UN NATURALISTE DE PLUS
J'ai l'honneur de vous le présenter.
Ce successeur des Cuvier et des Geoffroy Saint- Hilaireestné toutàcoup, àquelque chose comme soixante-dix ans. Jusqu'à cet âge-là, M. Michelet, car c'est lui qui s'improvise si tard naturaliste, n'avait été qu'un historien, — un historien fort amateur des petites saletés physiologiques ou pathologiques qu'on peut trouver dans l'Histoire, ce qui était une manière de s'annoncer en Histoire naturelle, mais qui aurait jamais pensé qu'il dût se conduire comme Abraham avec Agar, et qu'infidèle à l'Histoire politique, sa vieille épouse, il aurait fait un enfant à l'Histoire naturelle, à son déclin !
Et qu'ai-je dit? un enfant! Il en a fait plusieurs. Il a fait la Femme, YOiseau, YInsecie, le Poisson (la mer), le Ver luisant, qui va, dit-on, paraître prochainement et luire, et c'est ainsi qu'il a battu le vieux Abraham, qui ne fit qu'Ismaël ! En attendant le Ver luisant, il nous donne aujourd'hui, dans une lettre nouvelle (une seconde Michèle tte), adressée celle-ci non plus à M. Meurice , le Fanfan la Tulipe du Rappel, mais à M. Dollfus, le philosophe du Temps, l'histoire d'un autre ver encore, qu'il vient de découvrir. Quel ver ?
Le ver solitaire de la France !
Oui ! la France a le ver solitaire. Pauvre France ! Elle a là une orde et vilaine maladie, mais M. Michelet en est sûr. Elle est travaillée, — dit M. Michelet, qui, lunettes sur le nez, a étudié ce ver d'une longueur infinie et en a mesuré les spirales, — elle est travaillée de ce ver qu'il appelle : « un parasite ambigu, romano- « français (ce ver!), républicain en 1848 et soft cialiste demain (toujours ce ver!), qui grouille « (ah pouah !) en nous, au cœur des nôtres (fi