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MISSION DIT CAP

nent y faire connaître la famille des Ophidiidœ, au moins est-ce à celle-ci que ce dernier genre me paraît devoir être rapporté, bien que la présence d'une première dorsale rudimentaire le rapproche également «les Gadidœ. Enfin une adjonction fort curieuse est celle de la famille des Macntridœ avec le Macruronus Xwœ-Zelandiœ Hect., rapporté des régions magcllaniques par le Cludlenger.

Cependant les Acanthopterygii restent encore les plus abondants et se sont accrus dans la plus forte proportion : le nombre des genres, de huit en "1880, est de dix-sept aujourd'hui (en négligeant les Percichthys), celui des espèces atteint trente-deux au lieu de quinze. Plusieurs familles sont nouvelles pour la région : Atherinidœ, Discobole lilenniidœ, Psvchrvlulridœ, Trichiuridœ, Carangidœ, la seconde et la troisième particulièrement importantes au point de vue des rapports à établir avec la faune arctique. Mais ce qui est surtout très frappant, c'est la prépondérance que conserve la famille des Truchinidœ : sept genres et dix-neuf espèces, plus de la moitié des types acanthoptérygiens.

On peut remarquer, à propos des poissons Chorignalhi, l'absence complète des Apoda, ce qui d'ailleurs se retrouve dans la faune polaire opposée.

Les Cyclostomata ne présentent toujours dans ces régions qu'une seule espèce, qui parait être d'ailleurs fort abondante.

Ces légères adjonctions à la faune fuégienne n'altèrent, on le voit, en rien, comme je l'ai déjà fait remarquer, ses caractères généraux et elle se rattache d'une manière toujours très intime à la grande faune antarctique, comprenant, avec les régions dont il est plus particulièrement question ici, les îles du Prince-Edward et Kerguelen, auxquelles il conviendrait de joindre l'île Campbell depuis la découverte, qui y a été faite, par M. Filhol, des genres Galaxias et Notothenia {Galaxias CampbeUiï Sauv . , Notothenia FUholi Sauv.) (').

Deux autres points sont à signaler dans les rapports de cette faune. D'une part, la différence considérable que présente la population

( ! ) SAUV4CE, Notet sur quelques Poissons de Vile Campbell et de Vlndo-Chinc ( Bull. Soc. philom. de Paris. 7* série, l. IV, p. 228).

POISSONS. C.î)

ichtyologique marine côtière de la Tasmanie à coté d'une affinité singulière de la faune des eaux douces, où se rencontre le genre si spécial des Galaxias. D'un autre côté, en ce qui regarde la faune spéciale fuégienne, on trouve qu'elle remonte bien plutôt sur la côte Ouest que sur la côte opposée du continent américain, offrant une quantité assez considérable d'espèces, et le nombre s'en est notablement accru dans ces derniers temps, communes avec la faune chilienne, tandis que les espèces brésiliennes, placées cependant à des latitudes correspondantes, ne paraissent pas s'étendre jusque-là. Ce dernier fait a déjà été signalé pour d'autres groupes d'animaux et la direction connue des grands courants marins parait en donner une explication plausible.

Il serait inutile d'insister sur les comparaisons à établir entre les faunes des deux pôles, le sujet ayant depuis longtemps attiré l'attention des zoologistes. Dans la faune arctique, c'est la même pénurie des Elasmobranchii, représentés d'ailleurs par des animaux analogues, des Spinacidœet, pour les Pleurotrêmes, quelques Raies, une Chimère. Pour les Abdominales, quelques Clupes; mais, en revanche, un type spécial de véritables Salmonidés, le Capelan {Mallotus), qui ne paraîtrait représenté dans la faune opposée que par les Galaxias. Malgré l'abondance plus grande des Gadidœ, la physionomie donnée a la faune par les Anacanthini reste à peu près la même : on trouve beaucoup de Lycodidœ; les travaux de M. Collett, dans ces derniers temps, en ont singulièrement accru le nombre; les Pleurolonectoidei restent rares. Ici encore les Acanlhoplerygii sont abondants et appartiennent en grande partie aux mêmes familles, dont les principales sont les Discoboli, les Blenniidœ, les Cataphracti, les Scorpœnidœ; mais les Trachinidœ font défaut et sont remplacés d'une manière frappante par les Cottidœ, les animaux des deux groupes revêtant, on peut dire, les mêmes formes et j'ajouterai la même coloration dans bien des cas, comme a permis d'en juger la riche collection de maquettes coloriées rapportée par la Mission du cap Horn. C'est un nouveau fait d'équivalence dans des milieux analogues à noter. Rappelons, en terminant, la présence dans ces régions boréales d'un Myxine.

Enfin on peut établir certaines relations entre ces faunes polaires et

Mission du cap Horn, VI. C.2

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