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Polémiques d'hier

Vous m'avez ouvert la porte du Nain Jaune sans scrupule. J'y suis entré sans embarras... Malgré les différences d'opinion qui m'auraient certainement barré cette porte — barricadé serait peut-être le vrai mot ! — si le verrou en avait été tenu par des mains moins intelligentes que les vôtres, vous avez cru que je pourrais risquer chez vous, de temps en temps, un jugement sur les choses littéraires contemporaines tout aussi bien qu'un autre. . . qui penserait autre-

ment que moi. A ma place, cet autre-là... qui sait ? se confondrait en compliments sur votre libéralité d'esprit ; mais ni vous ni moi ne nous soucions... n'est-ce pas, Monsieur?... de recommencer la vieille comédie, jouée si souvent par messieurs les comédiens ordinaires des journaux, de se trouver charmants en famille, — de rédacteurs à directeur, — et de se le dire résolument à la barbe du public, qui rit toujours un peu dans cette barbe-là ! D'ailleurs, Monsieur, il y a, au fond, dans votre procédé d'aujourd'hui, moins d'étendue et de magnanimité intellectuelle que de justesse. Admettre dans votre journal le franc jeu de ma personnalité, quelle qu'elle soit, c'est admettre implicitement le franc jeu de tout ce qui peut en avoir une. Nous y gagnons tous ! Mais de plus, selon moi, c'est comprendre une des nécessités du temps et l'avenir du Journalisme, — si le malheureux a encore un avenir! Carie Journalisme qui fut collectif , cohérent, unitaire et puissant, il se meurt. Et il ne sera sauvé, s'il peut l'être, que par le développement à fond de train de cette force — la seule qui nous reste ! — qu'on appelle la Personnalité.

Et ce n'est pas vous, qui voulez le galvaniser, ce n'est pas vous, Monsieur, qui tentez l'expé-

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