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grisatre un peu vineux ; sa ligne latérale ne se distingue pas, par la couleur, du reste du corps. -
Cette espèce se trouve à la côte Malabar, d’où M. Bélanger nous l’a envoyée sous le nom de Cora; nous l’avions recue antérieurement de Pondichéry, par M. Leschenault, sous le nom de Sir Katelé, et M. Langsdorf l’a rapportée du Japon, où elle se nomme Kuschi. Sa chair est peu estimée.
LE JOHNIUS PONCTUÉ.
Corvina catalea, Cv. Var. (Hist. nat. des Poissons, tome V, page 128); Lutjan diacanthe, Lac.
Cette espèce est une de celles dont les rayons de la dorsale sont peu nombreux ; elle est caractérisée par des petites taches ou des points noiratres, plus ou moins tranchés , semés sur le dos et sur les dorsales et la caudale. Cette dernière nageoire est rhomboïdale. Ses ventrales et l’anale sont noirâtres. L’épine anale est assez forte, quoique de moitié plus courte que les rayons mous. Les dents du rang externe, à la mâchoire supérieure, sont fortes et écartées. Les bandes de velours sont étroites. Il y en a d’un peu plus fortes dans la bande de la mâchoire inférieure. Son maxillaire se dilate subitement en arrière. On voit cinq petits pores à sa mâchoire inférieure.
Notre description est faite sur des individus de 8 et Q pouces.
Cette espèce nous à été rapportée ‘de Pondichéry par
feu Sonnerat et de la côte de Malabar par M. Bélanger: c’est le Katchelée de Russel (Pr. CXVI). Cet auteur assure que les pêcheurs de Madras considèrent ce poisson comme la femelle d’un autre qu'il représente (PL. CXV) sous le nom de nella Katchelée; ce nella Katchelée arrive à : pieds et demi de longueur, il est estimé. On le prend à l’hamecon dans la profondeur. C’est vers le milieu de février qu'il commence à se montrer près de Madras.
DES PRISTIPOMES.
Les Pristipomes réunissent à une dorsale unique la plupart des caractères que nous avons observés dans les autres Scienoïdes : un préopercule dentelé ; les an gles de l’opercule émoussés ou disparaissant dans sa membrane ; les dents en velours, dont le rang externe est d'ordinaire plus fort; des pores sous l’extrémité de la mâchoire inférieure , savoir : deux petits en avant, et une fossette sous la symphyse, comme dans les Gorettes ou Hæmulons, dont ils se distinguent par leur màchoire moins pendante, etsurtout par leur dorsale etleur anale sans écailles. Quantaux Lobotes, les Pristipomesen différent par ces mêmes pores, par les sept rayons de leurs ouïes, parce que leur museau n’est pas plus court que leur mâchoire inférieure, et parce que leur dorsale et leur anale ne se portent pas de même vers la queue. Enfin ils se distinguent des Diagrammes parce que, dans ceux-ci, c’est de quatre ou six gros pores que la mà-
choire inférieure est marquée, et non pas de deux petits pores et d’une fossette. Bloch les avait laissés les uns avec ses Holocentres, les autres avec ses Percis ; enfin, quelques uns parmi ses Lutjans, auxquels, d’après les caractères qui leur sont assignés , ils auraient tous dû appartenir, mais où ils se seraient trouvés pêlemêle avec des Crénilabres , des Gorettes, des Mésoprions, etc.
Les rapports de ces poissons avec les Sciènes sont d'autant plus marqués, qu'il y en a dont on raconteexpressément qu’ils font entendre un bruit, un grondement, comme on le sait d’un grand nombre de sciènes.
LE PRISTIPOME PIQUE.
Pristipoma hasta, Cv. Var. (Hist. nat. des Poissons, tome V, page 247); Lutjan pique, Lacér.; Lutjanus hasta, Bi.
La mer des Indes produit un Pristipome connu depuis long-temps, mais que l’on avait éloigné du genre auquel il doit être rapporté.
Son profil est un peu bombé, son œil est assez grand, ses taches bien marquées et plus prononcées ; l’échancrure de sa dorsale est très peu profonde, car la onzième de ses épines étant presque égale à la douzième, ses nombres sont :
DÉS vAN U ete.
On trouvece poisson à la côte de Malabar, d’où M. Bélanger nous l’a envoyé sous le nom de Chialla. W nous
ZOOLOGIE. 363 parait que c’est un individu de cette espèce que Bloch fait représenter (PL. CCXLVI, fig. 1) sous le nom de Zutjanus hasta. W le croyait venu du Japon ; mais on sait combien ceux qui lui vendaient des poissons secs, en Hollande, l'ont souvent trompé sur leur origine.
Ce que nous avons pu voir de l'anatomie du Pristipome pique nous a offert un estomac petit, un foie mince, un lobe pointu , ne dépassant pas la pointe , et une vessie aérienne simple, ovale, d’un beau blanc laiteux mat, sans aucun reflet argenté. Le péritoine est blanc.
Dans le squelette, la tête est garnie d’autant de petites brides osseuses et montre autant de cellules que dans aucun Corb ou Johnius. La base de son crâne est aussi fort renflée. Il y a dix vertébres abdominales et seize caudales : deux inter-épineux sans rayons précédent celui de la première épine dorsale. Ses dents pharyngiennes sont obtuses.
LE PRISTIPOME GUORACA.
Pristipoma Guoraca, Cv. Var. (Hist. nat. des Poissons, tome V, page 256).
M. Bélanger, à qui nous devons tant de poissons de ce genre, en a recueilli un à la côte de Malabar qui nous parait le Guoraka de Russel, PL. CXXXIT.
Ses formes sont très rapprochées de celles que nous venons de décrire; 1l 2st seulement un peu plus élevé, et a le bord montant de son préopereule plus rectiligne
et les écailles plus petites. Les nombres de rayons sont les mêmes.
12 3 D. —; —A.= 145 À. a etc
La deuxième épine analeest encore plus grosse à proportion : sa pectorale est bien pointue. Tout son corps parait argenté. Sa dorsale a du brun nuageux entre les rayons ; sa caudale est brune ; ses autres nageoires sont jaunes. L’anale surtout conserve long -temps dans la liqueur une belle couleur jonquille.
Nous n’avons pu voir que la vessie aérienne, qui est simple, grande, renflée en avant, pointue en arriére, et dont les parois sont fibreuses et d’un gris argenté.
Nos individus comme ceux de Russel sont longs de 7 à 8 pouces : ils ont été pris dans l’eau douce. On appelle l'espèce, à Mahé, Kadou-Moukari. MM. Kubl et Van-Hasselt ont fait dessiner un poisson très semblabie à Batavia, qu'ils nommaient Pristipoma unicolor.
Le Percagrunniens de Forster, que Schneider (Syst. de Bloch, p. 308) a rangé parmi les Anthias, est, d’apres la description extraite par cet auteur des papiers de Forster et d’après le dessin conservé dans la Bibliothèque de Banks , un Pristipome aussi très semblable au Guoraca; il est même douteux qu’on puisse l’en distinguer spécifiquement.
Ses formes et les nombres de sesrayons sont les mêmes.
12 I BD AG CP Ve
Et sa couleur est indiquée comme argentée, aver une teinte d’un vineux noirâtre sur le dos.
Forster l'avait pris dans le port de l'ile de Tanna. Lorsqu'on le tira de l’eau, il fit entendre une espèce de grognement. C’est une propriété de plusieurs poissons de la famille des sciénes, et que l’on retrouve dans le Pristipome nommé Crocro à la Martinique.
DES TASSARDS.
Les Poissons de ce genre appartiennent à la grande famille des Scombéroïdes, famille si importante à étudier et à bien connaître, autant par l'utilité de tout genre que la Société peut en retirer , que par la singularité de leur organisation. Heureusement que leur grande abondance nous donne la facilité de multiplier les recherches, et l’on peut dire que les Poissons qui s'y rapportent sont au nombre de ceux les mieux connus des ichthyologistes. Le Thon, la Bonite, le Maquereau, sont, pour ainsi dire, des Poissons connus de tout le monde, et l’on sait que leur caractère ichthyologique le plus facile à saisir consiste dans la séparation des petites pinnules qui suivent les nageoires dorsale et anale. Nous avons trouvé, dans les mers de l’Amérique ou de l'Inde, des espèces qui venaient se grouper autour de ceux-ci, mais qui présentaient des combinaisons de caractères tirés de la forme de leurs dents ou de la disposition de leurs écailles, et d’après lesquels nous les avons séparés en petits genres très naturels.
Les Tassards se reconnaissent à l'absence du corselet
des Thons et à la forme de leurs dents comprimées en lancettes triangulaires pointues et tranchantes. Ces Poissons et leurs congénères ont des habitudes assez semblables à celles de nos Thons et de nos Maquereaux ; on sait, en effet, qu'ils sont des Poissons voyageurs. Ils ont encore un autre degré de ressemblance avec les Scombres de nos mers, dans la délicatesse de leur chair, qui , au rapport de tous les voyageurs, égale celle du Thon ou de la Bonite.
LE TASSARD LINÉOLÉ, PL I, fig. are.
Cybium lineolatum, Cv. Vaz. ( Hist. nat. des Porssons , tome VIIT, page 170).
Ce Poisson a le corps allongé et légérement comprimé ; sa hauteur est comprise six fois et demie dans celle du corps : sa tête n’y est contenue que cinq fois. Sa bouche est bien fendue ; elle est armée à chaque mâchoire, et de chaque côté, de dix-huit dents comprimées et tranchantes. La langue est lisse. La dorsale antérieure a, dans l'individu de M. Bélanger, seize rayons , et la seconde, une épine et dix-huit rayons mous; l’anale en à aussi dix-huit, de sorte que je donne ici des nombres de rayons un peu différens de ceux que M. Cuvier a comptés dans notre histoire na turelle des Poissons.
17; — V. (plu Le X pe oies re — © B. 75 D. 165 — IX A — X.C. 265 —P.26; V2.
Mais comme il n'avait pas pu les compter avec exac-
ZOOLOGIE. 367 titude dans l'individu mal conservé qu'il décrivait, je ne pense pas que cette modification puisse faire considérer le poisson que je décris ici, comme d’une autre espèce que le Cybium lineolatum de M. Cuvier. La ligne latérale est fortement ondulée et descend obliquement sous la seconde dorsale ; elle est trop droite dans la figure qui est jointe ici.
La couleur du dos est verte, à reflets dorés; le reste du corps est d’un beau blanc nacré , et chaque côté se trouve couvert de cinq à six rangées de taches brunes oblongues qui forment des petites lignes interrompues. Les nageoires sont verdàtres, à reflets plus ou moins dorés. Le croissant de la caudale est noir, et la membrane de la premiére dorsale blanche.
Ce Poisson, fort bon à manger , devient assez grand, puisque M. Bélanger a rapporté un individu qui a plus de deux pieds de long.