‹ PoissonsChapitre 12 sur 13 · DES ABLES · texte numérisé non relu

DES ABLES

La seconde espèce de Cyprinoïde appartient à la division des Ables (ZLeuciscus, Cuv.); ses formes la font reconnaitre pour le Poisson décrit par Hamilton Buchanan, sous le nom de Cyprinus catla; c’est donc un Poisson propre aux deux bords de la grande Péninsule indienne, commun dans le Bengale, mais plus rare à l’ouest, et même, qui ne se trouve pas, suivant Buchanan, dans le Behar. C’est un Cyprin des eaux vives de l'Inde, qui atteint à 3 ou 4 pieds, et qui est bon et agréable à cause du petit nombre de ses arêtes; la tête paraitrait surtout être la partie la plus délicate, surtout quand le Poisson n’a encore atteint que la moitié de sa croissance. Voici la description détaillée que nous en avons faite.

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L’ABLE KATLA, PL. IL, fig. 2.

Leuciscus Cuila, Nos.

Cyprinus Catla, Ham. Bucuan. Fishes of Ganges, p. 287, tab. XIII, fig. 81.

Cet Able est remarquable par la grosseur de son museau et la largeur de son crâne, laquelle dépasse de beaucoup celle de nos meuniers (Cyprinus Dobula, Linx.); le renflement du museau est encore augmenté par la courbure et la largeur des branches de la mâchoire inférieure ; le dos est d’ailleurs assez élevé, car la hauteur est comprise trois fois et un tiers dans la longueur totale. Le profil du crâne est très soutenu; l’œil est situé sur le premier tiers de la hauteur, et sur la première moitié de la longueur de la tête ; il est petit, car son diamètre ne fait guère que le septième de la longueur de la tête, laquelle est comprise quatre fois dans celle du corps. Je ne comprends pas dans la mesure du crâne le bord membraneux de l’opercule. L’orbite est entouré par une peau fort épaisse, contenant les osselets sous -orbitaires ; l’antérieur est un petit os carré qui touche à peine le cercle orbitaire; les autres sont grêles; le quatrième remonte sur le crâne au dessus de l'œil. Le préopercule est assez grand et couvre presque la moitié de la joue; l’autre moitié est en partie protégée par l’opercule, grand os triangulaire dont la

surface est finemént striée. Les sous-opercule et inter-opercule sont minces, étroits et arqués; ils se touchent sous l’isthme de la gorge. La fentedes ouïes est cependant très grande, parce que la membrane branchiostége se revoit peu en arrière du corps de l'hyoïde ; elle est soutenue par trois larges rayons, qu’elle dépasse ensuite, et elle s’unit avec le bord membraneux de l’opercule, lequel est très large et très épais.

L'ouverture de la bouche est grande, un peu relevée à cause de la saillie de la mâchoire inférieure. Ses branches ont en effet de la hauteur, et s’élargissent en dessous en une lame convexe, recouvérte par un épiderme trés mince. La lèvre est large, mais elle a peu d’épaisseur ; il n’y en a point à la mâchoire supérieure. L’inter-maxillaire forme un petit arc convexe dont l'extrémité postérieure s’élargit un peu. Le maxillaire est suspendu dans la peau qui termine le museau ; il est fortement échancré supérieurement pour recevoir le bord antérieur du premier sous-orbitaire ; il se termine par une large surface triangulaire. I n'a pas de branches montantes proprement dites , de facon que la protractilité de la bouche dépend de l’élasticité des membranes qui retiennent les os de la màchoire. On ne voit aucun tentacule ou barbillon autour de la bouche. Les deux ouvertures de la narine sont percées très près l’une de l’autre, un peu en avant et au dessus de l'œil; l’antérieure n'est séparée de la postérieure que par un repli membraneux qui s'élève au dessus

d'elles en forme de papille, pouvant former la seconde narine.

La langue est triangulaire, pointue, attachée par un frein qui la retient jusqu’à son extrémité, de sorte qu’elle n’a point de liberté dans l'intérieur de la bouche. Elle est couverte d’une très grande quantité de fines stries transversales et granuleuses. Les branches portent en avant des peignes assez longs, très fins et disposés sur deux rangs sur le bord de chaque arceau. Outre ces peignes des arceaux branchiaux, il y en a encore une double rangée sur une ligne médiane du corps de l’hyoïde jusqu’en avant des pharyngiens inférieurs; un peu avant ces os, ces deux rangées se séparent et vont se perdre sur chaque pharyngien. La membrane muqueuse qui tapisse l'intervalle des deux rangées de peignes est couverte de stries transversales répondant à chaque dent du peigne latéral et vertical ; les branchies elles-mêmes n’offrent rien de particulier. Les dents pharvngiennes sont petites, ovalaires et creusées en petite fossette; il y en a huit à dix sur deux rangées de chaque pharyngien. Le bourrelet charnu du palais est très épais dans ce Cyprin.

La dorsale nait encore sur la première moitié de la iongueur du corps; ses premiers rayons n'ont pas le double de la hauteur des derniers, et fontun peu moins que les deux tiers de la hauteur du corps. Elle a vingt rayons ; les deux premiers sont exclusivement courts , le troisième atteint presqu'à la moitié du quatrième ; ils sont simples et articulés, les autres sont ramifiés.

L’anale a neuf rayons dont le premier est très court ; le second a les deux tiers du troisième quand elle est repliée ; la nageoire attachée en arrière du dernier rayon de la dorsale ne touche pas à la caudale ; celleci est fourchue et a ses lobes arrondis.

Les ventrales sont pointues, elles n’atteignent pas à l’anale, et sont attachées aux deux tiers de l'intervalle entre le bout du museau et l’anale; elles ont neuf rayons. La pectorale a dix-sept rayons ; elle est pointue, attachée assez bas sur la poitrine. Le scapulaire et l’huméral forment une large ceinture, osseuse derrière l’ouie, et ne présentent aucune particularité remarquable au dedans. Il y a environ quarante rangées d’écailles entre l’ouïe et la caudale ; ces écailles, demicirculaires, ont le bord radical droit, n'ayant que quatre ou cinq rayons à l’éventail. A la loupe, on voit la surface de l’écaille très finement striée.

La ligne latérale va en ligne droite à peu près par le milieu de la hauteur du corps ; la couleur est verdâtre sur le dos et argentée sur le ventre ; les nageoires sont assez foncées.

L’individu a près de 10 pouces de long.

DES SILUROIÏDES.

Si les formes des Cyprins sont propres à l’Europe, à l'Asie, celles des Silures exclues de l’Europe paraissent l'être plus aux parties chaudes de l Amérique

qu'à toute autre partie du globe. C’est en effet dans les grands fleuves de ce vaste continent, depuis le Mississipi et ses affluens jusqu'à l'extrémité australe de l'Amérique , que nous voyons se reproduire presque toutesles formes etles diverses combinaisons de caractères si multipliées et si variées dans cette grande famille.

Ils nourrissent des Siluroïdes apodes au milieu de races nombreuses d’abdominaux, et les cuirasses plus ou moins compliquées dont la tête et les côtes sont recouvertes sont plus variées sur les Silures d'Amérique que sur ceux des Indes ou de l'Afrique.

Ceux du Nil et du Sénégal, quisont un peu connus de nous, ressemblent davantagecependant à ceux des Indes que les formes génériques de ces deux pays n’offrent de similitude avec ceux de l'Amérique. Il est bien entendu que, dans ces rapprochemens, Je ne parle que des formes génériques, car les espèces sont évidemment différentes, non seulement d’un continent à l’autre, mais presque d’un fleuve à l’autre; tant la na ture a de richesse et de puissance, dans la diversité des combinaisons des matériaux à peu prés semblables qu’elle emploie, dans la création de grandes races.

Ces animaux réunis par Linnæus dans un seul genre, celui des Silures, avaient été distribués déjà par Artedi dans deux genres, celui des Silures et celui des Mystus, abandonné par Linné et reproduit par M. de Lacépéde sous le nom de Pimelode.

Mais les nombreuses acquisitions faites depuis les travaux de ce savant célèbre ont exigé de M. Cuvier

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de nouvelles coupes ; c’est la dernière famille que ce grand naturaliste a décrite. Ce travail fut à peine achevé un mois avant sa fatale maladie.

Que de regrets laissera-t-1l aux amis des sciences !

Le génie qui créait presque en jouant de pareilles pages devait produire encore plus et éclairer plus long-temps le monde.

J'ai choisi, parmi les Siluroïdes que nous devons à M. Bélanger , deux de ceux qui m'ont paru présenter les plus singulières particularités.

L'une est un Bagre à huit barbillons, mais dont les dents sont fixées de maniére à être hors de la bouche; l'autre a, comme je l'ai dit plus haut, la forme extraordinaire des Baudroies. La première est nouvelle; la seconde a été très bien figurée dans l'ouvrage de M. Bu-

chanan, mais décrite sous un nom générique qui ne peut lui convenir.

DES BAGRES.

Cette nouvelle division, qui est ajoutée aux genres établis par Lacépède, comprend les espèces distinctes des Pimelades, par une bande transversale de dents en velours ras au palais ; elle comprend encore beaucoup d'espèces que l’on peut facilement grouper d’après le nombre de leurs barbillons : il y en a qui en ont huit,

et celle que j'ai choisie est de ce nombre ; d’autres, six , etc.

À cause de la disposition des dents, nous la nommerons

LE BAGRE EXODONTE, P4. IV, fig. 1".

Bagrus Exodon, Cv. Var.

Nous lui donnons cette épithète d'Exodon, qui veut dire hors dents , parce qu'elle caractérise notablement les dents inter-maxillaires adhérentes à de larges plaques au bout du museau, de manière à dépasser entièrement la mâchoire inférieure.

Le profil descend par une ligne un peu concave, depuis la dorsale jusqu’au bout du museau, qui est pointu.

’épine dorsale est petite et bien faiblement dentelée, mais celle de la pectorale est fort comprimée, tronquée, un peu fourchue à l’extrémité, et a huit à neuf grosses dents pointues et recourbées vers la base.

De: "AS 46; —\C 255 Pl 5 Vu6.

Les huit barbillons sont tous égaux, et ceux qui partent des maxillaires dépassent le commencement de l’anale.

La couleur parait être un gris argenté uniforme. Ce petit Poisson n'a que 3 pouces,

DES CHACAS.

Le Poisson qui forme ce genre a été parfaitement représenté par feu M. Hamilton Buchanan , dans son

Zoologie. 95

mm)

Histoire des Poissons du Gange (PL XXVWK, €. 45); mais ille rapportait (p. 140) aux Platystes de Bloch et le nommait Platystacus Chaca. Comme ce n’est ni un Aspied, ni un Plotose, les deux véritables genres naturels dont se composait le genre artificiel des Platystes, il est nécessaire de le distinguer.

LE CHACA LOPHIOIDE, PZ. IV, fig. 2.

Chaca lophioides, Cv. Var.

Sa tête, très déprimée et trés large, est en même temps carrée, c'est à dire, qu’elle est aussi large que longue, et aussi large en avant qu’en arrière; le corps va ensuite en se rétrécissant jusqu'à la dernière moité de la queue, où il est tout à fait comprimé.

La largeur de sa tête aux ouïes est trois fois et demie dans la longueur totale, et comprend la hauteur à la nuque deux fois et demie. Le dessus en est plat, sauf les saillies des parties osseuses au travers de la peau, et principalement de deux longitudinales formées par le frontal, d’une transversale arquée formée en avant par l’ethmoïde, et d’une transversale en arrière qui parait appartenir au scapulaire ou à la grande vertébre. Le bord antérieur, formé au milieu pour un tiers par les inter-maxillaires, et latéralement pour les deux autres tiers par les maxillaires, est en arc légérement convexe en avant. Les maxillaires, plats, tronqués à leur extrémité, ne dépassent pas l’angle de la bouche , et c’est la peau seulement qui produit à cet endroit

ZOOLOGIE. 387 un petit barbillon. La mâchoire inférieure , en are un peu plus convexe que la supérieure, les dépasse d’un huitième de la longueur de la tête; elle a, ainsi que les inter-maxillaires de la supérieure, une large bande de dents en fin velours serré et assez ras ; mais il n’y a aucune dent au palais, ni à la langue qui est large, plate et fixée, ni aux anneaux de branchies. Les pharyngiens, que la vaste ouverture de la gueule laisse aisément apercevoir sans dissection, ont aussi quatre plaques de velours ras. L’orifice inférieur de la narine est un trés petit tube au bord même de la lèvre, entre l'inter-maxillaire et le maxillaire. Le supérieur est un petit trou placé un peu au dessus, ou plutôt un peu en arrière. Le très petit œil, pareil à un grain de moutarde, est à la face supérieure, à une distance de la bouche, d’un peu moins du quart de la longueur de la tête, et à une distance un peu plus que double de son semblable. Outre le petit barbillon de l'angle de la bouche, il y en a quatre à la face inférieure , deux en avant, et deux au droit de l'articulation de la màchoire inférieure.

L'orifice de l’ouie, fendu obliquement et presque tout entier à la face supérieure, est très dilatable. Un opercule triangulaire et un petit inter-opercule, cachés sous la peau, sont suivis d’une membrane branchiostége qui se fixe immédiatement au côté, en avant de la pectorale, en sorte que sur ses sept rayons, il y en a cinq de cachés sous la peau de la gorge. L'épine pectorale est singulièrement courte {du dixiéme de la lon-

gueur totale), grosse, prismatique, à trois arêtes tranchantes, dont l’externe est finement dentelée. Le reste de la nageoire n’est pas plus long, et n’a que cinq rayons branchus. La première dorsale est un peu plus en arrière que les pectorales, a une épine aussi grosse, mais encore un peu plus courte, triangulaire, striée obliquement, et quatre rayons branchus qui ne dépassent pas l’épine. La deuxième dorsale commence un peu avant le deuxième tiers de la longueur totale, et se continue avec la caudale, qui elle-même se continue avec une espèce de seconde anale de plus de moitié plus courte que la deuxiéme dorsale, en sorte que tout le bout de la queue est entouré d’une nageoiïre non interrompue; et à quelque distance enavant decette deuxième anale, sous le tiers antérieur de la deuxième dorsale, est une première anale. La hauteur moyennede cette portion de queue, entre la deuxième dorsale et les deux anales, est seize ou dix-sept fois dans la longueur totale, et son épaisseur est encore deux fois moindre. Les rayons des nageoires verticales ont un peu plus de longueur. On peut en compter vingt-cinq pour la deuxième dorsale, tous articulés, mais dont les deux ou trois derniers seuls sont branchus; douze pour la deuxième anale, et dix pour la caudale : ces derniers tous branchus. La première anale en a dix, dont le premier très court, et les autres branchus.

Les ventrales sont, à moitié de la longueur du Poisson, adhérentes aux côtés de sa face inférieure , et sont un peu plus grandes que les pectorales; elles ont

ZOOLOGIE. 380 chacune six rayons, tous branchus, mème le premier. Toute la peau de ce Poisson est molle et lisse ; on lui voit quelques franges sur les côtés de la queue, et quelques filamens sur la face supérieure de la tête. Sa ligne latérale se marque par une suite de tubercules ovales un peu rudes et écartés les uns des autres. Notre individu, long de o pouces, a été apporté du Bengale par M. Bélanger ; il parait dans la liqueur entièérement d’un brun grisàtre, plus pale en dessous, semé en dessus de points et de taches nuageux d’un brun noirâtre. A l’état frais, selon M. Buchanan, le fond de sa couleur est verdàtre en dessus, et jaunâtre en dessous, mais d’un verdàtre et d’un jaunâtre sales. Le Chaca se trouve dans les rivières et les étangs des parties septentrionales du Bengale. M. Buchanan dit que ses habitudes ressemblent beaucoup à celles des Uranoscopes et des Platicéphales , ce qui signifie, sans doute, qu'il se tient dans la vase pour y guetter sa proie. La conformation de sa gueule, assez semblable à celle de la Baudroie, est en effet très propre à cet usage.

DES CLUPÉOIDES.

Les Clupéoides dont je traite ici constituent un genre encore plus éloigné, par ses habitudes que par ses formes, des espèces les plus généralement connues, le Hareng et l'Alose. Déjà, cependant, les mers de l'Inde nourrissent des Poissons à tête semblable à

celle des Anchois par la saillie de leur ethmoïde, mais dont l’anale et la caudale réunies forment une longue nageoire sous la carène inférieure du corps.

Les Notoptères, ramenés, ainsi que Je l'ai dit au commencement de ce mémoire, à leur véritable famille, avaient été confondus avec les Gymnotes; mais le nom sous lequel le premier individu fat envoyé à Pallas, fut cause d’une confusion spécifique fort grande. Je me réserve en effet de prouver , dans une grande ichthyologie, que le Kapirat de Renard et Valentyn ne peuvent ètre des Notoptéres , ainsi que nous le faisons présenter dans une note du V° volume de notre ichthyologie, et plus spécialement encore, dans la note que M. Cuvier à placée dans son règne animal; on ne peut douter des deux longues barbes considérées comme une sorte de ventrales représentées par Renard et dont parle positivement Valentyn. Quoi qu'il en soit, je conserve encore à une première espèce le nom souslequel elle a été publiée par Lacépède, et qui a été adopté depuis dans le règne animal, À., Regn. an., t. I, pag. 522, et récemment encore par M. Gray, mais sous le nom générique de Mystus, lequel a été donné tantôt aux Pimelades, par Artedi, avant que M, de Eacépède ait changé ce nom , et tantôt à des Threpses plus voisins des Notoptères, mais qui ont des caractères génériques fort différens.

LE NOTOPTÈRE KAPIRAT, 24 V, fig. 1.

Notopterus Kapirat, Lac. ; Gymnotus Notopterus, PALL.

Ce Poisson abonde dans tous les étangs du Bengale, ne se rend pas à la mer comme les autres Clupées qui remontent dans nos riviéres. Quoique connu déjà depuis long-temps, on n’en a pas encore publié dedescrip tion détaillée qui le fasse suflisamment connaitre dans tous ses détails.

Celle que je vais donner ici servira aux naturalistes qui voudraient déterminer des Poissons de ce genre, en attendant que la monographie complète paraisse dans mon grand ouvrage.

La forme comprimée et tranchante de la portion inférieure du corps de ce Poisson lui donne un aspect tout particulier ; éette physionomie prend encore quelque chose de particulier, quand on remarque le nu de la partie supérieure de la tête :en effet, le front manque d’écailles et laisse voir, sous la peau fine qui le recouvre, lessaillies des crêtes des crnes. La languettesus orbitaire se prolonge de chaque côté du crane sur la tempe, et elle s’y élargit de manière à former une demiraquette ovalaire, dont la forme varie dans les autres espèces du même genre.

La ligne du profil du dos s'élève par un quart de cercle, depuis le bout du museau jusqu’à laplomb de l'anus ; de ce point, le dos va en ligne droite à la queue.

Vers l'extrémité, la ligne se relève un peu par les rayons de la caudale, nageoire arrondie et confondue avec l’anale, dont la base est insérée sur une ligne droite oblique qui prend plus des trois quarts de la longueur du profil inférieur. La ligne du ventre remonte un peu vers le museau , à partir de l’anus; c’est donc à cet endroit que se mesure la plus grande hauteur du corps, qui est comprise quatre fois dans la lonsueur totale ; l’épaisseur fait le quart de la hauteur. La tête est courte, sa longueur n’est guère que du sixième de celle du corps.

Les narines sont prolongées en petit tube, et font saillie au devant du museau, comme un barbilion très court.

Sa hauteur à la nuque égale sa longueur. L’œil est grand vers l’extrémité antérieure, et placé vers le haut; l'orbite cependant n'entame pas la ligne du profil, son diamètre n’a que le cinquième de la longueur de la tête, l'intervalle qui les sépare surpasse un peu ce diamètre.

Le premier sous-orbitaire est coupé en are, recouvre en partie le maxillaire, et a le bout libre, finement dentelé. Le préopercule couvre plus de la moitié de la joue, il est garni de six à sept rangées d’écailles qui avancent jusque sur le limbe et se continuent avec celles de l’opercule, de manière que, vers le haut surtout, ces deux pièces ne sont pas très distinctes. Le limbe inférieur est large, creusé en gouttière, dont les deux arêtes se relévent en saillie dentelée. L’angle du

ZOOLOGIE. 595 préopercule est arrondi et finement dentelé. La portion inférieure du limbe vertical parait seule au dessus de l’angle, et forme une petite plaque ovale, remarquable par le manque d’écailles.

L’opercule et le sub-opercule sont fortement unis ensemble , et ne forment qu’une plaque unique couverte d’écailles ; le bord membraneux en est large et épais. L’inter-opercule est petit, recouvert en entier par l’angle et le bord inférieur du préopercule ; et ne peut être découvert qu'avec l’aide du scalpel. Des branches de la mächoire inférieure sont élargies et creusées en une gouttière qui se prolonge dans celle du préopercule , et qui a, comme elle, les deux bords finement dentelés. La bouche est médiocrement fendue ; les inter-maxillaires portent des dents fines, et celles du rang externe sont un tant soit peu plus fortes ; les maxillaires portent une bande étroite de très petites dents , entre lesquelles celles du bord sont en crochets un peu plus prononcés. Les dents de la màchoire inférieure sont un peu plus fortes dans le fond que près de la symphyse; j'en vois une bande en velours très ras sur les palatins, mais il n’y en pas au vomer. La langue est étroite, libre, creusée en gouttière ; vers son extrémité, elle a, de chaque côté, quatre ou cinq crochetstrès pointus, et une large plaque de dents, semblables aux palatines, couvre sa base en avant des arceaux branchiostéges ; les pharyngiennes sont semblables à ces dernières. Les ouïes sont très fendues; le couvercle operculaire est encore augmenté par la lar-

594 VOYAGE AUX INDES-ORIENTALES, seur remarquable du bord membraneux qui dépasse, lorsqu'il est étendu , l’huméral tout entier. La mem brane branchiostége est étroite, et cache, dans son épaisseur, des rayons branchiostéges dont le nombre parait variable, car, sur un individu , j'en ai compté six du côté gauche et sept du côté droit; un autre m'en a offert huit à gauche et six seulement à droite; c’est ce qui explique les différences que Pallas et Schneider ont trouvées, le grand naturaliste de Berlin n’indiquant que six rayons, tandis que l’auteur du système posthume de Bloch en marque huit. Mais M. Cuvier a été encore plus éloigné du nombre véritable, car il n’en accorde qu'un seul. ‘ La dorsale s'élève sur le milieu de la longueur du corps; elle a une base très courte qui est comprise quatre fois et demie dans la hauteur du plus loug rayon, lequel est contenu deux fois et demie dans celle du corps ; elle a huit rayons, dont le premier est simple et n’a que le tiers de la hauteur du second. La pectorale fait un peu plus que le septième de la longueur totale ; elle a treize rayons. L’humérale forme une grande ceinture arquée, cachée sous le rebord mem braneux de l’opercule , et qui remonte sous la peau jusqu'auprès du sus-scapulaire, lequel parait au dehors comme une petite plaque ovale brillante, argentée et facile à reconnaitre, parce qu’elle est dépourvue d’écailles. Chaque veutrale n’est, composée que de deux rayons très courts, mais ces deux nageoires sont réunies ensemble par leur bord interne, et au corps par

un repli de la peau , de manière à représenter une sorte de vulve, du fond de laquelle s'élève un petit appendice charnu, semblable à celui que nous observons dans un grand nombre de Poissons, et, en particulier, dans les Gobies; au devant de ce tube et à sa base, on voit l’ouverture de l’anus. Entre les ventrales et la gorge, il existe , le long du ventre, une double carène dentelée formée par des écailles relevées en pointe triédre et recourbées vers l'arrière du corps. La scie, de chaque côté, se compose de vingt-cinq à vingt-six dents.

L'anale et la caudale sont tellement réunies, qu’on ne peut dire précisément où finit la nageoire de l'anus, et où commence celle de la queue. Elles forment ensemble une grande nageoire occupant les trois quarts de la longueur du profil inférieur, et dans laquelle on compte cent quinze à cent seize rayons.

BRO ou: D 0: A lelICTI0; PP UrS: Ve no.

Les écailles sont fort petites; il en a plus de cent quatre-vingt-dix entre l’ouie et la caudale; chaque caille est en ovale assez régulier, dont la surface a des stries concentriques très fines, parallèles au tout, et le bord avec dix à douze rayons à l’éventail de la racine. La ligne latérale va en ligne droite de l’angle supérieur de l'ouverture de l’ouïe, par le quart environ de la hauteur du corps.

Tout le corps, la plus grande partie de la tête, l’anale et la caudale en sont recouverts ; le sous-orbitaire, le front, le sous-scapulaire, le limbe infé-

rieur du préopereule, les deux mâchoires, la membrane branchiostége, la dorsale, les pectorales et les ventrales, sont les seules parties qui en manquent. La couleur parait avoir été un argenté grisàtre mêlée de verdâtre sur le dos. Le bord de l’anale a une bordure noirûtre.

L'individu que je décris a 10 pouces de longueur.

LE NOTOPTÈRE TACHETÉ, Vaz., PL. V, fig. 2.

Notopterus maculatus.

Cette autre espèce se distingue de la précédente par des formes si tranchées , qu’on ne peut un seul instant les confondre l’une avec l’autre : en effet, elle ressemble plus au Mystus Chitala de M. Gray; mais je donnerai, apres la description, les raisons qui m’empêchent de la regarder comme la même. Le corps est de même comprimé et tranchant en lame de sabre, et ayant une tendance à se relever un peu plus vers la queue ; il est beaucoup plus allongé, la hauteur étant seulement le cinquième de la longueur totale. La tête a le profil très concave, ce qui fait que le museau a l'air de faire une saillie. L’œil est placé très près de l'extrémité ; il est petit, son diamètre n'étant que du septième de la longueur de la tête. Cette petitesse de l'œil et la plus grande longueur de la tête rendent la partie nue de la tempe plus longue, surtout dans la portion qui longe la côte externe du crâne. Le premier sous-orbitaire est mince, arqué et à

peine dentelé. Il en est de même de toutes les autres pièces ou carènes que nous avons décrites en forme de scie dans l'espèce précédente. Les dentelures ne sont sensibles qu'au toucher; celles du ventre existent cependant, mais plus fines également, et le nombre des écailles relevées en pointe s'élève à cinquante de chaque côté. Le limbe inférieur du préopercule est presque plane, large, arrondi près de l’angle ; il n’a pas d'écailles. L'’opercule et le sous-opercule sont confondus sous les écailles qui les revêtent ; l'interopercule est de même caché sous le rebord du préopercule. Le bord membraneux de l’opercule est très large; la membrane des ouïes est très fendue, et a huit rayons de chaque côté.

La bouche est fendue; les dents de l’inter-maxillaire sont plus fortes et moins nombreuses, un peu obtuses ; celles du maxillaire sont, au contraire, plus fines; les palatines paraissent en velours moins ras, mais les crochets de la langue sont aussi saillans et aussi pointus.

La dorsale est un peu plus reculée; elle a neuf rayons, dont le premier est très court.

Les ventrales sont plus petites et moins visibles que celles du précédent ; leur séparation est plus nette, car elles n’ont pas d’adhérence du côté de leur bord interne; on y distingue à la loupe, et en soulevant la peau, cinq rayons simples. L'anale et la caudale réunies ont cent trente rayons.

B. 8; — D. 9; — A. et C. 130; — P. 13; — V.

Ct

Les écailles recouvrent les mêmes parties, mais elles sont plus grandes; car le corps, étant plus allongé, n'en à guère que cent soixante rangées entre l’ouie et la caudale; elles sont aussi plus arrondies, leurs stries encore beaucoup plus fines, et les rayons de l’éventail sont à peine visibles.

Le corps parait avoir été d’un gris-verdâtre, argenté sur le dos et plus brillant sous le ventre. Il existe, sur la queue, cinq à six taches noires, arrondies, très prononcées et des traces d’autres taches dorées, effacées et éparses sur les flancs ; mais je n’y vois aucun vestige de bandes noires.

Ces différences de couleurs, et quelques autres dans les formes de la tête et dans le nombre des rayons de l’anale, qui seront discutées dans une grande histoire des Poissons, m'ont empèché de regarder cette espèce comme le Mystus Chitala de Buchanan ; les bandes noires étant d’ailleurs constantes dans ce Chitala, puisqu’on les voit également représentées par M. Gray dans la figure de ce Poisson, publiée dans la Zoologie indienne du major général Hardwick.

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