IV PREFACE
public indulgent et fidèle, qui accepte sans murmurer et sans critiquer toutes les énormités qu'on lui sert.
Les histoires réunies dans ce volume sont trèscourtes, et destinées aux gens pressés.
On me pardonnera de défendre les données sur lesquelles elles ont été écrites. Je suis de l'école du cœur. Je crois que dans le roman les amoureux doivent être bien tendres, pleins d'illusions, et habiter au milieu d'horizons couleur de rose. Je crois aussi qu'il faut bannir du roman les problèmes posés par la misère et par toutes les infortunes de ce monde, dont la solution appartient de droit à l'Académie des sciences morales et politiques. Les bossus, les difformes, les pauvres, les gens en haillons ne sauraient jamais èlre rais en scène, parce qu'avant tout le roman doit charmer, et éviter surtout les digressions qui le font dégénérer en sermon, en réquisitoire, en considérant d'arrêt, ou en débat législatif. Le jour où les utopies des rêveurs seront devenues des institutions, et où la société aura été installée dans le paradis que ces messieurs prédisent, c'en sera fait du roman; parce qu'alors chacun pouvant