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DES STROMATÉES

Le genre des Stromatées , placé parmi la famille des Scombéroïdes comme une quatrième tribu de ce groupe si considérable de Poissons, est une preuve bien convaincante que la présence ou l'absence de tel ordre de nageoires, ainsi que la position de ces mêmes nageoires, ne peuvent pas fournir des caractères solides pour une bonne classification des Poissons. Pour quiconque étudie l’ensemble de l’organisation , il est impossible de douter que les Stromatées, avec leur longue dorsale

et anale, leur caudale forte et profondément fourchue, leur tête comprimée et tranchante, ne sont, si l’on peut oser s'exprimer ainsi, des Coryphènes apodes à corps raccourci. C’est par l'étude entière de leur structure interne et externe que nous sommes arrivés à ce résultat, et que nous nous sommes décidés à les retirer des Squammipennes, avec lesquels ils ont quelque ressemblance par leurs nageoires verticales, recouvertes d'écailles. Ce caractère, Je dois le dire, d’être Squammipenne ou non, est un caractere artificiel dont on ne doit pas tenir compte dans la méthode naturelle de la classification des Poissons.

M. Cuvier s’est plutôt servi de ce nom pour indiquer un des caractères frappans des Poissons dont il a formé cette famille, que pour vouloir en faire le caractère essentiel. J'aurais de beaucoup préféré qu’il eût donné le nom de Chétodonoïdes aux Poissons de sa quatrième famille, comme il a nommé Scombéroïdes les Poissons qui ont du rapport avec les Scombres. Il a voulu conserver un nom déjà établi dans sa premiére édition du règne animal; mais on voit déjà qu'en le rétablissant dans sa grande ichthyologie, ilne peut se dispenser d’en faire lui-même la critique, et de rappeler que beaucoup de Scienoïdes sont tout autantSquammipennes que les Chétodons ; il en est de même d’un grand nombre d’autres Poissons de la famille des Scombres ou de celle des Labres, et même on en trouve également parmi les Malacoptérygiens.

Le Stromatée que M. Bélanger a rapporté est un des

Poissons qui habitent les deux côtes de la presqu'ile de l'Inde ; aussi, le trouve-t-on déjà décrit et figuré dans l'ouvrage de Russel, sous le nom de J'e//a-Sandawah; mais comme l'espèce est curieuse, et qu'elle n’a point été figurée dans aucun ouvrage francais, nous n’avons pas craint d'en reproduire une seconde.

LE STROMATÉE BLANC, P4. I, fig. 2.

Stromateus candidus, Cv. Var. (Hist. nat. des Poissons, tome IX, page 301); Russe, Hist. of fishes of Vizagapatan, PI XLIT.

Ce Poisson a le corps rhomboïde; sa hauteur, prise entre la dorsale et l’anale, fait prés de la moitié de la longueur totale ; le museau fait une saillie obtuse en avant de la bouche. La nuque à de fines stries anastomosées entr'elles et formant des petites rivulations trés fines. Sur la carène du dos il y a six ou sept épines relevées et à deux pointes, une dirigée en axantetl’autre en arrière ; on en compte de quatre à six semblables en avant de l’anale; cette nageoire donne en arrière une longue pointe formée par le prolongement des rayons antérieurs, ce qui la coupe profondément à faux; la longueur de la pointe égale presque la hauteur. La partie antérieure de la dorsale est plus relevée que le reste des rayons, mais elle fait une pointe qui n’égale pas en hauteur la moitié de celle de l'anale. La caudale est profondément fourchue, et cha-

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que lobe ainsi que la pectorale sont égaux au tiers de la longueur totale.

Les écailles sont très petites, la ligne latérale est parallèle au dos, c’est à dire qu’elle est fortement arquée, et elle est tracée par le sixième de la hauteur des flancs.

La couleur est en gris argenté sur tout le corps, et teinte de bleuâtre au dessus de la ligne latérale.

Nous en avons des individus qui ont près de 7 pouces.

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