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L ENVOUTEMENT CHEZ LES CHINOIS

(V, pages 224 et suivantes.)

A s'en rapporter à un très curieux travail de M. Jules Regnault (Magie et Occultisme en Extrême-Orient), paru dans

(1) Ajoutons néanmoins que la créance en l'empoisonnement fut générale à l'époque; Commines, qui retrace un tableau fidèle des événements dont il a été témoin, revient à plusieurs reprises sur cette mort mystérieuse. Il accuse notamment un écuycr de cuisine, Henri de la Roche, d'être l'empoisonneur qui avait agi à l'instigation des ennemis du duc. (Lenglet du Fresnoy, Preuves de Commines, t. III, p. 261.)

la Revue scientifiqHe du 2 mai 4903, l'envoûlement serait encore pratiqué en Chine, tout comme dans certaines campagnes du Midi de la France.

Comme nos ancêtres du moyen âge, les Chinois connaissent les envoûtements par la figurine : « Tantôt ils emploient de petites figurines de terre, qu'ils déposent sur des tombes ou près des maisons de leurs ennemis; tantôt ils emploient des papiers jaunes consacrés par les bonzes ou les sorciers et représentant une tête de buffle ou une tète de chien. Pom* traiter les malades qui se croient envoûtés, on produit chez eux une sorte de fascination, en promenant un miroir audessus de leur tète; pendant ce temps, on produit un contre-envoûtement en brûlant des images ou des figurines analogues à celles qu'on suppose avoir été employées pour causer le sortilège. Ces pratiques sont presque identiques à celles que, nous avons rencontrées en France il y a peu de temps, en faisant une étude sur les sorciers européens modernes. L'hvpnotisme semble assez souvent employé par les sorciers annamites, car chaque fois que nous avons hypnotisé ou tenté d'hypnotiser un indigène, il nous a toujours demandé qui nous avait donné le regard et la science du sorcier (thây phep).

« Les envoûtements d'amour sont également pratiqués : une femme d'Extrême-Orient croit qu'il lui suffit de faire absorber dans un mets quelques gouttes de son sang menstruel à son amant pour se l'attacher complètement. Cette croyance est également fort répandue dans le Midi de la France.

« Dans d'autres cas, les femmes ont recours à certains philtres, qu'elles mélangent soit aux aliments, soit au tabac. L'un de ces philtres (Ihuoc ho yo des Annamites) rendrait l'amant ou le mari fort amoureux et très généreux, mais ne tarderait pas à le rendre anémique et à le faire mourir. Il servirait à accomplir un envoûtement de haine ou d'intérêt plutôt qu'un envoûtement d'amour. »

LES PROCES D ENVOUTEMENT DEVANT LE PAULEMENT.

(V. pages 228 et suivantes.)

« Les sortilèges, dit M. Ducoudray (op. cit.), celte folie singulière qui persista môme dans des siècles plus éclairés, étaient réputés des crimes dignes de châtiments cruels, marques au fer rouge, ou supplice du feu. Le moiudre danger de ces accusations était d'être la plupart du temps fort vagues : on accusait Ajgline, veuve de Jacques le Tonnelier, de Gahors, d'avoir voulu faire périr Pierre le Tonnelier, son beau-frère, et Ramonde sa femme, en mettant dans leur lit « des choses vénéneuses et mortelles »; à cause dé ces sortilèges ladite Ramonde aurait mis au monde un enfant mort et aurait été longtemps malade. » De même, on accusa un certain Perrot de sortilèges contre Jean Gherchemond, chanoine de Sainte-Radegonde, à Poitiers.

Cependant, la croyance à l'envoûtement est toujours aussi inébranlable dans l'esprit des juges du Parlement. Ils instruisent le procès de l'écujer Hugues de Boisjardin, qui a fait mourir Hérard de Saint-Vérain parle procédé classique de la figurine de cire baptisée et torturée; celui d'Isabelle Johannart, « qui a fait des voults contre le sire de Grancj, de telle sorte que ce dernier ne pouvait cohabiter avec sa femme sans la permission d'Isabelle » ; celui des veuves Boursaud, Basin, Dardaude, qui ont envoûté et empoisonné leurs maris.

Gombien d'autres dont on pourrait retrouver les noms, dont les jugements occupèrent soit le Parlement de Paris, soit la justice provinciale. Les sociétés archéologiques des départements exhument de temps à autre un de ces procès; tous d'ailleurs semblent calqués sur le même modèle, de telle sorte que l'imbécillité des accusés n'a d'égale que la crédulité des juges.

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