‹ PoissonsChapitre 1 sur 13 · Poissons · texte numérisé non relu

Poissons

La côte de Malabar est une plage généralement sa blonneuse, qui parait être fort abondante en Poissons très variés : les différentes collections qui y ont été faites par M. Bélanger et par M. Dussumier ont enrichi nos cabinets de plus de trois cents espèces, dont nous avons déjà fait connaitre près d’un tiers, dans notre Grande Histoire naturelle des Poissons : et cependant nous n’avons encore traité que des Acanthoptérygiens percoïdes, sciénoïdes et scombéroïdes, Les Poissons de la famille des Sciénoïdes paraissent être parmi les Acanthoptérygiens plus nombreux que ceux des autres ordres. Dans l’ordre des Malacoptérvgiens, on trouve plus de variétés, et plus d’espèces parmi les Clupées, que dans les autres familles de

Poissons osseux ; mais on doit être surtout frappé du petit nombre de Jugulaires que l’on pêche sur cette côte, car on ne voit que de petits Pleuronectes dans les différentes collections qui y ont été faites, et principalement parmi celles de M. Bélanger. Gette absence de Poissons jugulaires confirme la loi de distribution géographique que nous avons déjà établie, c’est que les Gades et autres Poissons voisins de ceux-ci vivent principalement dans les mers des cercles polaires; ils ne les quittent que par des voyages périodiques, qui ne Sont jamais poussés assez loin, pour faire rencontrer les espèces près des tropiques, et encore moins entre ces tropiques.

La famille des Apodes y est également peu nombreuse, quoique les formes des Murénoïdes semblent appartenir exclusivement aux mers des zones équinoxiales. Il y a beaucoup moins de Murènes connues sur la côte Malabar que dans la mer Rouge, malgré la communication libre qui existe entre les deux mers, et quoique l’on en trouve un nombre considérable dans les eaux des détroits de la Sonde et de Malacca, et qu'un assez grand nombre d’Anguilliformes soient communs à la mer Rouge, à l’île de France et aux Moluques. Cela doit tenir à certaines dispositions des côtes qui offrent un séjour plus ou moins commode, plus ou moins propre au développement de telle ou telle espèce, car on ne peut rechercher les causes de ces différences d’habitation dans le régime alimentaire, puisque les Murènes sont des Poissons essentiellement voraces et qui trouve-

raient une nourriture fort abondante dans les petites Clupées, par exemple , dont fourmille la côte Malabar.

Nous devons signaler ces apparences d'anomalies aux naturalistes voyageurs, qui, ayant appris à connaitre par nos travaux les animaux qu'ils retrouveront dans leur voyage, devront examiner les causes physiques qui appellent certaines races sur tels ou tels parages , et d’après lesquelles on pourra expliquer le phénomènes que nous présente la distribution des espèces sur notre globe.

Les Sélaciens sont abondans sur le rivage occidental de la presqu’ile de l'Inde, et peut-être plus même que dans la mer du Bengale. En effet, les grandes Raies , les Squales, sont des cartilagineux qui suivent les grandes troupes de Poissons, en même temps qu'ils se plaisent sur les côtes sablonneuses, dont le fond doux et uni leur permet de se reposer et de se cacher même, pour attendre, immobiles et recouverts de sable, les animaux qui s’'approchent imprudemment d’ennemis aussi dangereux.

Quoique les espèces de Poissons de mer soient nombreuses et que les formes y soient variées, nous les voyons toutes rentrer plus où moins facilement, dans les cadres ou genres que nous avons établis dans ces échafaudages, que les naturalistes appellent des méthodes , ou des distributions en familles naturelles.

La côte de Malabar est au pied du versant occidental de la grande chaine qui la borde. Cette descente rapide s'oppose à ee que de grands fleuves sillonnent

Page 1