II INTRODUCTION
savaient irréductibles aux possibilités présentes, M. Millerand a défendu, tant dans le pays qu'au Parlement et au pouvoir, la politique des résultats, celle qui résout le présent et n'élude point les responsabilités, la seule enfin qui, en apportant chaque jour à la démocratie le bienfait pratique et concret de& réformes, soit véritablement génératrice de progrès social.
De même qu'au ministère du Commerce, de 1899 à 1902, M. Millerand n'avait cessé d'inspirer ses actes de la nécessité urgente d'aboutir, cette fois encore, au cours des quinze mois qu'il a passés à la tête du ministère des Travaux publics, il ne s'est pas un jour départi de celte même ligne de conduite qui orienta tout son effort politique. Aussi bien les discours qu'on trouvera réunis plus loin constituent-ils, bien moins que des manifestations oratoires pourtant remarquables, le commentaire et la justification des actes du ministre. Ce ne sont pas, il faut y insister, des morceaux d'éloquence parlementaire qu'il a paru bon de grouper pour en faire valoir la forme, la clarté, la vigueur, l'ordonnance, mais bien plutôt l'illustration même des idées, des conceptions générales et llnalemenl des actes qu'auront à examiner
INTRODUCTION m
ceux qui voudront porter un jugement sur l'œuvre accomplie par M. Millerand, niinislre des Travaux publics. 11 n'est donc rien dans ce livre, qui ne concoure à faire spontanément saisir et comprendre l'œuvre de réformes économiques, l'œuvre de faits et de réalisations qu'au ministère des Travaux publics M. Millerand a entreprise, avec le seul désir d'accroître la prospérilé et la force de ce pays. C'est une idée chère à cet «homme d'Etat que le progrès social d'une nation est en raison directe de sa puissance économique et industrielle. Placé à la tête du département ministériel qui est précisément chargé de l'outillage économique du pays, M. Millerand a tout accepté de ces grandes responsabilités. Il a pris des décisions, rendu des décrets, fait voter des lois, déposé des projets qui, tous, avaient pour objet d'accroître les «. moyens économiques » de la France, d'augmenter sa vitalité commerciale, de Tenrichir en un mot. En augmentant ainsi, grâce aux mesures prises et à celles qu'il a indiquées, le « rendement » du pays, en développant, par de grands travaux et par des lois bienfaisantes de liberté et d'aulonomie, les forces marchandes de la nation, en apportant à tous les centres com-