‹ Politique de réalisations [par] A. MillerandChapitre 14 sur 73 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

lapins jeune et la plus hardie. C'est ainsi qu'il avait prévu au budget de 19H un crédit destiné à l'envoi en mission aux Etals-Unis déjeunes ingénieurs français sortis de nos grandes Ecoles. M. Miilerand, convaincu qu'à la culture tectinique des Facullés et des Ecoles spéciales il faut ajouter l'expérience pratique quotidiennement offerte par la \'ie moderne^ avait formé le projet de fonder, pour nos ingénieurs, aux Etats-Unis, une institution analogue à ce que notre Ecole de Rome est à nos arlistes. 11 avait justement pensé qu'il devait être infiniment profitable pour nos jeunes ingénieurs, férus de théories et de formules, d'être, pendant dix-huit mois ou deux ans, les témoins et les observateurs du prodigieux essor industriel de l'Amérique du Nord. Les bénéficiaires de ces missions, soudain transportés au pays des plus audacieuses réalisations pratiques, n'auraient pas manqué de retirer de leurs visites dans les grandes cités des enseignements dont ils eussent, à leur retour, fait profiter nos industriels. On leur aurait'fait voir et New-York et Piltsburg et Chicago et Philadelphie, et toutes ces villes dont l'énorme labeur et l'intense production sont de saisissants exemples de l'activité moderne. Ici, ils eussent examiné en détail

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l'installation de telle vaste usine ; plus loin, ils se fussent familiarisés avec tel procédé nouveau d'exploitalion ; ailleurs encore, ils eussent étudié les institutions ouvrières et les questions redoutables que soulèvent les rapports du patronat el du salariat. Et jetés ainsi en pleine fièvre, dans un monde économique et industriel bien plus hardi, plus rapide et plus opiniâtre que le nôtre, ils eussent appris la pratique moderne du progrès, pénétré les méthodes et les initiatives des autres, et, ce qui est singulièrement utile à la veille de prendre les responsabilités d'une entreprise, affermi et trempé, au contact de tant d'exemples, leur volonté.

Les réformes postales.

Si occupé qu'il fût des grands projets qui intéressent l'avenir national, M. Millerand n'a pas, pour cela, négligé de porter son attention sur les multiples rapports quotidiens du public avec son administration. Il avait remarqué combien les plus simples opérations postales exigeaient parfois de complications et coûtaient de temps. Aussi, placé à la tête du Ministère qui gérait ces services, voulut il modifier cet état de choses, préjudiciable à tous, aux employés surchargés

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de besogne, au public qui perdait son temps.

Le ministre supprima d'abord les attentes que subissaient les correspondances; il en fit accélérer la distribution.

D'autre part, des prescriptions désuètes réglaient l'envoi au tarif de cinq centimes, des cartes postales et des cartes de visite. Pour les cartes postales, elles ne bénéficiaient du tarif de cinq centimes qu'à la condition de ne porter que des formules de politesse n'excédant pas cinq mois; il n'était pas possible de les uliliser à ce tarif pour la réclame commerciale et industrielle. Un arrêté du 0 août 1909 établit que désormais les cartes postales illustrées ou non pourraient circuler affranchies à cinq centimes, soit à découvert, soit sous enveloppe ouverte dans les mêmes conditions que les imprimés. Il disposait, en outre, qu'indépendamment des cinq mots de politesse, les caries postales pourraient porter des indications imprimées, telles que circulaires prospectus, avis de passage, annonces, réclames.

M. Millerand décida en même temps qu'à l'avenir on pourrait écrire également cinq mots quelconques, au lieu de cinq mots de politesse, sur les cartes de visite et les cartes postales affranchies à cinq centimes. C'en était

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donc fiai désormais des surtaxes dont certains employés frappaient les cartes oii ils avaient lu de coupables formules dans le genre de celles-ci : merveilleux pays, envoyons amiliés...

De même, lorsqu'on voulait envoyer une lettre chargée ou recommandée, fallait-il s'armer de patience et consenlir à un fort long stage derrière un guichet toujours encombré. M. Millerand simplifia ces opérations, en réduisant au minimum les écritures qui devaient être faites en présence du public.

Ces simplifications ayant obtenu du pulilic le meilleur accueil, M. Millerand, deux mois plus tard, décida de les étendre aux mandats dont l'établissement et la délivrance n'étaient pasmoinslaborieuxjusque-là. On mit dans tous les bureaux de poste des formules imprimées.

Un peu plus tard, ce fut la formule même des mandats-poste que M. Millerand décida d'alléger et de simplifier. 11 adopta un libellé nouveau qui se rapprochait dans sa forme générale du mandat commercial.

Enfin le 20 octobre, M. Millerand prenait la résolution de déposer un projet de loi, dès longtemps étudié, instituant un service de comptes courants et de chèques postaux géré par l'administration des postes. Si ce projet

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est adopté par le Parlement, il apportera une véritable transformation dans la façon dont s'opèrent les moindres transactions financières, et donnera au public de grandes facilités pour effectuer ses opérations. Les titulaires de comptes courants pourront régleï notamment par de simples virements d'écritures leurs créances réciproques.

Un commerçant, par exemple, a-t-il un compte courant postal. Les clients de ce com^ merçant pourront verser à son compte courant le montant de leurs factures; au lieu de lui faire porter les fonds ou de lui envoyer ura mandat-poste ou une lettre chargée, ils remet-il tront au bureau de poste la somme dont ils lui sont redevables, et l'administration en créditera son compte courant. On évitera ainsi un paiement en espèces.

Il est superflu de souligner l'importance des services que serait appelée à rendre ai public et notamment à tout l'élément coin' merçant et industriel la nouvelle organisation,

M. Millerand s'avise, un jour, que le public est peu familiarisé avec bon nombre d'opérations postales légales, prévues, et qu'il n'effectue guère faule de les connaître Au reste, les clients des bureaux de poste sont mal renseignés en général sur les facilités mises l

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leur disposition. Et, pour remédier à cette insuffisance, M. Miilerand fait distribuer bientôt dans tous les bureaux de poste un petit opuscule, dit « IMémento postal » contenant l'indication de certaines commodités postales ou télégraphiques, peu utilisées, telles que le mandat carte payable à domicile, le livret d'identité, la lettre télégramme, la correspondance distribuée par exprès, les boîtes aux lettres particulières, la carte postale avec réponse payée.

Enfin, et il faut y insister, c'est à M. Miilerand que nous devons le nouveau tarif des lettres qui élève de 15 à 20 grammes le poids unitaire de la lettre. L'importance pratique de celte réforme, complétée par un tarif dégressif à mesure que le poids de la lettre augmente, est considérable. Alors qu'il était rapidement onéreux d'envoyer sous pli fermé des lettres excédant le poids prévu de 15 grammes, on peut aujourd'hui, grâce aux dispositions nouvelles, expédier de lourdes correspondances presque sans frais, puisque les tarifs sont ainsi fixés : de 1 à 20 grammes, 10 centimes; de 20 à 50 grammes, 15 centimes; de 50 à 100 grammes, 20 centimes et au-dessus en ajoutant 5 centimes par 50 grammes ou fractions de 50 grammes. C'est le

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