‹ Polichinelle aux eaux d'EnghienChapitre 7 sur 21 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes, M. et Mad. SEMOUILLE.

MAD. SEMOTJILLE , datis lu conlisse.

Allons donc , M. Semoudle , allons donc !

SEMOUILLË , dans la coulisse.

Me voilà , ma poule , me voilà !

^ IRQIME.

AIj ! c'est ]\r Semouille avec sa femme , vous savez, ce fabricaîU de Ic'cule de pommes de terre! Nous allons nous amuser.

EMMA , à F^irginie.

Ta vas encore faire feufiiut.

SEMOUILLE , entrant. ,

Doucement, ma femme, doucement; est-ce que tu as du salpèiro dails les jambes?

VIRGINIE

Vous voila bien lard , madame Semouille.

MAI). SEMOUILLE.

Que voulez-vous , monsieur n'en finit pas j il est sans cesse à re'cliauffer sou bain.

SEMOUir LE.

C'est cela , c'est moi qui vous ai retardée; vous ne vouliez pas sortir de voire baignoire, m vous m'avez usé deux briques de savon de Windsor el une caisse d'eiiu de Cologne.

MAJ>. ïEmOL'.LLE.

Dieu ! que vous êtes vilain! mon mari! n'avez- tous pas

votre conimercf de fécule pour ratraper cela. ^

Air : Vaudeville du Courtisan.

jVIais eu vérité tu fegàteS, A tien raaintenaut tu n es t>on :

Je j)arierais ;jue tle nos -(iAles lu u'as pas uu écliautilloa.

SEMOUILLE.

En faTif-il doue un kilogramme!

J'en porte f;>nt , que j'en suis las.

Quand )e sors avec toi , ma femme.

J'ai toujours un paquet sous l'inas,

(// pose un paquet sur la table).

Voilà des échantillons pour les amateurs, et des prospectus pour démontrer l'efficacité de mes pâtes.

DUNOY U.

Madame est ce matin d'une tVuicheur...

SLMOlirXE.

Parbleu , si Ton n'était pas frais ici !

MAD. SEMOLin.E.

Il est vrai que ces eaux produisent sur moi un merveilleux effet 3 tous les matins je rajeunis de dix ans.

EMMA

Alors, depuis cinq jours que vous êtes ici , vous ne devez guère avoir que quinze ans.

MAD. SEMOUILLE, piquée.

J'ai ce que j'ai , et si IVI. Semouille ressentait la même efficacité...

SEMOUILLE.

Allons, allons, ma femme, vas -tu mettre tout le monde dans la confidence de nos petits démêlés conjugaux, que diable ! le régime des eaux ne me va pas du tout à moi, et je crois qu'un vin généreux...

MAD, SEMOUILLE,

Mauvaise excuse , M. Semouille ! Au surplus , si vous voulez , retournez à Paris.

SF.M'tUILLE.

Tu sais bien que cela n'est pas pos'- ble , et que l'autre jour, eh sortant de la représentation des Cuisinières tu as mis la tienne à la porte.

MAI). SEMOUILLE.

Et j'ai bien fait. J'en fais juges ces dames : indépendamment que moTisieur la soutenait toujours, je me suis apperçue qu'elle avait un amoureux dans le i:')""' dinfijuterie légère , et qu'elle lui passait des bouillons par la fenêtre de la cuisine ; votre fécule de pommes de terre, j'en suis sûre, servait à faire de la semouille pour tout le régiment.

( JO ) TOUS , riant.

Ah! ah! ah! ah!

EMMA

Vous riez, mesdames , cependant il est bien cruel pour une maîtresse de maison, d'èiie pilie'e par ses domestiques; et quant aux regrets de madame Semouiîle , je les conçois : il est si doux pour des épouv, bien unis, de se voir revivre dans d'aimables enfans... ah ! le véritable bonheur est dans le cœur d'une mère de famille.

Sî MOUILLE.

Voilà une petite mère de famille qui mériterait d'être corrigée d'importance.

MILORD COTTEnDj-ït , dans la coJiIiss<\ Goddem! la coquine de garroti !

( ^oiit le mo/icle sn leve^.

SEMOUILF.E

C'est milord Cotlencoit... il est furieux!

SCÈ^E VI.

Les Mêmes , Milord COTTENCOTT , Milady FORMEN.

MILORD , arrh'c la figure toute rouge.

Scélérat de Robinet !.. si je tenais toi!

MILADY , arrivant du coté opposé.

God! god ! qu'est-ce que vous avez donc à faire ce ramage , milord Cottenoott , vous étiez en emportement ? MILORD , voulant retenir sa colère.

Oh ! oh ! oh ! iVlilady , du tout , je vous assure , j'étais dans le calme anglais.

MILADY j le regardant avec surprise.

Oh! Milord, le figure elle était dans la rougeur^ voyezdonc , mesdames, que Milord il était laid!

TOUS LES FRANÇAIS, le regardant.

j Ah ! mon dieu ! qu'il est laid !

MILADY

«■SEMBLE. Qq^ j gQ^ [ q^'JJ ^jgjj affi-gu-jj^ I

LA BAKONAE.

Jésus mengod ! il être pien vilain !

MILOKD.

Cétait FeiTet du bain^ je m'avais laissé dormir dedans, et

( vO le robinet d'eau chaude il était resté ouvert... de manière qu'en me réveillant j'étais bouilli.

TOUT LE MONDE, riant.

Ah l ah ! ah ! ah !

nxhov.Yi j se retournant.

Messieurs, je visais jamais, moi, quand je parlais aux dames, et surtout quand c'était avec miïady Formen , que je poursuivais en mariage.

PGlL-DE-CllÈVRE.

En mariage ?

MILORD

Oui . messieurs , j'étais venu ici pour prendre une femme avec des eaux.

MILADY

Milord , cependant...

MILORD

Miledj , il n'y avait pas de cependant.

MILADY

Je disais à vous que puisque j'avais le bonheur d'être veuve de milord Formen , que j'avais épousé par amour national , je voulais autre chose à présent.

Air: Ça n'peut pas prendre.

De l'Angleterre, Lp |i;iys il était chéri ; Ses lofs, SCS Hiœurs savent me plaire, Muis tlieu me garde cPuu mari

De l'Angleterre.

EMMA , prenant la main de Milady,

Deuxième Couplet,

En Angleterre , On trouve encor des cœnr* épris , Aiissi nos danseuses , ma chcre , Vont toutes clierclier des mari:*

Eq Angleterre.

N'est-ce pas , mesdames ?

VIRGINIE

Oui.

MILADY

Yes.

Lu\. BAROKiSE.

Ya.

(12) MI LORD

God! god! nous étions bien aimables , bien agréables, bieû gentils.

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