‹ Polichinelle (de Guignol) précédé d'une étudeChapitre 27 sur 28 · SCENE X POLICHINELLE, LE BOURREAU · texte numérisé non relu

SCENE X POLICHINELLE, LE BOURREAU

LE BOURREAU

Maintenant, monsieur Polichinelle vous êtes libre de sortir, si cela peut vous faire plaisir.

Je vous remercie, vous êtes trop obligeant ; mais je me trouve très bien où je suis. Cet endroit est très convenable, et il y a une vue charmante.

LE BOURREAU

Gomment 1 vous ne voulez pas sortir? Venez, venez, je vais vous donner un bon dîner et pour rien !

Bien obligé, monsieur; mais j'ai déjà eu mon dîner pour rien aujourd'hui.

LE BOURREAU

Alors vous accepterez un bon souper ?

Je ne soupe jamais; mon médecin me l'a défendu.

LE BOURREAU

Il faut pourtant sortir pour que je vous pende.

Ah! vous ne serez pas si méchant que cela.

LE BOURREAU

Pourquoi avez-vous été assez méchant pour commettre tant de meurtres ?...

Mais ce n'est pas une raison pour être méchant aussi et me tuer.

LE BOURREAU

Allons, allons, sortez donc I

Je ne puis, je me suis rompu la jambe.

LE BOURREAU

Venez toujours, vous n'avez pas besoin de votre jambe, pour vous faire rompre le cou. Allons, je vois qu'il faut que j'aille vous chercher moi-même.

// entre dans la prison et après une lutte, pendan.i laquelle Polichinelle crie : Grâce, grâce ! Je ne

recommencerai plus jamais !.,. le bourreau l'entraîne sur le devant du théâtre.

Oh I mon Dieu ! oh 1 mon Dieu Grâce ! ne pouvez-vous donc me laisser vivre ?

LE BOURREAU

Non, monsieur Polichinelle, il n'y a plus de délai à espérer maintenant, passez votre tête à ti'avers ce nœud.

A travers ceci ! Pourquoi donc ?

LE BOURREAU

Oui, à travers ceci.

Mais pourquoi ? Je ne sais comment faire.

LE BOURREAU

Oh 1 c'est très facile, il n'y a qu'à mettre votre tête dedans.

Comment ? comme ça?

Jl met sa tête à côté du nœud.

LE BOURREAU

Non, non, ici dedans.

PolichineUe 91

C'est comme ça, alors ?

// met sa tête de l'autre côté.

LE BOURREAU

Mais non, vous êtes donc imbécile !

Je VOUS trouve charmant de m'appeler imbécile ; essayez donc vousmême de le faire ; montrez le-moi une fois, je le ferai tout de suite après.

LE BOURREAU

Volontiers, tenez vous voyez ma tête et vous voyez cette boutonnière !

eh bien I regardez, mettez votre tête comme ça.

Il passe sa tête à travers le nœud:

POLICHINELLE, il Serre le nœud.

Et serrez le nœud comme cela,

bon ! (// lui passe les jambes hors du

théâtre et le pend.) Hourra! Hourra 1

Polichinelle dépend le cadavre, le

place dans la bière, et se cache :

deux hommes entrent, emportent

la potence et la bière, et sortent.

Bien, les voilà partis. Ah 1 ah I

ils croient qu'ils ont pris M. Polichinelle, ah 1 ah ! Je leur ai joué un fameux tour ! Le bourreau est mort, et me voilà libre, je ne m'inquiéterais plus maintenant quand le diable lui-même viendrait pour s'emparer de moi.

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