides minéraux décèlent la présence de cellules épidermiques semblables à celle.s du stratum corneum.

Sur une coupe longitudinale de l'extrémité faite dans le plan médian, on le voit, avec ses caractère histologiques particuliers, s'insinuer au-dessous du pli sus-unguéal, entre le corps muqueux de ce dernier et la face externe de la racine de l'ongle, tandis qu'il se confond, en avant du pli sus-unguéal, avec le straf in72 corneum de l'épiderme cutané, d'une part, et la face externe du limbe cornéal d'autre part. (V. fig. 13, 5).

Fie, 13.

Coupe schématique de l'exti-émité d'ua doigt. 1, matrice de l'ongle; 2, lit de l'ongle; 3, ongle; 4, matrice du périonyx; 5, périonyx.

B. L'ongle proprement dit offre sur une coupe les apparences d'une lame homogène translucide. Cependant,

même avec des grossissements faibles, on voit des striés et des granulations dans son épaisseur. Si l'on additionne la préparation de soude, de] potasse ou d'un acide minéral, les stries deviennent plus apparentes. Avec un grossissement plus fort, on s'assure que les stries sont produites par les contours d'écaillés épidermiques que l'on peut, à leur tour, et avec les mêmes réactifs, décomposer en cellules polygonales, de 27 à 36 f/, (Kôlliker), à contours nets, toutes munies d'un noyau de 7 à 9a, rond quand il est vu de face, elliptique lorsqu'il est vu de profil. Elles résistent aux réactifs colorants.

Partout, dans l'ongle normal, ces cellules sont étalées parallèlement au derme sous-unguéal. Elles adhèrent fortement les unes aux autres, et, de plus, acquièrent et conservent dans tout le limbe une translucidité qui permet d'apercevoir, à travers ce dernier, la couleur du sang des capillaires du lit de l'ongle. Près de la face interne, elles prennent, sur une certaine épaisseur, les caractères du •tratum lucidum de l'épiderme.

C. La couche interposée entre l'ongle et le derme sousunguéal est entièrement formée de cellules; elle se continue aux bords de l'ongle avec les couches profondes de l'épiderme (Voir fig. 14), et se colore assez vivement par le carmin et l'hématoxyline.

Cette couche commence, au contact des sillons et des plis de Henle, par une rangée de cellules prismatiques ou elliptiques, normales à la surface dermique analogue par conséquent aux cellules génératrices de l'épiderme. Audessus, plie présente des cellules dont la forme varie, à ce qu'il nous a semblé, avec celle des intervalles qu'elles comblent. Si elles occupent un sillon étroit, elles s'allongent beaucoup, et se disposent en faisceaux ascendants qui, au mi-

lieu de la hauteur du pli de Henle, divergent en entonnoir pour recevoir un prolongement hyalin du straium lycidum complètement kératinisé qui pénètre dans l'intervalle de chacun des plis comme un coin. Ce prolongement est la section d'une crête cornée émanée du limbe unguéal (Renaut) (1). Si elles comblent un sillon large, elles prennent une forme polyédrique par pression réciproque, dans le fond de l'intervalle interpapillaire, puis s'allongent ou s'aplatissent brusquement en arrivant au contact du stratum lucidum. Cette disposition se montre constamment au niveau de la lunule.

Dans cette région, Ranvier (2) a lait connaître récemment des cellules polymorphes, lesquelles se présentent tantôt comme de larges plaques striées, rameuses ou dentelées, contenant un semis granuleux de substance kératogène. C'est à l'irrégularité et au contenu de ces cellules qu'il faudrait attribuer, selon Ranvier, la coloration blanche de la lunule.

Déjà, Renaut avait décrit (3), au voisinage du sillon de l'ongle, un épaississement lenticulaire dont les cellules sont chargées de pigment et de granulations réfringentes. Souvent, ajoute l'auteur, l'aire elliptique qui en résulte dépasse le bord d'; sillon unguéal et dessine la lunule qui, chez certaines races humaines, en particulier chez les nègres, présente une coloration bleuâtre due à l'existence d'une pigmentation abondante.

Ces cellules pigmentaires s'étendent-elles, chez le nègre, à la surface du lit de l'ongle? On le croirait, d'après les ci-

(1) Communication écrite.

(2) Chambard ; Revue générale de l'anat. norm. et patholog. de la peau. In Ann. de dermatologie et syphiligr., avril 1880.

(3) In Annales de dermatologie, 1878.

tations faites, dans Kôlliker, des observations de Béclard et Krause; cependant, nous inclinons à repousser cette manière de voir, car, chez les animaux dont la corne est colorée en noir, les cellules pigmentées sont exclusivement placées à la surface de la matrice de l'ongle, jamais à la surface du lit.

Toujours est-il cjue les cellules intercalées entre les plis et sillons de Henle et la face interne de l'ongle et cjui occupent la place de la couche génératrice et du corps muqueux de Malpighi se chargent d'emblée d'une certaine quantité de kératine. Lakératinisation s'opère ici sans l'intervention du stratum graniilosum qui manque à ce niveau, comme Heynold (1) et Renaut (2) l'ont constaté, pour reparaître dans l'épiderme, à l'angle de l'ongle, là où la peau c[uitte la face inférieure de celui-ci. On commence même à trouver d'après ce dernier histologiste, des grains de substance cornée dans la zone ]iérinucléaire des cellules de la couche cylindrique. A défaut de la constatation directe, cjui est très pré cise daEs ce cas, nous pourrions invoquer, en faveur de la kératinisation rapide des cellules du lit de l'ongle, son envahissement par les parasites pilicoles. Alibert, Pinel, Murray, Gibert, Cazenave, Mahon, ont signalé des affections parasitaires des ongles. Bazin a vu positivement que deux parasites des poils et de la gaine radiculaire interne, V achorion Schœnleinii et le tricophyton tonsurans, se développent admirablement dans cette couche et de là dans le limbe unguéal, qu'ils finissent par amincir et perforer, après y avoir provoc[ué des nodosités, des renflements analogues à ceux qu'ils produisent dans la tige des poils.

(ij Beitrag zur Histologie und genèse der Nagels. In Virchow's Arch. t. TLXV.

(2). InLoc. cit.

Virchow et Pursel ont trouvé également des végétaux dans les ongles: mais ils ne les ont pas déterminés.

Cette transformation est importante à retenir, car elle donne au lit de l'ongle des allures pathologiques spéciales. Ainsi la pustule variolique se développe autour de l'ongle, aussi près qu'on peut l'imaginer ; jamais au-dessous. Quelques personne pensent avoir observé des pustules sousunguéales ; mais il est probable qu'elles auront été trompées par les apparences. Effectivement, la pustule peut se montrer dans la pulpe sous-unguéale, à l'angle de l'ongle, et produire une congestion du derme qui s'étend au loin sous lelimbe cornéal oùonraperçoitpartransparence,etenimposer pour une pustule du lit de l'ongle.. Pourquoi cette exception ? Les travaux de Neumann, Auspitz, Rasch, Renaut, Cornil, nous ont appris que le processus de la prépustulation se passe en partie dans la couche muqueuse de l'épiderme, dont les cellule dentelées se gonflent, se convertissent en vésicules, s'ouvrent et forment en partie, une sorte de réticulum qui cloisonne la pustule. Or, pareil ramollissement est impossible dans des cellules déjà imprégnées de kératine. L'absence de pustules varioliques sous-unguéales trouverait donc dans la kératinisation précoce des cellules du lit de l'ongle une explication rationnelle.

Nous ferons même remarquer que ces cellules adhèrent moins intimement â l'ongle qu'au derme sous-unguéal ; aussi restent-elles appliquées sur ce dernier, lorsque l'ongle est enlevé accidentellement ou dans un but chirurgical, et, comme elles ont relativement une grande solidité, elles protègent efficacement les crêtes et les papilles qu'elles recouvrent contre l'action des corps extérieurs (Sappey).

En résumé, à la hauteur du lit de l'ongle, on verra, en procédant de dedans en dehors: 1° la couche de cellules cy-

lindriques; 2'' le corps muqueux plus ou moins flbroïde: S" le stratum lucidum ; 4*' le limbe unguéal ; 5° le périonyx (près des bords),

§ IL — Structure des organes producteurs de l'ongle.

Pour M. Sappej, l'ongle est produit par le cZermepériunguéal. On pourrait dire plus exactement qu'il se forme à la surface du derme péri-unguéal.

Au point de vue descriptif, les tissus sous-unguéaaxsont divisés en trois parties : le derme sous-unguécd, le derme sus-unguéal, la gouttière unguèalc. Mais en nous plaçant au point de vue de la genèse de l'ongle, nous proposerons une autre division. Nous espérons démontrer plus loin que l'ongle proprement dit se forme à la surface de la portion du derme sous-unguéal qui s'étend du fond du sillon supérieur (matrice unguéale de quelques auteurs), jusqu'au bord de la lunule , et c[ui lance à sa naissance, à droite et à gauche, deux étroits prolongements qui descendent dans les gouttières unguéales (fig. 15, A, 2) ; en avant, l'ongle est à peu près purement et simplement supporté, par le derme ; c'est sur celte région qu'il glisse au fur et à mesure de sa croissance. En conséquence, pour nous, la partie supérieure du derme sous-unguéal est la matrice dz l'ongle pro;jrement dite; la partie inférieure est le lit de Vongle. Quant au repli désigné sous le nom de derme sus-unguéal et au rebord de la gouttière unguéale, ils portent à leur base la matrice sur laquelle se développe la lamelle covnée que nous appelons pér^oi^.r.

Les organes producteurs de l'ongle et de son annexe sont donc, savoir : la matrice de l'ongle, la matrice du périonyx.

A. La membrane sous-ungéale se continue de toutesparts avec le derme du reste du doigt ou des orteils ; mais elle s'en distingue dans les régions qui servent réellement de matrice, par la disparition des papilles. Si l'on suit sous le microscope une coupe transversale intéressant les bords de la gouttière unguéale (tig. 14), en allant de dehors en dedans, on constate que les papilles du derme cutané (2) manquent tout-à-coup dans la portion du corps papillaire (4) qui réunit celui-là au lit de l'ongle. Cette portion présente un gonflement (5) qui répond à la coupe de la matrice du périonyx dont les cellules recouvrent le bord latéral de l'ongle (8'). De même, si l'on étudie une coupe du pli sus-unguéal, on trouve des papilles dans la peau fine et rosée qui couvre la phalangette ; on n'en voit plus à la face interne du pli, où existe une autre partie de la matrice du périonyx (fig. 13). Enfin, on a dit précédemment que la surface de la lunule ofi"rait des crêtes à peine sensibles. Au contraire, dans la partie moyenne de la membrane sous-unguéale, destinée à fixer l'ongle, tout en permettant des mouvements de glissement compatibles avec sa croissance physiologique et les déplacements mécaniques qu'il peut subir, le derme sous-unguéal se plisse longitudinalement suivant le mode usité dans l'économie pour la multiplication des surfaces (fig. 14).

En avant, où ces plis longitudmaux cessent, il existe quelques longues papilles isolées, puis on retrouve les papilles de la pulpe du doigt.

Les auteurs classiques n'ont donné que des descriptions très brèves de la structure de la membrane sous-ungéale.

« Le derme qui constitue le pli sus-unguéal et le lit de l'ongle, écrit Kôlliker, est dense et presque entièrement privé de graisse, même dans ses parties profondes; les crê-

tes, les lames et leurs papilles sont très riches en libres élastiques. Il existe de nombreux vaisseaux sanguins, surtout dans la portion antérieure du lit de l'ongle; ils sont

^j^-v5^::'.ii/

Vlijt. i4.

Coupe transversale (1/2 scUématique) moiilraiit les rapporU du bord latéral ce l'ongle avec l'épideriue et de l'ongle avec son lit.

], lit de l'ongle. — 2, derme cutané. — 3, créts du lit de l'ongle ou de Henle. — 4, corps papillaire au point d'union du lit de l'ongle et du derme cutané, — 5, matrice du périonyx. — G, couche cornée de l'épiderme. — 7, périonyx. — 8, ongle. — 8', son bord latéral. — P, Corps muqueux de Malpighi

plus rares en arrière, dans la portion couverte par la racine de l'ongle, et dans la rainure unguéale. » Sappey nous dit que « cette région ne contient ni glandes sébacées, ni glandes siidoripares; son adhérence au périoste sousjacent a pour effet de l'immobiliser. Les artères Cju'il reçoit affectent leur mode de distribution habituelle ; mais les veines sont ici plus volumineuses, dilatées et comme variqueuses sur certains points ; c'est à elles que les ongles sont

redevables de leur coloration rouge ou rosée dans l'état normal, et de la teinte bleuâtre qu'ils prennent sous l'influence de l'asphyxie. »

Nous multiplierions les citations sans rien ajouter d'original à ces deux descriptions. En présence de cette pénurie de matériaux, nous sommes heureux de pouvoir insérer le résultat des recherches que notre ami, M. le professeur Renaut, a entreprises pour nous sur la structure et la vascularisation de la membrane sous-unguéale.

« Jusqu'au niveau de l'angle de l'ongle, ^e tissu fibreux du derme du lit unguéal, reposant sur la phalangette, n'est point séparé de l'os par du tissu connectif lâche. 1-es faisceaux fibreux épais qui le constituent ont en majorité une direction longitudinale. Les plis de Henle sont formés par l'épaississement de ce tissu fibreux, dont les faisceaux, à mesure que l'on remonte vers la face libre du pJi, deviennent plus grêles tout en restant longitudinaux pour la plupart. Cependant on trouve, sur les coupes longitudinales et transversales du lit de l'ongle, des faisceaux fibreux qui croisent la direction des longitudinaux sous diverses incidences. Dans les espaces interfasciculaires existent de nombreuses fibres élastiques disposées en réseaux, dont les mailles enveloppent les faisceaux conjonctifs comme le feraient celles d'un filet*.

« Au niveau des plis longitudinaux de Henle, les faisceaux fibreux se relèvent et montent, sous forme de fibres fines, verticalement dans l'épaisseur du pli, pour se terminer à sa surface par une série de petites dents qui constituent les festons de la surface du derme. Arrivées au contact du corps de Malpighi, ces fibres finissent par une extrémité effilée, mais ne se prolongent pas dans la substance unissante ou ciment interépithélial. Si l'on fait

macérer un doigt pendant un mois dans le liquide de Muller, l'ongle se détache facilement; le lit unguéal sillonné de crêtes est mis à nu; si l'on fait alors des préparations du lit unguéal, on reconnaît que la phanère, enlevée, a entraîné avec elle tout le corps de Malpighi. La limite du derme se montre alors finement denticulée, mais chaque petite dent répondàlaterminaison d'un faisceau conjonctif atténué dans ses dimensions et ne donnant pas naissance à des filaments cassés comme le seraient ceux du ciment interépithélial, si ce dernier n'était que la continuation des fibrilles connectives élémentaires qui entrent dans la constitution des faisceaux fibreux. »

Les nombreux vaisseaux sanguins du lit de l'ongle sont contenus dans les espaces inter-fasciculaires du derme. Nous ne nous occuperons, dans la description cjui vasuivre C[ue de la disposition des réseaux terminaux.

M. Pvenaut distingue trois réseaux :

1" Réseaux sanguins du manteau (1) deVongle. (V. fig. 15)

(a). Sur la face libre, le réseau vasculaire sanguin est disposé à la façon de celui des régions papillaires du derme. Les papilles sonthautes, etrenfermentchacune un bouquet de capillaires à anses multiples. Tous ces bouquets communic[uent largement entre eux, à leur base, par un réseau de capillaires sanguins parallèlement disposé à la surface du tégument ; de ce réseau planiforme, partent des anastomoses grêles, qui pénètrent dans la profondeur du derme, et rejoignent les vaisseaux de distribution. Au niveau et un peu au-dessous de ces derniers, existent des glandes sudoripares constantes, reconnaissables sur les pièces injectées à la dispositiontypique de leurs vaisseaux sanguins.

(1) Derme r.us-unguéal de Sappey, Matrice du pcrionyx, uobis.

Les canaux excréteurs de ces glandes se déversent sur la face libre du manteau, (fig. 14.)

L'existence du réseau sanguin anastomotique planiforme subjacent à la ligne des bouquets papillaires assure la circulation sanguine dans la face dorsale du manteau. Si l'on anémie artificiellement ce dernier en le pressant à sa base à l'aide d'une spatule, tout le manteau pâlit, et la zone privée de sang se dessine derrière l'ongle comme un croissant exsangue à concavité tournée vers l'extrémité du doigt, et embrassant l'ongle d'arrière en avant. Mais au bout de peu d'instants, on voitlesang revenir parles deux pointes du croissant, et effacer la pâleur anémique d'une façon lente et progressive, d'un autre côté l'observation clinique nous montre que la région dorsale du manteau est un lieu d'élection pour la congestion sanguine. Dans l'onjxis, le manteau, rouge et congestionné, entoure l'ongle d'un bourrelet saillant analogue au chémosis qui se forme, dans les conjonctivites, autour de la cornée transparente.

(b). Sur la face adhérente ou réfléchie du manteau, qui accompagne l'ongle dans le sillon de sa matrice, toutes les papilles ont disparu. Mais le réseau sanguin planiforme sous-papillaire voit s'accroître le nombre de ses mailles et la largeur de ses vaisseaux. Ce réseau, ainsi constitué, ne communic[ue plus avec aucun des systèmes sanguins sudoripares. Conservant ses caractères, il contourne l'extrémité de l'ongle, et se poursuit sur la portion la plus reculée du lit unguéal. De nombreux et larges traits anastomotiques le mettent en relation, après un court trajet, avec les vaisseaux de distribution qui sont, à ce niveau, nombreux

Arloing,

et serrés. La riche vascularisation de cette région, les nombreuses anastomoses qu'on y remarque, lesrelations presque directes avec les vaisseaux distributeurs, et enfin la largeur accrue des voies du sang, doivent être notées. Elles sont vraisemblablement en relation avec les fonctions actives de la matrice ; et nous verrons plus tard que ces dispositions joaent un rôle mécanique dans la répartition du liquide nourricier.

2° Réseaux sanguins du lit de l'ongle. (V. fig. i5). — Dans la porîion la plus reculée du lit, soas la matrice anguéale, le réseau sanguin immédiatement subjacent à l'ongle est la suite de celui que nous venons de décrire, et présente les mêmes caractères. Mais bientôt, sous la portion de l'ongle encore cachée sous le manteau, derrière la lunule, on voit, de ce réseau, s'élever desboucles vasculares simples ; couchées les unes sur les autres d'arrière en avant. Je les appellerai anses vasculaires p(i]3illiformes rétro-lunulaires. Ces anses, au nombre de trois à quatre dans une coupe longitudinale de l'ongle, disparaissent complètement dans la région lunulaire proprement dite, et, à ce niveau, le réseau vasculaire redevient planiforme.

Dès que la région de la lunule est dépassée, de nouvelles boucles vasculaires s'élèvent du réseau planiforme et montent dans l'épaisseur des crêtes décrites par Henle. A l'inverse des boucles vasculaires rétro-lunulaires, celles-ci sont dirigées d'avant en arrière, comme si elles voulaient se coucher sur le lit unguéal dans le sens contraire aux pressions exercées sur le bout du doigt. Bientôt elles se redressent et deviennent verticales; elles sont longues, grêles et semblent toucher la portion la plus profonde du limbe unguéal répondant au stratum lucidum. Mais ce n'est

qu'une apparence, elles en sont toujours séparées par une mince couche du corps de Malpighi. Enfin, tout à fait en avant et derrière l'angle de l'ongle, ces boucles disparaissent et le réseau sanguin le plus superficiel redevient planiforme comme il l'était en contournant la matrice. A ses deux extrémités, le réseau du lit unguéal a donc des caractères identiques. Cette disposition me semble due àl'intime adhérence de l'ongle à son lit sur ses deux points extrêmes.

liCs boucles vasculaires delà région du lit unguéal sillonnée par les plis de Henle sont, je l'ai dit, ordinairement simples. On en trouve cependant parfois de superposées, couvrant une série d'anses rudimentaires à la façon d'arcades enveloppantes. Un fait à noter, c'est que les réseaux planiformes d'où s'élèvent les boucles courent principalement dans le sens long'tudinal, renfermés dans l'épaisseur des plis, et que les anastomoses transversales de pli à pli ne sont pas abondantes.

Mais ce qui est particulier dans la disposition des vaisseaux du lit de l'ongle, c'est la configuration des traits anastomotiques qui relient le réseau superficiel aux vaisseaux de distribution. Ces traits se dirigent d'arrière en avant, à la façon d'arcs de cercles superposés. Ces arcs postéro-antérieurs anastomotiques grêles ont un trajet de plus en plus court à mesure que l'on s'avance d'avant en arrière vers la racine de 1 ongle, de façon que les pressions exercées sur l'extrémité antérieure de celui-ci. et dirigées de manière à l'incliner sur son lit, anémient, il est vrai, la portion antérieure de ce dernier, mais font refluer le sang dans les réseaux sinueux et extensibles de la matrice, la vitalité de cette dernière et celle, consécjuemment, de l'ongle tout entier sontfavoriséesauplus haut degré par cette dis-

position. J'ajouterai que tous les vaisseaux de distribution du lit de l'ongle sont volumineux, sinueux, fréquemment réunis par des anatosmoses larges et sont par conséquent le siège d'une circulation toujours active.

3° Vascularisation de Vangle de l'ongle et de lapulpesousunguéale. — Au niveau de l'angle de l'ongle, le stratum lucîcZia7?,qui courait distinctement sousleiimbe etparallèlementàlui, s'en sépare brusquement à angle presque droit; le limbe poursuit sa direction et devient libre. Les couches cornées descendent au devant de l'angle de l'ongle et forment, au derme de ce dernier, un épais revêtement. Dans toute la hauteur de l'angle, le réseau planiforme émet des bouquets papillaires typiques, longs, à anses multiples, et tous dirigés parallèlement à la direction primitive de l'ongle, de telle sorte qu'ils sont exactement horizontaux.

Immédiatement derrière le réseau planiforme anastomotique qui fait communiquer ces bouquets entre eux par leur base, on voit des glomérules sudoripares avec leurs vaisseaux typiques. Le canal sudorifère qui en émane traverse obliquement l'épiderme de l'angle unguéal pour s'ouvrir à l'intérieur. Cette obliquité est caractéristique, car plus bas, dans la pulpe sous-unguéale, ces mêmes canaux sont exactement horizontaux, comme les papilles de la région. Les boucjuets vasculaires de ces dernières méritent de nous arrêter un instant ; au lieu de communiquer entre eux par l'intermédiaire d'un réseau plan d'anastomoses, ils font directement suite aux branches émanées des vaisseaux distributeurs ; il n'y a donc pas ici, comme dans la peau de la pulpe des doigts et dans la face libre du manteau de l'ongle, d'anastomoses grêles entre le réseau des papilles et les ramifications des vaisseaux qui distribuent le

sang à la peau. La pulpe sous-unguéale est, par suite, une région particulière, présentant desdispositions vasculaires spéciales. Au-dessous d'elle, le type ordinaire de vascularisation reparaît et se poursuit sur la face plamaire, avec ses caractères bien connus et partout décrits (1). »

Les lymphatiques ont-ils des représentants dans le derme sous-unguéal? Ancel nous dit (2), sans indiquer la source où il a puisé ce renseignement, que le réseau lymphatique enchâsse en quelque sorte le derme sous-unguéal, aux doigts tt aux orteils, sans jamais dépasser sa circonférence. Sappey ne consacre pas un seul mot aux lymphatiques de cette région. Faut-il en conclure qu'ils sont absents? Non, car Bonamy a vu une fois le réseau qui en-toure l'ongle du pouce s'avancer de la face dorsale du doigt sur la matrice unguéale (3); en outre, Sappey représente un réseau sous-unguéal assez riche, sur une figure des lymphatiques du dos de la main (Traité d'anat. descriptive, t. II, p. 878).

Ce sont les seuls renseignements que nous ayons trouvés sur cette question.

Quant aux nerfs, ils sont abondants (Sappey) et forment profondément des faisceaux assez volumineux parallèles aux crêtes du lit (Renaut). De ces faisceaux profonds s'élèvent probablement des filets pour les lames deHenle; mais ils sont peu nombreux, car KoUiker et Wagnei" n'ont pu les trouver. Sappey (4) et Renaut (5) assurent positive-

(1) Renaut, In litt.

(2) Des ongles au point de vue anat. et "pathol. Thèse de Paris,

(3) In Ancel.

(4J In Traité d'anatomie, (5) In litt.

ment que ces nerfs ne présentent jamais de corpuscules tactiles au fond des sillons du lit de l'ongle, ni même dans les prolongements papiiliformes de ces dépressions.

ARTICLE IV. NATURE DE l'oNGLE ET DES TISSUS

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