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L'Office du Tourisme.
A l'heure même où les premières réformes postales réalisées par ses soins lui assuraient la gratitude du public, M. Millerand décidait de fonder en France, dans ce pays l'un des/; plus fertiles qui çoientau monde en sites merveilleux et variés, un Office du tourisme, c'est-à-dire une organisation d'Etat destinée à mettre en valeur les jjeautés pittoresques de nos régions, à en faciliter l'accès, et à prendre enfin toutes les mesures propres à développer et à améliorer, pour le plus grand ^ bien de la population, la circulation des tou-j ristes.
M. Millerand, au cours de ses voyages, avait] été amené à constater personnellement avec' quelle intelligence, quel souci des commodités^ ei des aises plusieurs pays voisins avaient organisé la circulation dans leurs plus belles régions. C'étaient làd'uliles exemples. Il venait notamment d'apprendre, par l'intermédiaire de notre chargé d'atTaires à Vienne, que le Gouvernement autrichien avait créé au Ministère des Travaux publics une section « de la circulation des étrangers » chargée d'étudier l'ensemble des réformes nécessaires pour améliorer le fonctionnement des hôtels, as-
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surer un meilleur entretien des routes et faciliter les voyages des touristes, quelque moyen de locomotion qu'ils emploient.
Fort de cet exemple et de plusieurs autres donnés par la Suisse et l'Allemagne, fort aussi de l'appui, de la collaboration efficace des grandes organisations françaises de tourisme : le Touring-Club, l'Automobile-Club de France, M. Millerand fit part en octobre 1909 au Conseil des ministres de son intention d'insérer dans la loi de finances un article portant création au Ministère des Travaux publics d'un Office du Tourisme. Le Gouvernement puis le Parlement applaudirent à l'initiative du ministre des Travaux publics : l'Office du Tourisme était créé. Voici, d'après l'article même de la loi de finances paru au Journal officiel au 5 mars 1910, quel était son objet :
« Art. Ii4. — Il est créé au Ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégrapties un Office national du tourisme ayant pour objet :
1° De centraliser et de mettre à la disposition du public les renseignements de toute nature concernant le tourisme sous toutes ses formes;
2° De rechercher tous les moyens propres à développer le tourisme, de provoquer et au besoin de prendre toutes mesures tendant à améliorer les
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conditions de transport, de circulation et de séjour des touristes.
L'Office national du tourisme est investi de la personnalité civile et de Fautonomie financière.
Un règlement d'administration publique déterminera les mesures d'exécution des présentes dispositions et, notamment, le fonctionnement de l'Office national du tourisme.
Moirisquepersonne,M.MilIerandn'ignorail, que de puissants groupements privés avaient devancé l'Etat. Etil complaitbien que celui-ci, loin de les gêner, ne cliercherait qu'à rendre leur tâche plus facile, leurs efforts plus féconds et plus efficaces.
« Je n'ignore pas, disaii-il dans une interview, qu'on a déjà réalisé de grands progrès dans celte voie. Des associalions, au premier rang desquelles se placent le Touring-Club de France el la Commission du Tourisme de l'Aulomobile-Club, ont donné une grande impulsion à la mise en valeur des beautés de noire pays. En province, les syndicats d'initialive se sont multipliés; ils sont aujourd'hui deux cenl cinquante dont l'influence se manifeste déjà avec beaucoup de succès.
« Vous pensez bien que je ne songe pas à contrecarrer les elVorts de ces groupements. Mais j'estime qu'il appartient à mon adminis-
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(ration non pas de se substiluer à eux, mais d'aider el de provoquer leurs eiïoris. »
Et un peu plus loin, parlant de l'organisation pratique de Tinstilution nouvelle, le ministre ajoutait : « Loin de moi la pensée d'avoir voulu créer de nouveaux fonctionnaires. Il suffira au nouvel Office d'un directeur, d'un adjoint, d'un ex])éditionnaire et peut-être d'une dame dactylographe. » En même temps, pour que l'Office du tourisme fût toujours inspiré, dans ses recherches et ses initiatives, par des hommes particulièrement compétents, M. Millerand faisait connaître son intenlion d'y adjoindre une sorte de Conseil supérieur du tourisme où seraient appelées loutes les personnalités du monde sportif, industriel, commercial, dont les conseils font autorité en matière de tourisme.
Cette compréhension des besoins d'un grand pays moderne paraît d'ailleurs avoir caractérisé la plupart des initiatives de M. Millerand aux Travaux publics. Il n'est pas d'encouragements qu'il n'ait prodigués à tous ceux qui servaient le progrès sous quelque forme que ce soit.
Il a voulu, par exemple, que nos ingénieurs aillent voir, observer le progrès industriel et économique là où il se manifeste sous sa forme