‹ Polémiques d'hierChapitre 12 sur 48 · MM. PRÉVOST -PARADOL, E. DE GTRARDIN, LOUIS BLANC · texte numérisé non relu

MM. PRÉVOST -PARADOL, E. DE GTRARDIN, LOUIS BLANC

ris sur le même chou, — le chou de Rousseau ! Ils ne sont assurément pas plus capables l'un que l'autre, avec la notion de la conscience libre, qui est la leur, de s'en faire un critérium de vérité absolu et certain, et ce n'est point l'immoralité de la thèse de M. de Girardin qui les soulève et qui les indigne, c'est le principe même de cette thèse qui les atteint et qui les frappe dans leurs intérêts les plus chers. Même quand il s'agit de la débattre, M. Prévost-Paradol, qui se donne des airs de juge, et qui, par conséquent, a la prétention de résumer le débat, n'enterre pas la thèse de M. de Girardin puissamment, sous une de ces raisons morales supérieures qui font tout fléchir sous leur poids. Il se contente de verser dessus un fretin de petits faits tirés de l'Histoire, épingles faites pour la petitesse de sa main !

Et ces raisons tirées de l'Histoire, ces petites raisons dont M. Prévost-Paradol s'amuse à piquer le granit de l'Empire, ne sont guères des épingles que parce qu'il les a travaillées, que parce qu'il s'est donné un mal du diable pour en affiner la pointe, ce pauvre travailleur en pointu! L'Histoire, pour ceux qui entrent dans l'Histoire avec des passions de parti, n'est

pas une vérité, mais une possibilité de mensonge. L'Histoire n'est plus alors qu'un arsenal d'armes à toute main. Les biceps y trouvent des massues, les poignets des glaives, les mains faiblottes des épingles ; c'est ce qu'a trouvé M. Paradol. Gomme tous ceux qui s'arment de l'Histoire, il l'arrange, au moins, s'il ne la fausse pas. C'est ainsi qu'il a fait le plus pointues qu'il a pu ses épingles : « La prescription — dit-il — des pouvoirs tombés n'a pas duré longtemps en France » . Et pour le prouver, il a fait le compte des gouvernements qui sont tombés pour se relever et retomber encore, depuis près de quatrevingts ans. Certes ! les faits qu'il cite sont incontestables, mais il faudrait les comprendre, et il ne les comprend pas. Tout ne s'explique pas dans l'Histoire par des opiniâtretés de parti, ni même par les fautes des gouvernements, quoique tant de choses s'expliquent par elles. Il y a, pour les partis comme pour les gouvernements, ce que j'appelle l'inattendu de Dieu : les surprises de l'Histoire. Mais compter là-dessus est imprudent ! Cela ne suffît pas de montrer les Bourbons revenus après l'Empereur tombé, les Bourbons tombant pour que les d'Orléans arrivent, et les d'Orléans tombant à leur tour, pour faire place à leur tour à des Bonapartes. Cette manière

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