‹ Polichinelle (de Guignol) précédé d'une étudeChapitre 16 sur 28 · POLICHINELLE, LE DOCTEUR · texte numérisé non relu

POLICHINELLE, LE DOCTEUR

Tandis que Polichinelle chante et danse^ le Docteur rentre et lui donne plusieurs coups de bâton sur la tête.

Holà 1 holà ! Docteur 1 à quel jeu jouez-vous donc maintenant ?

Tiens qu'est-ce que vous avez là ?

LE DOCTEUR

G'e^t une médecine, monsieur Polichinelle ; (// le bat) une médecine pour votre blessure.

Je n'aime pas la médecine; ça me donne mal à la tête.

LE DOCTEUR

C'est parce que vous n'en prenez pas assez ; (pan, pan, pan), plus vous en prendrez, (pan) mieux vous vous portererez (pan).

Ah ! C est ce que les médecins

disent toujours. Essayez-en donc un peu vous-même.

LE DOCTEUR

Nous ne prenons jamais nos médecines quand nous pouvons nous en dispenser, (/i le bat.) Encore un peu, monsieur Polichinelle, et vous allez vous trouver mieux tout de suite.

Pendant toute cette scène, le Docteur poursuit Polichinelle à coups de bâton, le pousse dans un coin et' continue de le battre jusqu à ce qu'il paraisse privé de connaissance.

Docteur 1 Docteur ! grâce I grâce 1 En voilà bien assez pour une personne seule 1 je me porte très bien maintenant, je vous assure.

LE DOCTEUR

Allons ! seulement encore une petite dose.

Non! Non 1 {H fait un effortdésespéré, s'élance sur le Docteur, et après une courte lutte réussit à lui arracher le bâton ) Maintenant, Docteur, ù votre tour d'être médecine.

Il assène de violents coups sur la tête du Docteur.

LE DOCTEUR

Arrêtez I arrêtez, monsieur Polichinelle ! je n'ai pas du tout besoin de médecine, mon bon monsieur.

Oh ! si, si; vous êtes malade, très malade ; il faut absolument que vous la preniez : c'est moi qui suis le docteur maintenant. Comment trouvezvous la médecine ? (pan !) elle vous fera du bien celle-là; (pan \) et vous allez être guéri tout de suite ; (pan, pan\) tenez, (panl) tenez, (pan !)en voilà de la médecine. (/)an, /)an!) de la médecine, (panl pan !) de la médecne, (pan ! pan ! pan ! pan !).

LE DOCTEUR, d'une voix faible.

Oh ! je vous en prie, monsieur Polichinelle, assez I assez ! une petite dose me suffit à moi.

Non, non ; jamais les médecins n'en reviennent lorsqu'ils prennent leurs propres remèdes; encore quelques gouttes, (pan ! pan !) et vous n'en aurez plus besoin de votre vie.

(^Polichinelle enfonce son bâton dans

l'estomac du Docteur.) Tenez ; ne sentez-vous pas la médecine entrer dans votre corps; hein? (Le Docteur tombe, et Polichinelle, selon son usage, enlève le cadavre au bout de son bâton et le lance par la fenêtre,) Ah ! ah ! ah ! {Il rit.) Maintenant, Docteur, g'uérissez-vous vous-même si vous pouvez.

// chante et sort en dansant.

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