‹ Polichinelle (de Guignol) précédé d'une étudeChapitre 11 sur 28 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

POLICHINELLE, M-^^ POLICHI- NELLE

]y,me POLICHINELLE (rentre avec un bâton; elle arrive par derrière et donne à Polichinelle an grand coup sur la tête).

M"« POLICHINELLE

Tenez 1 voilà pour vous apprendre à jeter mon enfant par la fenêtre.

Doucement, ma femme, doucement. (// se frotte la tête.) Ah ça ! êtes-vous folle ? Mais qu'avez-vous donc ?

M™° POLICHINELLE

Ce que j'ai! Ne venez-vous pas de tuer mon pauvre enfant ?

Elle continue de le frapper sur la tête.

Je ne le ferai plus jamais. {Elle continue de le frapper.) Doucement, vous dis-je, doucement. Ah ça! estce que vous plaisantez ?

M™e POLICHINELLE

Oh, le brutal ! le monstre ! (Elle le bat de nouveau.) Je vous apprendrai...

Mais je n'aime pas cette manière d'apprendre. Ah ça I est-ce pour de bon, maintenant ?

jim8 POLICHINELLE

Oui (pctn), c'est (pan) pour de bon. (Pan, pan, pan, pan.)

Eh bien! à la bonne heure, j'aime mieux cela; car je naime pas qu'on plaisante, moi. (Elle continue de le battre.) Ah ça 1 mais en voilà assez, laissez-moi en paix, vous dis-je.

M""® POLICHINELLE

Non, je ne veux pas. (Pan, pan.

pan.)

Ah ! tu ne veux pas ! Attends va !

je vais te donner une leçon, moi.(/^ se jette sur elle, finit après une longue lutte par lui arracher son bâton et lui en donne de violents coups sur la tête tandis qu'elle court de tous côtés pour se mettre hors de sa portée.) Gomment trouvez-vous ma leçon, ma chère petite femme ?

Hein?

m""* POLICHINELLE

Oh ! je vous en prie, assez, assez !

Non, non ; encore un peu. (// la

frappe de nouveau.) Voilà ! voilà I voilà !(£"//e tombe la tête la première sur la baluslradedu théâtre,et comme il continue de la battre, elle tâche de se garantir avec la main.) En voulez-vous encore ? dites ?

M'"^ POLICHINELLE

Non, non assez.

Elle /ère la tête de dessus la balustrade. Il la lui rabat d'un coup de bâton.

Je savais bien que je vous ferais tenir tranquille.

]^me POLICHINELLE

Elle relève encore la tête.

Grâce I Grâce !

Il la lui rabat de nouveau et la frappe jusqu'à ce qu'elle tombe morte.

Eh bien êtes-vous contente maintenant ? sur mon honneur, je le suis, moi. (Il s'aperçoit qu'elle est sans mouvement.) Voyons, levezvous, ma chère; pour rien au monde, je ne voudrais vous frapper davantage ; j'en serais désolé, ma parole !

folichinelle 59

Est-ce que vous auriez mal à la tête ? Hein ? Est-ce que vous dormez ? Levez-vous donc, voyons !

Vous ne voulez pas ? Eh bien, filez ! allez; bon débarras ! (// la jette avec son bâton par la fenêtre.) Bon débarras I bon débarras ! Ah 1 ah 1 ah !

{Il rit.) Celui qui perd sa femme et quatre liards est plus pauvre d'un sou.

Air : Bon voyage monsieur Dumollet.

Bon voyage, ma chère amie Allez, allez voir si je suis là-bas Bon voyage, ma chère amio. Allez au diable et n'en revenez pas I Si vous voulez, empestés de vos femmes, Messieurs, afin de les mettre à la raison. Vous avez tous, pour corriger ces dames, Un bon couteau, la rivière, un bâton, Bon voyage, etc.

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