MM. PRÉVOST-PARADOL, E. DE GIRARDIN, LOUIS BLANC
vain, sur Taire de l'humanité, depuis le commencement du monde, — et encore avec la peur de se tromper que n'ont pas, au moins, les autres tôtons! « Qui jugera, en effet, entre cette multitude de consciences ? » demande hrutalement M. de Girardin à M. Louis Blanc, qui répondrait bien : « Ce sera la mienne », s'il osait, et s'il ne se trouvait pas un peu menu pour faire jusqu'à ce point le dictateur.
Yoilà cette question de conscience posée entre M. Louis Blanc et M. de Girardin, et très digne, du reste, de Bysantins de leur espèce. Yoilà le nez-à-nez de sophismes qu'il fallait accueillir par le large rire du bon sens, et que M. Paradol, qui ne connaît pas ce rire-là, a regardé comme une chose très imposante, très intéressante et très belle. Cette vaine rhétorico-métaphysique a charmé cet esprit tout à la fois pédant et timide, qui ne sait, sur rien, prendre, comme font les forts lutteurs, le taureau par les cornes, mais qui essaie parfois de le saisir par l'extrémité de la queue, mais avec des mains trop frêles encore pour réussir. M. Prévost-Paradol a vu là une bonne petite occasion de faire contre l'Empire, sous couleur de généralité, de la politique allusive et indirecte, qu'ils croient de l'esprit — et
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du plus fin ! — au Journal des Débats et à l'Académie. Il s'est donc avancé, la balance en main pour tout balancier, sur le cheveu tendu de cette question métaphysique, et il s'est rangé du côté de M. Louis Blanc contre M. de Girardin. Et quoi d'étonnant? c'est toujours la question de la coalition Baudin qui continue ! Quoi d'étonnant à ce que sur la possession de l'Empire, un républicain de l'avenir puisse s'entendre avec un républicain du passé?
C'est, en effet, un républicain de l'avenir, un républicain de la dernière heure, — ou plutôt des heures qui sonneront, si elles sonnent, — que M. Prévost-Paradol. Il nous l'a dit dans ses lettres sur la souscription Baudin : il est républicain à force d'être parlementaire. C'est un républicain avec un d'Orléans pour président de sa république ; car, sans cela, que ferait-il au Journal des Débats, M. Paradol?... Il y ferait du berryerisme. Il n'y gagnerait pas son argent... Certes ! un républicain de cette espérance ne peut pas vouloir de la prescription de M. de Girardin. Comme M. Louis Blanc, quelles que soient les nuances qui les séparent, M. Prévost-Paradol n'est qu'une espèce de protestant en morale comme en politique; pucerons, tous deux, nour*