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CHAPITRE IV

Usag-es des poils et des ongles.

Les considérations qui terminent le chapitre précédent pourraient à la rigueur trouver place dans celui-ci. Nous les en avons pourtant distraites, parce qu'elles se rapportent aux poils et aux ongles se développant, tandis que dans ce dernier chapitre, nous voulons nous occuper des usages des poils et des ongles complètement développés. Nous ne nous attarderons pas à exposer les avantages tout conventionnels que l'homme et la femme, celle-ci surtout, retirent de cer, organes, dans l'ornementatisn du visage et de la main.

Article I. — Usages des poils.

Ils sont relatifs à la protection de l'individu et à la protection des organes.

§ I, — L'homme ne retire pas de grands bénéfices du système pileux, comme appareil de protection générale.

A. Faut-il regarder la partie postérieure de la chevelure

comme un coussin qui amortit le choc et préserve le cerveau des succussions? Non, ce serait aller trop loin.

Tout au plus si le système pileux peut être regardé chez l'homme comme une enveloppe qui, dans certaines régions le protège contre le refroidissement. D'après des statistiques dressées, en France, par Szakolski, pendant la construction du chemin de fer de Paris à Lyon ; en Angleterre, par Mercer Adams sur des militaires et les chauffeurs-mécaniciens du Great-Estern- Railway, la barbe, par la température qu'elle maintient au-dessous d'elle préserve l'homme, dans une certaine mesure, des affections des dents et des glandes sous-maxillaires, des névralgies faciales, et même suivant Adams, des coryza, des bronchites, des pneumonies (J).

Les premiers résultats se comprennent aisément; les seconds demandent peut-être quelques explications.

Le D'' Adams estime que les moustaches préservent des affections inflammatoires et catarrhales des voies respiratoires en cédant à l'air inspiré le calorique qu'elles ont reçu del'airexpiré. Lesmoustaches, en tamisant l'air qui pénètre dans les cavités nasales, préviendraient le développement des maladies causées par les poussières qui se trouvent en suspension dans l'atmosphère de quelques chantiers ou usines.

En négligeant la part d'exagération qui s'est glissée dans le travail de Mercer Adams, il nous paraît évident que la barbe, les cheveux, préservent l'homme qui vit au grand air de l'action d'une atmosphère glacée, de même qu'ils diminuent la déperdition de calorique, grâce à la couche d'air chaud emprisonnée entre leurs poils.

(1) Voy. Barbe, ia Dictioanaire encyclopédique de méd. et chirurg.

Pour nous faire une idée de l'influence que le système pileux peut exercer sur la conservation de notre chaleur propre, il faut connaître les changements que la présence ou l'absence, l'état sec ou humide des poils impiiment à la conductibilité de la peau, chez les animaux.

B. Des expériences récentes, celles du professeur Colin (d'Alfort),ont ajouté sur ce point d'intéressants détails aux connaissances acquises.

Nous rappellerons ces recherches en^uelqueç mots.

M. Colin (Bull. Acad. med., février 1880) a montré que « si le froid ne réussit pas à abaisser notablement la température de la peau, il est parfaitement supporté et reste inolfensif, tandis qu'il détermine des troubles graves et tue même, s'il fait descendre le tégument au dessous d'un certain degré. » (p. 95).

Mais « la conservation de la chaleur extérieure et intérieure, dit M. Colin (ioc. cit., p. 99) n'est pas entièrement subordonnée à l'état du revêtement de la peau. Cette conservation dépend, en partie, de l'impression produite par le froid sur l'ensemble du système nerveux et, par suite, sur la respiration et la circulation. Dès que l'impression du froid détermine la sédation à un degré un peu prononcé, l'animal, quoique bien couvert, s'engourdit et ne tarde pas à périr. »

Il est possible en effet que le froid extérieur tue les animaux par un procédé plus complexe que la simple soustraction de chaleur aux surfaces; mais nous n'avons ici à nous occuper que de l'importance des poils au point de vue de la préservation de l'individu.

Si la fourrure reste sèche, elle joue son rôle d'appareil protecteur au maximum : la preuve en est donnée par de nombreuses expériences, notamment parcelles de M. Colin

qui a vu résister à une température de zéro, pendant 24 heures, des animaux d'espèces variées emprisonnés dans des cabanes de glace. « La résistance au refroidissement est parfaite, dit-il (loc. cit., p. 104), dans la glace comme dans l'air : j'entends dans la glace sèche, dont la fusion- n'est provoquée que par la chaleur de l'animal, fusion dont le produit évaporé en partie ne peut donner un bain à zéro qui évidemment ne serait pas longtemps supporté. »

Quand, au contraire, les poils sont mouillés, ils perdent complètement leurs propriétés isolantes et le froid extérieur a directement prise sur la peau qui se refroidit en cédant sa propre chaleur à l'eau qui s'échauffe à ses ]é~ pens.

Mais, comme on le sait encore, tous les animaux ne sont pas également préservés; malgré les modifications que subit la fourrure suivant les saisons, le degré d'isolement est très différent chez les divers animaux.

Ainsi quand on expose à une même cause de refroidissement un chat et un lapin, on voit que le lapin se refroidit beaucoup plus vite. Ce fait semble pouvoir s'expliquer surtout par la différence des propriétés isolantes de la fourrure chez ces deux animaux. M. François-Franck a fait sur ce sujet quelques expériences inédites que nous rapporterons ici.

« Quand on pratique une expérience sur un lapin, on est frappé de la différence que présentent les réactions nerveuses et musculaires au début, et, après deux ou trois heures de fixation de l'animal ; l'excitabilité nerveuse et musculaire diminue considérablement dans un temps relativement court. Or, pendant ces deux ou trois heures d'expérience, le lapin s'est refroidi de plusieurs degrés (de 39"

— in —

par exemple à 35', temp. rectale), sans avoir subi degrand traumatisme ni d'hémorrhagie.

« Le chat, dans les mêmes conditions, conserve, avec ses propriétés nerveuses et musculaires, la température profonde à peu près au même degré,

« Il était à supposer que l'une des causes principales de la différence observée consistait en une préservation moins parfaite chez le lapin que chez le chat contre la déperdition de chaleur par la peau; la fourrure pouvait isoler moins bien le premier animal que le second.

« Pour vérifier cette supposition, M. François-Franck a fait les expériences suivantes :

«Un ballon de verre, d'une capacité de l litre, est rempli d'eau à 42 degrés, et exposé à l'air libre dans le laboratoire à la température de 16°. En deux heures, la température de Veau passe à 28°.

« Le même ballon, de nouveau rempli d'eau à 42°, est complètement enveloppé d'une peau de lapin fraîche, non mouillée : en deux heures, la température de l'eau s'abaisse à 35».

Dans un troisième essai on enveloppe le même ballon, rempli une troisième fois d'eau à 42°, d'une peau de chat fraîchement enlevée : dans le même temps, la température de l'eau ne tombe qu'a 38°.

Pour savoir .si la différence observée dans la perte de température quand le ballon était recouvert de la peau de lapin et quand il était recouvert de la peau de chat tenait bien à la fourrure elle-même et non au derme, on a repris les mêmes expériences avec les mêmes peaux dépouillées de leurs poils. On a vu, dans cette nouvelle série que la perte était sensiblement la même dans le même temps, un

Perte en 2 heures, à 16°

peu moindre cependant avec la peau du chat dont le derme est plus épais.

Le tableau suivant résume ces résultats.

Ballon de 1 litre, à parois minces, rempli d'eau à 42°,

Perte.

I a. Ballon à l'air libre. . 14°

b. Enveloppé d'une peau de lapin fraîche , avec ses poils 7°

c. Enveloppé d'une peau Temp. extér, sans cou- ( de chat fraîche, avec rants d'air. 1 ses poils 4°

I d. Env. d'une peau de lapin fraîche, mais rasée. 9° e. Env. d'une peau dechat

fraîche, mais rasée. . . 8», 5

Ces expériences tendent donc à établir : 1° que la fourrure joue un rôle important dans la conservation du calorique (voir tableau, lettres a, b, c) ; 2° que la différence du refroidissement, chez deux animaux placés dans des conditions de déperdition identiques, est due en grande partie à une différence dans la propriété isolante des fourrures (voir tableau, lettres d, e).

Ces expériences faites par M. Franck avec la méthode thermométrique ou thermographique ont été reprises par M. d'Arsonval avec la méthode calorimétrique. Sans entrer ici dans le détail du dispositif expérimental qu'on trouvera décrit dans le tome IX du compte-rendu du laboratoire de M. Marey (1879-80, G. Masson), nous rappellerons seulement qu'on peut étudier et inscrire le dégagement dtchaleur d'un corps quelconque versant sa propre chaleur

dans une enceinte moins chaude que lui. Il est clair que si le corps qui dégage de la chaleur est protégé par une enveloppe isolante, il restera chaud plus longtemps, et que le nombre des calories abandonnées au milieu dans lequel il est plongé sera moins considérable dans le même temps. Ceci était nécessaire pour comprendre la signification des expériences suivantes qui confirment en les complétant celles de M. François-Franck.

Un ballon de 1 liti'e, rempli d'eau à 40" et maintenu par l'afflux continu d'un courant d'eau à cette même température, est mis dans une enceinte à la température constante de d2 degrés C.

Le ballon à l'air libre perd 25 calories par heure ; le ballon enveloppé d'une peau de lapin fraîchement enlevée, les poils étant secs, 12 calories ; les poils humides, 17 calories; les poils étant rasés, peau réduite au derme, 19 calories.

Donc la fourrure joue un rôle capital puisque la même peau à poils secs, humides ou coupés modifie aussi notablement, dans chacun de ces états différents, la perte de calorique.

Il est inutile de développer davantage ce sujet qui a été l'objet d'expériences suivies de la part des deux auteurs que nous avons cités ; inutile aussi d'insister sur les recherches qu'ils ont exécutées pour savoir dans quelle mesure on pouvait avec des vêtements formés de tissus variés remplacer chez l'homme la fourrure des animaux.

Nous passerons tout de suite à la question qui vient naturellement à l'esprit quand on parle de l'influence de la fourrure sur la conservation de la température chez les mammifères. Cette question est la suivante : le refroidissement considérable et rapide des animaux couverts d'un

enduit imperméable peut-il s'expliquer par l'exagération de la déperdition périphérique, le rôle conservateur de la fourrure étant supprimé.

Les expériences de MM. François-Franck et d'Arsonval sur ce sujet établissent qu'il se produit en effet une déperdition considérable de calorique par la peau chez les animaux enduits d'une couche de vernis, d'huile ou de glycérine.

Voici quelques chiffres :

Un lapin normal, enfermé dans le calorimètre, fournit à l'heure 16 calories. On le frotte d'huile d'olives : sa perte horaire s'élève à 36 calories.

Un autre lapin normal fourni 12 calories ; on le frotte d'huile de lin ; il fournit 28 calories.

Le fait d'une exagération considérable de la déperdition se trouve donc bien établi. Mais « faut-il en conclure qu'un animal couvert d'un enduit imperméable meurt de froid parce qu'il perd une trop grande quantité de chaleur par la peau ? Je ne le crois pas ; il me semble plus juste de dire : il se refroidit parce qu'il meurt, et il meurt avec des accidents pulmonaires (hémorrhagies, infarctus), avec des altérations profondes du sang portant sur la proportion de gaz, sur les caractères des globules, etc.

La suppression de la fonction cutanée paraît jouer ici le principal rôle (Franck).

C. Malgré le revêtement protecteur qu'ils forment dans certains points des téguments, les poils n'ëmoussent pas la sensibilité, parce qu'ils pénètrent, par leur racine, dans une cavité pourvue de terminaisons nerveuses et que les moindres changements de pression éprouvés parle poil Sont transmis intégralement aux parois folliculaires. Si quelques régions sont plus exposées que d'autres aux m-

jures des corps ambiants, elles se munissent de grands appendices spéciaux (poils tactiles), chez lesquels les dispositions favorables à la réception des impressions extérieures sont merveilleusement combinées, de sorte que les poils tactiles sont comme des éclaireurs de la sensiblité chargés d'aller recueillir les impressions avant qu'elles soient dans les conditions de surprendre la vigilance du système sensitif. Ces organes, d'autant plus abondants et plus volumineux que la peau est couverte d'un plus grand nombre de poils, sont répandus autour des cavités qui logent les organes des sens.

§ 2. — D'après Jobert, ils existent autour des yeux, sur les pommettes, à l'entrée des cavités nasales , au milieu des poils de la moustache et du menton, et dès lors peuvent compter parmi les organes protecteurs des appareils des sens. Ils remplissent leur rôle, passivement» de deux manières; tantôt ce sont des rideaux protecteurs, tantôt des tentacules chargés de recevoir des excitations. Dans le premier cas, ils fonctionnent sans l'intervention du système nerveux.

Les ci/s interceptent une partie des rayons lumineux quand ils sont trop intenses et arrêtent la poussière qui souillerait la cornée ; les sourcils remplissent ce dernier office et de plus retiennent entre leurs poils les gouttes de sueur qui s'écoulent du front. Les vihrisses, les poils du conduit auditif , dépouillent l'air des impuretés qui pourraient souiller et irriter les voies respiratoires ou l'oreille; cet usage est surtout parfaitement démontré, pour le à vibrisses, par l'état désigné par les séméiologistcs sous le nom de pulvérulence des narines.

Dans le second caé, ce sont des agents de la sensibilité tactile. Ce rôle est de toute évidence chez les animaux. Rien

n'égale la sensibilité de la moustache du chat ; la chauvesouris recueille à l'aide de ses poils tactiles des impressions sensitives tellement délicates, qu'elle dirige maison vol lorsqu'on lésa détruits (Jobert).

Les poils tactiles à sinus sanguins, les plus parfaits, se prêtent admirablement à l'exercice du todcher. Ils sont pourvus, outre les terminaisons sensitives, de ternaisons motrices destinées aux fibres musculaires striées qui les entourent et de fibres vaso-motrices destinées aux vaisseaux qui entrent dans le follicule. Ces nerfs proviennent des 5° et 7° paires (Paladino et Lanzillotti-Buonsanti (1 ) . Dès le moindre contact d'un corps extérieur avec le poil, un double réflexe se produit; l'un, sur les nerfs vaso-moteurs d'où résulte l'afflux du sang dans les vaisseaux et le sinus du follicule; l'autre, sur les nerfs moteurs qui fait contracter les fibres musculaires striées périphériques. Ces phénomènes ont pour conséquence le redressement du poil, la rétention du sang à l'intérieur du follicule, comme dans un véritable tissu érectile. On conçoit le reste : l'anneau tactile externe et l'anneau tactile interne sont étroitement appliqués contre la racine du poil, et les changements de pression les plus minimes qui s'exercent â l'extrémité de ce dernier réagissent intégralement sur les terminaisons nerveuses. On ajoute même qne la vivacité des excitations est accrue par la présence du sang veineux à l'intérieur du follicule.

Article II, — Usage des ongles.

Physiologiquement, l'ongle de l'homme est assez insignifiant. Il est là, en quelque sorte, à titre .de mémoire.

(1) In Loc. cit.

comme le représentant dégradé d'une production extrêmement importante, dans plusieurs groupes de la série animale.

Son rôle est évidemment mécanique. Il soutient la pulpe du doigt et de l'orteil, et, à la main, il favorise la préhension d'objets délicats, en permettant à la pulpe de s'aplatir et d'acquérir en avant une certaine acuité.

Ancel (1) fait remarquer que les auteurs classiques indiquent vaguement que les ongles ont pour usage principal de concourir au perfectionnement du tact. Il cherche de quelle manière, et il arrive à cette conclusion que c'est en doublant l'étendue de la surface tactile. En effet, la pression exercée par un corps solide sur la pulpe du doigt, réagit sur la membrane dermique sous-unguéale qui est comprimée entre la face dorsale de la phalangette et la face profonde de l'ongle. Malheureusement pour cette explication, le lit de l'ongle n'est pas une surface tactile; Sappey, Renaut, affirment qu'il n'existe pas dans cette membrane un seul corpuscule tactile, affirmation qui n'a pas lieu de surprendre, puisque le thalamus est disposé pour assurer la solidité de l'ongle et non pour augmenter la sensibilité du derme.

Nous estimons que l'intervention de l'ongle dans l'exercice du tact est beaucoup plus simple. Les impressions tactiles résultent de l'inégalité de pression subie par les organes du tact. Or, ce phénomène ne s'établit qu'à la condition que le derme de la pulpe trouve en arrière un plan résistant, La troisième phalange ne répond pas à toute la surface de la pulpe; l'ongle qui la déborde, en avant et sur les côtés, agrandit le point d'appui indispen-

(1) in thèse citée, Arioing,

sable à la pulpe unguéale, et lui permet de receuillir le maximum d'impressions tactiles.

Si l'homme fait quelquefois usage de ses ongles comme moyen d'attaque ou de défense , cette sorte d'usage est heureusement assez rare pour qu'il suffise de l'indiquer en passant.

Dans la série animale, le singe mis à part, les productions cornées, là où elles sont associées aux organes du toucher, ne servent pas d'organes de perfectionnement. Qu'elles garnissent les mandibules du cygne, du canard et du flamant rose, le pied des mammifères à sabot, ou les coussinets plantaires des caméliens et des carnassiers, elles ne peuvent favoriser l'exercice du toucher, parce qu'elles s'interposent entre les objets extérieurs et les terminaisons nerveuses, mais elles ne paraissent pas amoindrir les impressions tactiles. Par la densité et la consistance de leur tissu, elles agissent comme les poils des follicules tactiles, elles conduisent sans atténuation aux parties sous-jacentos l es changements de pressions qu'elles subissent.

Ne voyons-nous pas la preuve de la délicatesse des sensations que ranimai éprouve par l'intermédiaire de ces organes, dans la façon dont le cheval s'en sert lorsqu'il devient aveugle? Cet animal, dit pittoresquement M. Bouley (1), lève haut les membres antérieurs à chacun de ses pas, et semble ainsi sonder du pied l'espace avant de s'y lancer, comme l'aveugle fait de son bâton, et quand il s'appuie sur le sol, il le fait avec la précaution que nous apportons nous-mêmes lorsque nous marchons dans une nuit obscure .

(1) Traité de l'organisation du pied du cheval, p. 252 et seq.

L'usage des productions cornées, chez les animaux, bien que varié, est donc exclusivement mécanique. Aux pieds des ongulés, ce sont des enveloppes protectrices, des sahots, en un mot, qui préservent les parties molles du contact d'un sol boueux ou rocailleux. Ces organes sont si bien disposés, que le poids du corps qu'ils supportent provoque, au moment de l'appui, une réaction qui rend à l'animal une certaine quantité du mouvement qui paraît s'éteindre dans leurs parois.

A la main ou au pied des carnassiers, sur le nez de quelques pachydermes, et le front des ruminants, sous la forme de griffes ou de cornes plus ou moins acérées, ces productions sont surtout des instruments de guerre. Les animaux s'en servent dans les batailles qu'ils livrent ou qu'ils soutiennent, et, plus heureux que l'homme, sous ce rapport, s'ils perdent leurs armes dans la lutte, la nature les leur restitue.

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