‹ Poitiers et ses monumentsChapitre 7 sur 7 · S VII · texte numérisé non relu

S VII

itABLISSEMENTS SCIENTIFIQUES ET DE BIENFAISARCC.

Poitiers, comme nous l'avons déjà dit , est une ville con^

sacrée depuis longtemps à l'étude. Son université, fondée en 1431 par Charles VII et le pape Eugène IV, acquit bientôt une haute renommée; de toutes parts on venait suivre ses cours. Sous Louis XU, ses quatre facultés de théologie , de médecine, d'arts (que nous nmnmons kures aujourd'hui),

de droit civil et canonique , étaient fréquentées par plus de

4,000 écoliers venus de France, d'Angleterre, d'Écosse, d'Irlande, d'Allemagne (1). Sept collèges préparaient les enfants à ces hautes études : c'étaient ceux de Certani, àiAgélasis , de St-Pierre ou des Dmx-Frères , des Moreaux, de Mantanarù , de Puygarrem , de Sle^Marihe, Nous avons dit que les trois derniers avaient concouru à former le coUége des JésuUes , qui est devenu Fécole centrale , le lycée impérial et le collège royal (2).

Aujourd'hui Poitiers est le chef-lieu d'une académie qui comprend dans son ressort les quatres départements de la Vienne, des Deux-Sèvres, de la \ endée et de la Cliaieiite- Inférieure. Les établissements d'instruction renfermés dans

(1) n est souvent question, dans les anciens auteurs, de l'université de

Poitiers , ce qui indique qu'elle avait autrefois une grande importance. Nous avons cité, à propos de la pierre levée, p. 104 et lOô, un passage dans lequel Rabelais critique spirituellement les occupations peu scientifiques des étudiants qui iaiiAû»UMtetiie wmt à quoipauerle fm^.

Cbasseneui , qui vivait an commenoeinent du zvi* siècle , dit» dans un ouvrage intitulé Catalogué gloriœmundi^ part. iO^ consid. 32 : <f Nec est ulla universitas quae non habeat sua impedimenta , cùm apud nos in vulgari dicatur ; les flûteurs et joueurs de paume de Poitiers , les danseurs ^OrUaiMy iM brayards d' Angers j U$ erotUs de Paris, les brigmurs âe Pwûis^ les amowreux às TVrài. »

Voici maintenant des témoignages plus honorables. Le prédicateur Menot (du temps de la ligue ) , racontant le jugement de Salomon , lui fait dire : « Femme , taisez-vous , car je vois que vous n'avez jamais étudié à Angers ou à Poitiers, pour savoir bien plaider. )>!Gorneille fait venir le héros de sa comédie du MsMswr , de Poitiers où son père l'avait envoyé étudier le droit.

(2) La chapelle du collège a été fondée en 1G08. La première pierre a été posée par le président de Traversay.

son sein sont un grand 9éminah'e^ une faetdté de droii (1 ) ,

une école secondaire de médecine , un collège royal ^ plusieurs mstitulions partieulières, une école normale primaire, une école primaire supérieure , une écoh cmm^anak primaire , plusieurs écoles primaires tenues par les frères de la doctrine ebrétiramey plusieurs classes iadukes, plusieurs salles dasUe pour les petits enfants. La ville entretient une écok darchi-lecture ei de dessin.

Trois sociétés savantes s'occupent des travaux destinés à donner l'impulsion aux lettres et aux sciences ; ce sont , d'après l*ordre de date de leur création : la Société acadé^ mique agriculture^ belles^lettres , sciences et arts , fondée en 1816; la Société des Antiquaires de [ Ouest ^ fondée en \ 834^ et la Société de médecine^ fondée en i 836.

Des collections précieuses , mises à la disposition du public, facilitent les études; ce sont : la bibliothèque de la ville , les archives départeme/nudies et commumaks y le cobinet des antiques , le musée du temple SirJean j le cabinet dhistoire naturelle , le jardin des plantes.

BAKoAéque de lavUk dans le bâtiment de Téoole de droit, vis-à-vis Notre-Dame.

La plus ancienne bibliothèque dont il soit question dans notre histoire est celle de Guillaume III, comte de Poitou et duc d'Aquitaine; cette bibliothèque, enfermée dans l'intérieur de son palais , était sans doute fort peu considérable. On lit sur les registres de la ville , qu'en 1461 , Mourault, maire , voulut faire parachever la librairie de Thotel de ville. Thibaudeau dit que ce travail ne fut achevé qu'en 1473 ; il y

(i) La viUe est en instance pour obtenir une flfoulté des lettres et une

faculté des sciences.

a tout lieu de croire que cette bibliothèque, placée dans la maison oommune , avait une sotrte de publicité. La même année 1473 , Robert Poitevin , trésorier de St-Hilaire , légua ^ par son testament , à ia librairie de la ville , six Tolumes de médecine. Trois siècles plus tard, en 4751 , un autre trésorier de St-Hilaire , Richard Desgrois , s'occupa de former une collection de livres et de médailles , qu'il voulait rendre publique. Cette coUeetion fut dissipée à sa mort , qui arriva en 1761. £n 1763^ des étudiants eu droit , au nombre de cent douze (i) , fondèrent une bibliothèque dans Tintérét âb leurs études. Cette collection fut dissipée à ia révolution.

En 1791 , 92 et 93, la suppression des ordres religieux , les condamnations à mort ou à la déportation, laissèrent sans propriétaires un nombre considérable de livres (2) ; on les réunit dans plusieurs salles du ooUége , et ils furent mis en ordre par l'ancien bénédictin dom Mazet, bibliographe distingué. Leur nombre s'élevait alors , d'après un catalogue envoyé au comité d'instruction publique , à 18,483 ouvrages formant au moins 31 ,527 volumes , non compris 1 1 ,500 volumes de Uvres ascétiques^ de vieille jurisprudence et d'où* vrages incomplets. La bibliothèque fut transportée dans le local qu'elle occupe aujourd'hui en 1812.

Différentes restitutions de livres furent faites par Tordre du gouvernement , soit à des particuliers , soit à des corporations ; c'est ainsi qu'on composa une bibliothèque pour le séminaire, pour le lycée , pour la cour royale. D'un autre

(1) Les noms de ces étudiants sont imprimés sur un tableau qui est placé dans le cabinet du conservateur actuel de la bibliothèque.

(2) Les bibliothèques de communautés les plus considérables qui Gontribaèrent à former la bibliothèque publique , étaient celles de Fabbaye de Saint-Cyprien ^ du couvent des Capucins^ et de k maison des Jésuites.

o6té , la bibliothèque s'enrichit de livres choisis dans les dépôts de Châtellerault, Loudun , Civi ay, Montmorilion , et de la bibliothèque particulière de dom Mazet, mort en 1818. Aujourd'hui le nombre des volumes est présumé être de 24 à 25,000.

La théologie est une des parties les plus riches : elle possède les bibles polyglottes de Ximenès, de Lejay et de Walton ; les Bihiia ordinaria maxima^ le PscUteriwn hebrœum grcscwnjOrMcwn et chaldœum d*Ang. Justiniani, archevêque de Gènes (première édition polyglotte du psautier); la Misna (Code de droit civil et ecclésiastique des Juifs), 9 vol. in-A** max.

L'on n'avait , il y a vingt ans , qu'un petit nombre de volumes de jurisprudence; aujourd'hui cette partie importante forme une des coUcetions les plus complètes qu ou puisse trouver dans les bibliothèques des départements ; elle comprend les plus célèbres interprétés du droit romain qu'ont fournis la France et l'Allemagne , et la série des meilleurs auteurs qui ont écrit sur l'ancien et le nouveau droit français.

Les sciences sont moins bien représentées que le droit, malgré le legs de livres de médecine fait à la bibliothèque par le docteur la Mazière. Il laul signaler comme curiosité le Satviam aquaùlwm hisioriœ , magnifique volume in-folio max., chef-d'œuvrede reliure du xvi* siècle, orné sur les plats de la devise et des armes de Diane de Poitiers , à laquelle . tout porte à croire qu'il a appartenu.

Presque tous les auteurs grecs et latins se trouvent reproduits dans de belles éditions. La collection historique est considérable; elle renferme un grand nombre d'histoires particulières de provinces, et notamment plus de 1,500 ouvrages i*elatifs à l'histoire du Poitou. Elle a été enricliie de la magni-

fique collection des documents législatifs et historiques publiés par la commission des archives d'Angleterre, dont le gouvernement de la Grande-Bretagne a fait présent à la bibliothèque , sur la demande de M. de la Fontenelie de Vaudoré.

La bibliothèque possède près de 200 incunables parmi

lesquels sont plusieurs bibles. La plus ancienne est celle de Venise (Nicolas Sanzon, 1476); plusieurs heures imprimées sur vélin avec miniatures et arabesques; le Confessionale d' Antonin | archevêque de Florence , imprimé à Mayence par Pierre Schoifler y en 1478 , in-4^ ; le Theoicri Gasœ wUrO" ductivœ grammatices y libri iv (Aldus, 1495); et le 7%esaurus comueopùe ei horii adonidis ( Aldus , 1 500 )• Ces deux derniers sont in-folio et revêtus d'une belle reliure antique. On peut encore citer la première édition des Opuscula laùna de Pétrarque^ imprimée à fiâle, chez Jean Amerbach, en 1496, in-folio; le cliarmant Tërence in-folio , imprimé à Strasbourg en 1499 j ovu/k de gravures sur bois trés-curieuses , représentant les personnages de la scène romaine en costume du xv« siècle. Enfin Touvrage le plus intéressant pour Poitiers, sous le rapport bibliographique, est un petit in-quarto imprimé en 1479 dans la maison dvn chanoine de St^mUdre { 'm aedibus canonici ecclesiae b. Hilarii). L'ouvrage a pour titre : Bremarium kistoriak tso.Landulpho de Cohmmà excerptum. On voit que Poitiers s'est empressé de profiter de l'invention de Guttemberg qui date de 1440 , selon l'opinion la plus accréditée. On cite parmi les plus anciens typographes de cette ville, Jean Bouyer, Guillaume Bouchet, Marnef (1), etc.

(1) Marncf , dont le descendant, M. Barbier, exerce encore aujourd'hui la profession d'imprimeur, demeurait «jaos la rue, des Jacobins ,

Peu de bibliothèques des départements sont aussi riches que la nôtre en numuBcrits; nous en possédons 276 ^ non compris les 87 volumes in-folio du recueil Je documents pour rhistoire du Poitou , fruit des longs travaux du bénédictin Dom Fonteneau. Le plus ancien de ces manuscrits est un Évangéliaire, ia-folio de 41 4 pages, écrit sur vélin en onciales carolines , qui parait être de la fin du viiT siècle, 11 faut citer aussi une bible du siècle; un fragment de la règle de saint Basile y en grec; des missels des et xii siècles , ornés d'élé* ganta arabesques; un rituel du diocèse de Poitiers du xv*' siècle; le rituel de St-Pierre-le-Puellier , où se trouvent le faux évangile de Nicodème et la légende de Ste Loubette p dont nous avons parlé , pag. 65 ; la Vie de Ste Rad^nde, composée par Fortunat. Nous possédons aussi des manuscrits arabes et turcs. L'un d'eux contient la traduction, en langue turque , des quatre évangélistes , par le père Lucchesi en Mabylonie. Ce manuscrit est revêtu de la signature de Haracd, traducteur du Coran, i Pexamen duquel il a été soumis.

Les deux manuscrits les plus renuirquables sous le rapport de Fart sont deux psautiers : Pnn j dit-on, est Pouvrage du

roi René, qui se plaisait , comme on sait, à ces sortes de travaux. On croit qu'il a été offert par lui à Jeanne de Laval, son épouse; il est décoré des armes d'Anjou , de Sicile et de iavaly et partout l'or et l'azur rehaussent ses vignettes pleines de dëlieatesse et de grâce. L'autre psautier y \nr%^ , du EVi*" siècle, est d'un travail vraiment admirable; rieu n'é-

presque vi84-vi8 la petite entrée do palais \ la maison qu'il habitait a été démolie; mais, lors de la reconstniction , le propriétaire a ccmservé dans

le mur de face le pélican qui servait d'eiisoigae à Marnef, et qu'on voit figurer sur le titre des livres qu'il imprimait.

gale pour la fraiclieur du coloris , pour h correction et la

délicatesse du dessin^ les fleurs, les fruits et les animaux que l'artiste a représentés dans les arabesques qui bordent les

pages de sou vélin d'une blaiiciieur et d'une finesse peu communes (4)«

Archives dépariemeniahs* Les archives d^rtementales

se divisent en deux sections , l'une historique, l'autre adoûnistrative. Celle-ci comprend tous les papiers de Tadminis*tration départementale à partir de 1789; l'autre se compose des chartriers des églises , abbayes , couvents et prieurés supprimés lors de la révolution de \ 789; des titres de toutes les commanderies de l'ordre de Malte , qui dépendaient du grand prieuré d'Aquitaine ; des papiers du bureau des finances et de l'intendance de la généralité de Poitiers ; des hommages y aveux et dénombrements rendus aux rois de France par leurs vassaux du Poitou ; des titres concernant un grand nombre de familles nobles delà province^ etc., elc* On y remarque une série de chartes originales des plus prédeuses, remontant jusqu'au vin siècle; une collection de sceaux dont le plus ancien est celui de Guillaume IX , duc d'Aquitaine, appendu à une charte de l'an 4407 ; le Grand Gautier f manuscrit sur vélin de très-grand fermât, écrit au commencement du xv^ siècle , et reuiermant les aveux et dénomtHrements rendus à Jean, duc de Berri, par ses vas»saux du Poitou; plusieurs cartulaîres et principalement celui de l'abbaye de Montierneur ; le Uvre rouge du chapitre de la cathédrale , contenant ses andena statuts et usages , etc.

(1) La bibliodièqiie du séminaire possède, entre autres mamiscrils ,

un superbe missel in-folio dans lequel sont des vignettes qui, pour la composition et Texpression, valent bien des tableaux justement es^ timés.

Archives municipales. Les archives municipales sont conservées à la bibliothèque pubUque. Elles contiennent la série des privilèges accordés par les souverains et confirmés de régne en régne à partir de la fondation de la commune , par AUénor , reine d'Angleterre et duchesse d'Aquitaine ; les registres des comptes de recette et de dépense de la ville , à partir de Tan 1 387; les registres des délibérations de Téchevinage , depuis le commencement du xv* siècle ; des papiers et registres de runiversité de Poitiers, et principalement de la faculté de droit.

Cabinet des antiques. Le cabinet des antiqué^ est placé auprès de la bibliothèque; il rcnrerme les collections de la ville réunies à celles de la Société des Antiquaires de TOuest. On y voit des objets celtiques (1), des fragments de poterie romaine y des émaux ^ des meubles en ébène sculptés, des meubles de Boule, quelques vieux tableaux , une armure complète^ plusieurs armes du moyen^âge y un mëdailler renfermant I sans compter les doubles, 2,351 médailles, dont 19 grecques, 1,297 romaines, 39 gauloises et 996 moyen-âge et modernes ,

Mtisée du temple StrJean. Le temple St-Jean est destiné à recevoir les fragments d'architecture, les bas-reliefs^ inscriptions lapidaires, etc. On y remarque les pierres sépulcrales de Claudia Yarenilla, de Sabinus, deLepida; un autel romain , des bornes milliaires , des débris de vases et d* amphores , etc. , etc. ; la statue en marbre blanc d'Anne de Yivône , des chapiteaux romains , des débris fort curieux du cliàteau de Bonnivet, etc.

(1) Le catalogue des objets celtiques du cabinet d'antiquités de la ville de Poitiers et du musée de la Société des Antiquaires de l'Ouest a été fait par M. Lecointre-Bupont > Mémoires de la Socic^té, 1838. On le trouve broché séparément chez le concierge de la bibliothèque.

Cabinet d histoire naturelle. Le cabinet d'histoire naturelle date de rétablissement de l*école centrale.il a été transporté, par M. Tabbé Gibault, dans le local de la bibliothèque, après la mort de M. Dcnesle, protVsseur de minéralogie, qu'on peut en considérer comme le fondateur ; il occupe maintenant la galerie située au i (.z-de-chaussée , sous la liibliothéque* 11 se compose de près de 4,000 échantillons de minéralogie et de géologie , d'un herbier provenant de M. Denesle , qui remplit plus de 100 cartons ; de l'herbier donné récemment à la ville par M. Delàtre; d'un commencement de collection de mammifères , au nombre de 56 ; de 178 oiseaux exotiques et de 300 oiseaux du département ; d'une collection d'ceufs ; de 88 reptiles provenant en grande . partie du département; de 01 poissons de nos rivières et de nos côtes; d'une belle suite de coquilles indigènes et exotiques; d'un petit nombre d'insectes, decrustacées, deradiaires et de zoophytes.

' Jardin des plantes^ Le jardin des plantes a été créé par M. Boula de Nantenil , intendant du Poitou, suecesseur de

M. de Blossac. Après avoir été successivement placé dans la rue de la Baume , dans le jardin du collège , dans la maison des Pénitentes, rue Cornc-de-15ouc , et dans la rue de Chasseigne , il a été eniin établi dans le clos de St-Cyprien ; il est aons la direction du professeur de botanique de l'école pré^ para toi re de médecine.

ÉtabUssemetUs de charUé. Hormis rHôtelrDieu , dont la fondation remonte à Fan 1202, la plupart de nos établissements de charité sont assez modernes; mais ils n'ont fait que remplacer d'autres institutions très-anciennes qui leur ont été réunies. Indépendamment des aumônes ri'gulièrement faites par plusieurs communautés religieuses , on comptait encore, au commencement du xvi« siècle., l'iiopilâl

Saint- Antoine, celui de Sainte-Marthe, celui de Saint- Lazare et rHopital-deâ-Champs , fondé en 1520 pour led pestiférés; plusieurs communes voisines, Groutelle, Saint- Georges, Chasseneuil, Vendeuvre, avaient aussi de petits hospices.

Au moment de la révolution ^ il n^existait réellement à Poitiers que TUoiel-Dieu, rHôpital-Général, les Incurables ^ une maison de frères de Saint- Jean-de»- Dieu pour les malades hommes et les aliénés , une maison de religieuses ho^italières de Saiût-Augustin pour les femmes malades» * Ces deux dernières communautés s'étaient établies à Poitiers dans le xyii*^^ siècle. L'hôpital Saint-Antoine, situé vis-à-vis la petite grille de Blossac, était encore^ en 4789, ouvert aux voyageurs; mais il ne leur offrait guère ({ue de mauvais grabats.

Durant la i*évolution , la mabon des frères de la Charité

a été réunie à F Hôpital-Général^ auquel elle était contiguë. Les dames Hospitalières ont perdu leur maison située près des Halles; mais elles Font rétablie sur la place de St*Didier^ et elles reçoivent quelques femmes malades, au prix d'une modique pension. Depuis la révolution il n'a été établi qu'un nouvel hospice , celui de Pont-Achard.

Le plus ancien, de nos établissements de bienfaisance actuellement existants est donc i'Hôtel-Dieu , destiné aux malades civils et militaires , transféré, pendant la révolution, des bâtiments occupés maintenant par l'école de droit dans ceux qui formaient le grand séminaire*

L' Hôtel-Dieu est le seul de nos hôpitaux qu'on puisse dter sous le rapport de rarchitecture. L'Hôpital-Général , situé près de la porte de Paris, n'est qu'un amas confus de constructions faites les unes après les autres et sans aucun plan. Dans l'origine ce n'était qu'un simj)le d(^pôt de mendi-

cité ou de pauvres renfermés, commencé dés 1644, mais qui ne reçut de sanction légale qu'en 1673; maintenant,

outre les vieillards indigents des deux sexes , cette maison renferme encore le» enfants trouvés et les aliénés. Ainsi c'est dans son sein que Ton peut étudier pratiquement deux des plus hautes questions de bienfaisance publique*

L'Hopital-Général ofl^ aussi des souvenirs qui né sont pas sans intérêt : c'est là que le vénérable Monttort a été aumônier (1); c'est là que mademoiselle Marie-Louise Tricbety d'une famille honorable de Poitiers, vint se' mettre sous la conduite de ce saint directeur (2) ; c'est là qu'elle commença la congrégation des sœurs de la Sagesse. On montre encore dauï) l'iiopilal la chauibrc du père Montfort, celle de la sceur Marie-Louise , la cix>ix que le père Montfort plaça dans la salle de réunion de ses premières fiHeSy et la statue de la Vierge qui reçut leurs premiers vœux. Des circon • stances particulières ayant engagé la sœur Marie-Louise à transporter le chef d^ordrè de la congrégation à Saint-Laurent-sur-Sèvre , le nombre des religieuses s'est élevé jusqu'à quinze ou seize cents ; elles se consacrent au soin des malades et des alii nés dans les liùpilaux^ à l'insti uctioH des enfants pauvres et des sourdes-muettes.

L'hôpital des Incurables., dont le nom seul indique la destination, est placé au bordduClain, prés le Pont-Neuf. Cet hôpital, qui doit sa première origine au père Montfort, a été constitué par M. Délimeric d'Echoisi , grand^prieur

(d) Louis Grignon de la Bachclleraye, né à Montfort en Bretagne, prêtre d'un zèle vraiment apostolique > venu à Poitiers en 1701^ fon-* dateur des missionnaires du Saint-Esprit et des sœurs de la Sagesse. li a laissé de si grands exemples de vertus qu'on traTsille maintenant

au procès de sa canonisation.

(2) V. la ne de Marie Trichet, à la bibliothèque.

d'Aquitaine (1), qui, eu 4735 , acheta une luaiâou pour recueillir quelques malades, et, en 1746 , fit élever un éta* blissement plus considérable dans un jardin d'amusements publics appelé le jardin des Quatre-Figures (2).

M. Galand^ qui de simple ouvrier s'était élevé à un rang distingué parmi les entrepreneurs de travaux publics (3) , a fondé rhospiœ de Pont-Achard pour les ouvriers indigents; cette;, maison est établie dans l'ancien marais de St-Hilaire, desséché par ses soins. Les sceurs de la Sagesse ont annexé à cet établissement une école de sourdes-muettes ; elles ont aussi deux petites maisons d'instruction dans les faubourgs de la Cueille et de Montbemage (4).

Outre les établissements Jdont nous venons de parler , on •compte encore à Poitiers une maison de sœurs de la Miséricorde f pour veiller les malades ; une maison du Bon-Pasteury pour les filles repenties.

(1) On conserve son portrait dans rétaMissemeot et diex SI. de Bisemont , son petit-nevea.

(2) Deux de ces figures existent encore dans le jardin de THôtel- Dieu.

(3) C'est lui qui a construit le pont d'iëna, à Paris.

(4) Voyez , poiir plus de détails sur les hdpîtaiix de Poitiers, un Mémoire de U. FabbéBobe^ dans les Bûlletins de la Société académique > aniiéel835,t. 3,p. 155.

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